Candidature au PDES, situation au Nord et lancement de son association : Les vérités de Hamed Sow

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Ahmed Sow, ancien Ministre

En marge de la cérémonie officielle de l’Association de ses amis et sympathisants, l’ancien ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau et président d’honneur du Parti pour le développement économique et de la solidarité (PDES), Dr. Hamed Sow, s’est penché sur les sujets brûlants de l’actualité, la question de la candidature du parti présidentiel et celle de sa propre candidature à l’élection présidentielle. Dans un entretien à bâtons rompus, il a parlé aussi et surtout de ses relations avec le président Amadou Toumani Touré.

 L’Indicateur du Renouveau : le PDES a décidé de ne pas présenter un candidat. Comment appréciez-vous cette décision ?

Hamed Sow : D’abord, le PDES n’a pas décidé qu’il n’y aura pas de candidat à l’élection présidentielle.  Il y a une commission de réflexion qui a été mise en place  et cette commission  a fait une proposition au Comité directeur national (CDN), lequel doit maintenant statuer pour dire si le parti  aura un candidat ou pas. Mais, le Comité directeur national lui- même est tenu par les décisions  de la convention qui a eu lieu en fin 2011. Cette convention a pris une résolution dans laquelle  elle stipulait clairement que le PDES doit chercher un candidat interne et convoquer une conférence nationale pour valider cette candidature durant la première quinzaine du mois de janvier. De ce point de vu, le CDN est l’organe d’exécution des résolutions de la convention. Dans ce cadre  là, comment voulez-vous que le CDN puisse dire qu’il n’y aura pas de candidat interne ? Ce n’est pas possible. Il y a une proposition. Seulement, on a voulu absolument faire un communiqué et je pense qu’en réalité ce communiqué a été fait parce que le lendemain Bittar devait se déclarer.

 L’Indicateur du Renouveau : Vous avez décidé de vous porter candidat comme Jeamille Bittar au moment où le PDES ne s’est pas encore décidé. Comment expliquez-vous cette situation ?

H.S : je crois que l’élection présidentielle est le fait marquant de la vie politique  au Mali. Nous avons des militants qui comptent sur le PDES  pour avoir un candidat si possible. Je suis sûr et certain que si le parti n’a pas de candidat, le risque est fort que beaucoup de nos militants aillent ailleurs. Et puis, au-delà de tout ça, ce qui est pertinent aujourd’hui, c’est que si nous voulons préserver l’œuvre du président Amadou Toumani Touré,  nous devons être un parti fort. Un parti fort veut dire que non seulement nous sommes bien structurés, mais aussi avoir des députés, des sénateurs et des conseillers généraux. Or, une dynamique présidentielle est là : le président rentrant, son parti a une prise sur les législatives. Donc, c’est une erreur politique totale que de dire que le PDES ne doit pas avoir de candidat parce que le président qui va arriver, son parti aura toutes les chances d’être favorisé aux législatives.

 L’Indicateur du Renouveau : Alors est-ce que cela ne va pas créer une confusion chez les militants ?

H.S : Aucune confusion. Les militants ne regardent pas un nom ou un sigle, mais l’homme. L’élection présidentielle, c’est d’abord la rencontre entre un homme et son peuple. En la matière, prenez l’exemple sur le président Amadou Toumani Touré. Quand il présentait, il n’avait pas de parti politique, il n’y a eu que des sympathisants qui l’ont amené au pouvoir.  Je ne vois pas en quoi cela pourrait poser un problème. En tout cas, nous au PDES, on est clair sur une chose : c’est que si le parti n’arrive pas à trouver un candidat de consensus, en ce moment là celui qui se sent capable, peut y aller en son nom, c’est-à-dire individuellement.

 L’Indicateur du Renouveau : Comment comptez-vous mener votre candidature ?

H.S : Le point de départ c’était aujourd’hui (Ndlr : Samedi 4 février 2012 avec le lancement de l’Association des amis et sympathisants de Hamed Sow). Vous avez vu des sympathisants qui sont venus de la quasi-totalité des cercles du Mali ! Ça veut qu’il y a eu un travail de base, et comme je l’ai dit tout à l’heure, nous ne sommes pas des gens qui font de la politique-spectacle. Nous avons identifié des jeunes capables, dotés d’une forte capacité de mobilisation ; des jeunes qui ont une conviction, un engagement et qui croient en nous. Nous les avons faits venir et dès leur retour, ils vont mettre en place les structures locales de l’association, ensuite ils vont commencer à travailler pour faire connaitre notre cause. A partir de là, nous allons évaluer. Si nous pensons qu’effectivement ce travail est porteur, en ce moment nous allons nous déclarer. Nous avons lancé le train et nous laisserons toutes les portes ouvertes. Maintenant si entre-temps, le PDES décide  au bout d’un mois ou plus qu’il y ait finalement un candidat, il montera dans le train.

