Entrenous – Gouvernance au Mali : Une fin de règne pas si douce ?

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L’évolution de la situation nationale, sous-régionale, voire internationale, ne semble pas faire de cadeau au président de la République, Amadou Toumani Touré et surtout au gouvernement de Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé. Le Mali est-t-il rentré dans une zone de turbulence ? Difficile d’affirmer ! Mais, des marches de protestations, des velléités sécessionnistes, des pressions des bailleurs de fonds, la grogne sociale, ne sont pas les signes d’un lendemain meilleur pour le héros du 26 mars et son équipe qui doivent faire face à certaines réalités de fin de règne.

La fronde menée contre les réformes constitutionnelles agitent une fin de mandat que l’on voulait glorieuse pour l’image de notre ‘’brave’’ soldat de la démocratie, concepteur du consensus. Pour les opposants, la nouvelle Constitution proposée au référendum est ‘’une Constitution liberticide et antidémocratique’’. Dr. Oumar Mariko, secrétaire général du parti SADI, estime tout simplement que le référendum est un coup d’Etat contre la démocratie.

Au nord, c’est la quadrature du cercle. En plus des éléments d’Aqmi, ce sont les défections des officiers de l’armée régulière et de certains anciens chefs rebelles qui sont de nature à faire peur. Déçu par la situation sécuritaire au septentrion, notamment à Kidal, surtout par la façon dont elle est gérée, un cadre ressortissant de cette région estime qu’il faut ouvrir un débat populaire sur la question. Selon notre interlocuteur qui a décidé de garder l’anonymat, le citoyen ordinaire de Kidal a l’impression que les gens voient les choses venir sans réagir. Les enlèvements de véhicules et autres actes de banditisme, dit-il, ne sont rien d’autres que des actes de sabotage et de défiance. Face à la recrudescence de l’insécurité, il pense qu’il n’y a pas de réactions appropriées suffisantes. « C’est très compliqué. Le Mali est à un certain niveau où il faut un virage à travers l’instauration d’un nouveau débat sur cette problématique. C’est une situation de cacophonie dans laquelle le président de la République trouve son compte. Forcer le développement des régions Nord, va largement profiter à l’ensemble du Mali. On a tribalisé l’armée. Pour cela, je peux même dire qu’il n’y a pas d’armée au nord. Chacun est dans son coin avec des armes », avance-t-il. Un embrasement de la situation sécuritaire au nord avec la reprise des hostilités (ce qui est loin d’être le cas), apparaît à l’heure actuelle comme la menace la plus grave qui plane sur la tenue des élections générales et des opérations référendaires de 2012. Qui est fou pour organiser des élections dans un pays où l’intégrité territoriale est atteinte ?  Malgré les propos rassurants du chef de l’Etat, il y a de quoi avoir peur.

La mauvaise préparation des élections générales de 2012 saute à l’œil. Pour la première fois, le président de la République l’a reconnu. En effet, dans son discours mémorable à Dioïla qui a pourtant fait rire certains, ATT a reconnu que le délai constitutionnel est imparti. C’est là, un aveu qui donne raison à tous ceux qui avaient tenu le gouvernement pour responsable du retard accusé dans la préparation des échéances électorales cruciales de l’année prochaine.

La Banque mondiale et le Fonds monétaire international mettent la pression sur le gouvernement afin qu’il cesse le plus rapidement possible les subventions accordées dans le cadre de l’allégement du coût de la vie pour la population. Certaines indiscrétions font état des fortes pressions sur l’équipe de Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé pour revoir à la hausse les prix des hydrocarbures et autres.

Quid de l’insécurité alimentaire et la situation de l’école ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont de nature à couper le sommeil à tout patriote soucieux du devenir de la nation.  

Par Chiaka Doumbia

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