Infos ou Intox : Bientôt les musulmans politiciens 

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 Maire de Goundam élue sur une liste PDES, a commencé sa migration. Sachant que son parti d’origine, pourtant supposé être celui du président de la République sortant, n’a aucune chance de jouer les premiers rôles en 2012, la Mairesse a décidé de quitter le navire avant la descente dans les bas-fonds. Elle n’est pas la seule, loin s’en faut. Car les prochains jours et mois seront émaillés de défections, les états-majors politiques ayant de plus en plus de mal à contenir ces défections.

Ce manque de discipline interne au sein des partis, pour L’Indicateur du Renouveau (29 septembre 2011) serait devenu un véritable «casse-tête chinois» à l’Adema-PASJ. En effet dans ce parti, de hauts cadres en manque de sensations fortes auraient décidé de nager à contre-courant des mots d’ordre de la direction politique. Toutefois, ces défections en nombre ne seraient pas en faveur d’un seul candidat. Ces Abeilles et Frelons, en effet, partiraient en vols dispersés vers de nouveaux horizons. Si la destination de Zoumana Mory Coulibaly en terre Sidibé est connue, il en va de même pour certains autres cadres qui auraient décidé de se partager les différents candidats. Histoire de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier au cas où…Les gros crocos de l’Adéma-PASJ ont compris depuis longtemps qu’il faut avoir un pied dans chaque camp. Comme cela, à l’heure du verdict, on aura toujours la chance d’être sinon le vainqueur, au moins à ses côtés. Les politiciens sont sans conviction, c’est connu.

Mais, est-ce pour cette raison largement suffisante pour laquelle quelques barbus  déclarent urbi et orbi qu’ils ne vont laisser le pays entre les mains des politiciens (Le Républicain, 03/10/11) ? Non, c’est plus compliqué que ça. En fait, quelques imams et érudits se sont réunis dimanche dernier, au lendemain du saccage d’un hôtel de la Commune V, le 26 septembre. Et s’ils se sont réunis à la grande mosquée, ce n’est certainement pas pour se repentir d’avoir détruit les biens d’autrui, mais pour dénoncer la prolifération des bars et autres lieux de loisirs. Ils ont avoué qu’il existe 425 bars et maisons closes, mais n’ont pas révélé que ces établissements payent des taxes et impôts et contribuent donc à l’économie nationale et à l’édification du pays. Contrairement à d’autres qui, eux, vivent de charité publique. Ils ont aussi annoncé la bonne nouvelle: ils ne visent pas Koulouba. Les politiciens doivent donc dormir sur les deux oreilles.

Toutefois, les imams et érudits ne vont plus se laisser faire comme de par le passé. Il y a trop de détournements de deniers publics dans ce pays, on ne peut pas construire un pays sur cela ; c’est pour cela que «nous allons jouer le rôle qui nous revient de jouer dans notre pays. Faisons de ces élections (celles de 2012, NDLR) les nôtres en nous impliquant comme il faut».

Comment ? Les orateurs ne l’ont pas expressément dit lors du meeting. Ils ont juste rappelé à ceux qui l’auraient oublié que c’est un des leurs qui préside la nouvelle CENI de Kafou. Sûr qu’il mettra tout le monde au pas et n’hésitera pas à menacer d’excommunication ou de malédiction tous ceux qui réclameraient des élections libres et laïques. Il aura l’entier et solidaire soutien des islamistes qui s’agitent de plus en plus pour enlever le pays des mains des politiques. Et s’ils commencent par des actes flamboyants de vandalisme, certain qu’il y aura du sport.

Et en ce moment, L’Inter de Bamako, (04/10/11) aura raison de dire, à propos de la situation socio-politique, qu’après vingt ans de démocratie, le Mali bascule dans le chaos. Pour le confrère, l’espoir né de la chute du général Moussa Traoré est assassiné chaque jour par les pseudo-démocrates, élus au nom du peuple, qui n’ont pas tardé à afficher leurs vrais visages.

Le premier président «démocratiquement» élu, selon le confrère se serait vite révélé être un prédateur des ressources publiques. Venu aux affaires maigrelet et chétif, le professeur, en partant, était imposant avec double menton et bourrelets à la nuque. Son successeur aurait, quant à lui, cassé les ressorts de l’Etat de droit pour asseoir son omniprésence et entretenir un culte de la personnalité. En vingt années de médiocratie donc, le Mali aurait fabriqué des dizaines de multimilliardaires et des centaines de multimillionnaires. Véritable scandale dans l’un des pays les plus pauvres de la galaxie. Un pays qui a donc besoin des plus grandes bénédictions. Donc,  d’imams et d’érudits ?

Pas si sûr. L’Iran des Mollahs et des Ayatollahs n’est pas pour autant le pays le plus riche, ni développé encore moins le paisible.
Cheick TANDINA

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