 L’Indicateur du Renouveau : Quelles peuvent être vos chances à cette présidentielle ?

H.S : C’est Dieu seul qui sait cela. La seule chose que je sais, c’est que cette élection est ouverte. Comme je l’ai dit tout à l’heure (l’interview a été réalisée tout juste après la cérémonie de lancement de l’association le samedi dernier),  en 1992, trois mois avant les élections, on savait que le professeur Alpha Oumar Konaré allait gagner ; en 2002 trois mois avant les élections, tout le monde savait que ATT allait gagner. Aujourd’hui vous qui êtes journaliste, je vous retourne la question : qui vous voyez ? Qui vous voyez gagner ? Qui se détache ? Vous ne voyez personne. Ça veut dire  que l’élection reste très ouverte, et nous pensons que si nous partons, nous serons dans le tiercé gagnant.

 L’Indicateur du Renouveau : Mais le temps matériel n’existe presque plus pour permettre à l’association de bien se structurer. Alors est-ce que vous avez des contacts avec des partis politiques ?

H.S : Je vous laisse juge de ça. Comme je vous ai dit, nous avons bien anticipé. Vous croyez qu’on peut faire venir des jeunes, des délégués de tous les cercles comme ça. Il y a eu un travail important qui a été réalisé avant. Vous savez souvent ce qui se passe, c’est que les gens aiment trop la politique-spectacle. Nous ne sommes pas des adeptes de la politique-spectacle. Nous travaillons sur le terrain en toute discrètement. Donc, ne croyez pas qu’on part aujourd’hui. On avait déjà nos délégués qu’on a fait venir et dès leur retour, ils vont s’atteler à l’implantation de l’association. « On n’a pas besoin de plus de trois mois pour gagner une élection », d’après François Mitterrand.

 L’Indicateur du Renouveau : Avez-vous les bénédictions du président ATT ?

H.S : Tout ce qui je peux vous dire, c’est que tout ce que je fais, je le soumets d’abord au président ATT. C’est une règle d’or chez moi. Donc, avant de lancer l’association, j’ai été le voir pour lui en parler, et le jour où je déciderai d’être candidat, j’irai le voir pour demander sa bénédiction. Il y a une chose qui est sûre : c’est que là où ATT me dit de m’arrêter, je m’arrête là-bas. Ça c’est sûr.

 L’Indicateur du Renouveau : Vous êtes conseiller spécial du président ATT. A ce titre quelle appréciation faites-vous de l’actualité ?

H.S : C’est une actualité extrêmement triste. Notre pays traverse une période très difficile. Une période qui demande de la part de chaque Malien et de chaque Malienne le sens de la mesure et de la responsabilité. En général, quand le pays est attaqué, l’unité sacrée doit être faite derrière les dirigeants. ATT a passé toute sa vie pour le Mali. ATT a tout donné au Mali. Je crois que quelqu’en soit les circonstances, il ne faut pas qu’on oublie ça. ATT est aussi un stratège militaire. Vous savez une guerre ce n’est pas que ça commence pour faire brou…brou…brou. Non, une guerre se prépare et se gère dans le temps.   Moi je crois que les gens ont souvent la mémoire courte. Rappelez-vous, il est arrivé des moments où on a connu ces genres de trucs ! Quand on a été attaqué Nampala et autres, tout le monde disait que c’était fini. Mais quand les conditions militaires ont été réunies, ces rebelles n’ont-ils pas été boutés dehors et fui jusqu’en Libye ? N’est-ce pas ? Donc un peu de patience. ATT est un militaire, il connait. Moi je pense que les gens ont des mémoires très courtes. Il faudra qu’ils sachent que notre armée est une armée de métier, une armée entrainée et équipée. Seulement, il n’y a rien de plus difficile que de faire face à des groupuscules  qui mènent un harcèlement parfois même dans des endroits où il n’y a que quelques hangars. Ils viennent et prennent et puis quand l’armée vient vers eux, ils s’en fuient. Donc, il faut du temps. Le temps de connaître leur position. Ce qui est sûr et certain, c’est que ce problème sera réglé, non seulement sur le terrain militaire mais aussi par le dialogue. Vous savez, comme l’a toujours dit ATT, avec le problème du Nord, il faut jouer sur deux fronts : l’aspect sécurité, c’est-à-dire la défense de l’intégrité de notre territoire nationale, et le développement. Cela parce que le terreau du terrorisme, c’est d’abord les jeunes pauvres, désœuvrés. C’est pourquoi, ATT a mis en place le Programme spécial de paix, de sécurité et de développement du Nord-Mali (PSPSDN) qui, au finish, va être doté d’un budget de plus de 40 milliards FCFA et permettra de créer des emplois à travers des microprojets etc. Je dirais aussi que le Nord-Mali est une des régions où il y a le plus d’avenir en réalité  avec le barrage de Taoussa qui va permettre non seulement de doter la région de toute l’infrastructure énergétique nécessaire, mais également d’avoir jusqu’à300 000 ha de terres arabes, où on pourrait cultiver du blé du riz et autres céréales. J’avoue que c’est une région qui est, sur le plan minier, particulièrement bien dotée. On a des indices probants en ce qui concerne l’uranium dans la région de Kidal ; les phosphates de Tilemsi ; le manganèse  du côté de Hombori  et les probabilités sont aussi fortes pour le pétrole  dans la zone de Taoudéni. Donc, je dirais que c’est une région qui a un potentiel énorme, mais qui ne peut être exploité que lorsqu’il y a la paix. C’est pourquoi, on doit tout faire pour qu’il y ait la paix.

