Courrier des initiés : Lettre à Boubou

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Salut mon cousin. Accepte mes excuses pour ce grand silence indépendant de notre volonté. Ton Bataki continuera à éclairer encore ses nombreux lecteurs tout en les amusant avec son style particulier n’en déplaise aux mécréants  qui l’avaient donné pour mort.

 

J’ai la besace pleine et ne sais  pas par où commencer. Bon voyons du côté du Sahara où l’assassinat de mahamar continue d’alimenter les débats. Au delà de tout esprit partisan, la fin de cet homme confirme les leçons de morale que grand-père nous prodiguait à Ouro modi. Le pouvoir quelle que soit sa nature demeure temporel. Sur cette terre ici bas. Autant  il n’est jamais assez pour être inaccessible autant on peut  le perdre ! si on oublie de s’effacer quand il est encore temps .Car plus  on  y dure plus on donne la chance aux détracteurs et aux ennemis. Mahamar n’a pas compris que ce qu’il faisait pour son peuple en termes de développement humain durable ne suffisait pas dans un monde où l’homme est devenu la proie de l’homme. Il n’a pas compris aussi que l’ordre mondial établi depuis la seconde guerre mondiale devrait profiter seulement à une poignée de sangsues qui n’hésitent pas à détruire dans le sang et dans les larmes, toute autre alternative. En voulant libérer l’Afrique de l’esclavage monétaire, en dotant le continent de ses propres moyens de communication, Mahamar s’est mis dans la mire des destructeurs de régime qui aujourd’hui ont des moyens supra Etat. Ceux-ci n’ont fait qu’exploiter sa gestion patrimoniale, sa mégalomanie et surtout les incohérences de la diplomatie africaine dont les porteurs  sont en mal de  légitimité.

 

Si la Libye a eu le malheur d’avoir du pétrole de bonne qualité et en réserve suffisante ; nous autres avons le malheur d’être ses voisins. Aujourd’hui circulent dans notre désert des quantités astronomiques d’armes de tout calibre. Au même moment ceux qui ont appris à vivre de la gâchette scrutent les horizons. Et il semble que nous constituons le ventre mou de cet environnement qui sent de la poudre au quotidien. Pour anticiper grand cousin national veut procéder à un maillage plus restreint de la zone par la création de nouvelles entités administratives et territoriales. Dis à Sambadjo et à Coumbel de faire leur CV car il y aura du travail pour tout le monde à condition qu’on accepte de vivre dans le désert.

 

Cher cousin, notre pays s’apprête à changer de guide cette année. Avant l’heure la campagne a commencé et dans la boite à image de koro siriki ou plutôt de dogo Bally les chercheurs de pouvoir défilent. C’est maintenant qu’ils commencent à s’intéresser aux maliens d’en bas comme nous autres. Sur le terrain les voilà arpenter pistes et sentiers de N’galamadibi à Zouera en passant par le borihama. Au-delà du vacarme un quarté sort du lot composé de Yigo national, Ladji Bourama, le prince de Banicane et Mali II. Les autres sont des accompagnants pour meubler la galerie, histoire de se faire rembourser au second tour par le plus offrant. C’est pourquoi tous les esprits sont dirigés sur la grande colline car il ne faut jamais se perdre dans les jeux de jambes  de grand cousin national et de koro Mamourou qui sont en réalité les faiseurs de roi dans cette affaire.

 

Cher cousin la campagne agricole est nettement en deçà de nos espérances et nous courons au devant d’un déficit céréalier plus ou moins prononcé en des endroits.

 

Et comme l’homme est devenu le loup de l’homme, certains en profitent pour se faire la poche. Un savant abattage médiatique est mis en œuvre pour ameuter les esprits pour une famine digne de celle de 1984. Avant de plier la main du gouvernement pour bénéficier des exos d’importation du riz frelaté de l’Asie des moussons, ils ont déjà créé la surenchère sur les anciens stocks. Comment justifier le kg de mil à 250f/CFA à Ségou. Du jamais vu même pendant la guérilla que Mandjé DIARRA livrait aux occupants toucouleurs. Et je suis sûr qu’ils vont se faire la poche au regard de l’incapacité de l’Etat à assurer une bonne régularisation du marché. Peut-il en être autrement quand on sait que les spéculateurs sur le marché de la céréale et ceux-là sensés protéger  les consommateurs causent ensemble la nuit sur le dos du peuple au bar de M. Jacob. Là encore l’argent n’a pas de morale et gare à l’imprudent de journaliste qui veut en savoir davantage. Telle est la triste réalité dans ce domaine.  Je te quitte et à  la quinzaine prochaine.

 

Par ton cousin MORiFING.

 

 

 

 

 

 

 

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