Lettre à nom oncle Bass,

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Cher oncle,
“Nangadef ?”
Nous n’avons toujours pas reçu ta dernière lettre, ni le colis de poissons séchés qui devrait l’accompagner.
Pourtant, des amis de Fantambougou m’ont confirmé que N’Golo, ton envoyé est bien arrivé ici, depuis maintenant plusieurs jours.
Ainsi, suis-je, depuis, à sa recherche mati et soir.
Mais, Walahi, Bilahi, je le coincerai ! Et, quelle que soit l’explication qu’il me fournirait, je lui ferai voir de quel bois je me chauffe.
Ha ! le scélérat, le vampire, le génocidaire !
Oser ainsi détourner la bouffe de « malheurs » qui n’ont point de bouffe ?
Walahi, de mes propres mains, j’égorgerai « par le bas » cet escroc de N’Golo !
En attendant, je dois te dire que la troupe familiale, ainsi que grand-mère disent Alhamdoulilahi, car la misère n’a toujours expédié personne parmi nous à Lahara.
Nous sommes tous (encore) en vie, si, bien sûr vivre, c’est ne pas être mort.
En somme, dans la famille à Fantambougou, tous, nous sommes « cliniquement » vivants. A l’instar de tous les Maliens que le coût exorbitant de la vie n’a pas encore « cadavérés ».
Nous continuons donc à défier les conducteurs de ces minibus noirs qui, au nom des morts n’ont aucun respect pour les vivants. Walahi, oncle Bass, ces gens-là méritent mille fois d’être malmenés et rançonnés comme les autres, par les policiers.
Et pour cause, ils « brûlent » feux rouges (alors qu’il n’y a pas d’urgence concernant un mort), roulent à l’allure qui  leur plaisent, ne payent, ni taxes, ni redevances.
Le simple fait qu’ils soient des transporteurs de passagers à destination de… Lahara, constitue pour eux un laisser-passer.
De la catégorie de ces conducteurs de minibus noirs, il y a aussi ces autres, ces cascadeurs là qui transforment (les jours de mariage), nos rues et ruelles en véritables champs de rallye, défiant insolemment la mort.
Cela, devant l’impuissance et l’indifférence totale de ceux chargés de sécuriser les personnes et leurs biens.
Walahi, de nos jours, dans ce pays là, nos autorités sont tellement occupées à chercher des solutions à la situation au nord, qu’on a l’impression que le « bateau Mali » vogue sans gouvernail.
En effet, depuis l’invasion de certaines localités (au  nord du pays) par les scarabées bipèdes qui nous sont revenues de la Libye, le pays va mal et il est devenu une priorité pour nos hautes autorités de régler cette sale affaire. Et, elles ont bien raison car, ce pays là, riche de sa grande diversité ethnique, économique, sociale et culturelle doit rester indivisible.
Tous les Maliens ont compris cela. C’est pourquoi, des chaumières aux villas, tous, nous nous mobilisons derrière notre Armée nationale, afin qu’elle soit à même d’écraser tous les cafards qui tentent de saper les fondements de la République.
Il faut le faire, “c’est normal”, car on ne négocie pas avec des terroristes et des bandits. On les mate. D’ailleurs, ceux qui appellent aujourd’hui à la négociation avec les apatrides et les terroristes, ont-ils jamais opté pour cette voie, puisque, eux aussi, ont leurs terroristes ?
Concrètement, je veux dire : la France a-t-elle jamais négocié avec les indépendantistes Corses ?
L’Algérie, a-t-elle jamais négocié avec ses mouvements islamistes ?
Les ânes du Mali, il faut les bastonner et les chicotter avec des bâtons et des fouets Maliens.
Et cela, jusqu’à les réduire en beurre de karité. Je le dis Pian !
Sur un tout autre plan, je t’informe, cher oncle, que l’université du Mali  est, fonctionnelle depuis quelques jours. Les Facultés ont timidement repris et les Etudiants sont au rendez-vous. Mais, déjà, à la Faculté de Médecine les enseignants sont en grève pour des histoires d’heures supplémentaires non payées. Allah Akbar !
Enfin dans le marigot politique malien, c’est le grand réveil. En plus des crocodiles, et des caïmans, les petits poissons, les grenouilles et les serpents donnent eux aussi de la voix. Pour le moment, chacun crie de son côté, mais les coups bas et les implacables combats ne sauront tarder. Sûr et certain que nous allons beaucoup rire et quelques fois, verser des larmes de… crocodiles.
Vive l’élection présidentielle du 29 avril prochain !
A lundi prochain Inchallah !
Par ton petit Ablo !    

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