 L’Indicateur du Renouveau : Vous avez parlez de dialogue et de négociation. Qu’est ce qu’on peut négocier avec ces rebelles ?

H.S : Il ne s’agit pas pour nous de dire qu’on va faire la guerre pour décimer tout le monde. Non, en un moment donné, quand les rapports de force changent, il faut s’asseoir autour d’une table et essayer de réintégrer ces gens-là. En ce moment, ceux qui ont commis des atrocités seront jugés et auront les punitions méritées. Mais moi, je ne crois pas que le tout-militaire soit la solution, il faut toujours laisser la porte au dialogue. Nous sommes entre frères maliens. Même si certains sont perdus aujourd’hui, n’empêche que s’ils veulent revenir et déposer les armes pour discuter, qu’on les reçoive. De toutes les façons, le président ATT a toujours été un homme de dialogue et il le restera.

L’Indicateur du Renouveau : Votre dernier mot ?

H.S : Je voudrais remercier cette jeunesse, qui croit en nous et qui chaque fois qu’on l’a appelée, a toujours répondu présente. C’est ça en fait. Vous savez, c’est une tautologie de dire que la jeunesse constitue l’avenir. Et nous devrons être extrêmement sensibles aux problèmes de la jeunesse. Une jeunesse désœuvrée, sans perspective, est une bombe à retardement, comme le dit souvent le président ATT. A l’horizon 2015, nous serons pratiquement 15 millions de Maliens dont 2/3 auront moins de 26 ans. La frange 18-26 ans sera presque 40% et 80% de cette frange va être concentrée dans l’axe Bamako-Sikasso-Ségou. Imaginez-vous que ces jeunes restent dans les ‘’grins’’ pour prendre du thé, sans emplois ! C’est la raison pour laquelle nous avons accordé une importance particulière aux problèmes de la jeunesse. Comme je l’ai dit tantôt, nous ne faisons pas la politique pour nous-mêmes. Faire la politique est un sacrifice pour moi en réalité, pour celui qui me connait. Nous faisons la politique pour essayer d’apporter notre contribution à l’édification de notre pays.

Entretien réalisé par Abdoulaye Diakité      

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lamineppc<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 175</span>
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lamineppc 175
4 années 7 mois plus tôt

C’est lui qui a vole l’argent de l’union Europeen. Des opportunistes. La bande d’ATT a detruire la dignite de notre tres cher Maliba…

Broulayi<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 2794</span>
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Broulayi 2794
4 années 7 mois plus tôt

Qui connaît Hamed SOW ? …….. Lui aussi se prend pour un homme d’Etat ? ………… 😥

zairois<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 387</span>
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zairois 387
4 années 7 mois plus tôt

Ce monsieur parle à quel titre. C’est pas lui qui a volé les sous de l’UE et du Mali? Cher monsieur aller voir et faire des entretiens avec des cadres honêtes de notre administration et non avec des gens corrompus comme ces gens là. Il a démissionné pourquoi? Tout le monde sait que c’est pour malversation de toute sorte qu’il a débarqué du gouvernement. Et il est là ou il est maintenant par copinage. Quel honte qu’un cadre valable dit qu’il est le valet d’un militaire!!! Honte à toi

waritiki<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 604</span>
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waritiki 604
4 années 7 mois plus tôt

la bande de att non merci il faut debloqué l argent que vous avez voles au peuple malien des irresponsables

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