Ligne de Force : Revenir au plus vite à la légalité constitutionnelle

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C’est pour n’avoir pas su donner à l’armée malienne les moyens appropriés pour se battre efficacement, défendre l’intégrité du territoire national, sécuriser les populations civiles et leurs biens face à l’agression perpétrée par les ex-mercenaires de Kadhafi alliés aux terroristes d’AQMI que le président ATT a perdu le pouvoir et, peu s’en est fallu, la vie.

Saouti Labass Haïdara, Dirpub L'Indépendant

Le Général sorti de l’Ecole de guerre de Paris, qui eut comme pensionnaire un certain Napoléon Bonaparte, a dû fuir honteusement son palais croulant sous une pluie de projectiles de tous calibres pour trouver refuge dans un endroit encore inconnu. Y compris, semble t-il, de ses tombeurs, malgré les assurances données par leur chef, le capitaine Amadou Haya Sanogo, sur sa santé et son intégrité physique, qui seraient sauves. Triste fin de règne pour un homme qui s’est vu attribuer le titre de « soldat de la démocratie » et qui peut, raisonnablement, prétendre à celui de « soldat du développement » eu égard aux nombreuses infrastructures qu’il a créées dans quasiment tous les domaines d’activités, réussissant à faire du Mali, avant lui marginal, un pays debout et respecté, attractif pour les investisseurs tant nationaux qu’étrangers et classé parmi les Etats africains les plus porteurs d’avenir.

Le 8 juin prochain devrait consacrer l’apothéose pour le destin exceptionnel d’ATT. A cette date, en effet, le héros du 26 mars 1991 devrait remettre, pour la deuxième fois, le pouvoir à un successeur élu démocratiquement. Et entrer définitivement dans le panthéon des hommes d’Etat qui ont mérité de l’Afrique.

Du coup, le 8 juin 2012 devrait permettre à la démocratie malienne de franchir une nouvelle étape qualitative dans la voie de son approfondissement, de sa maturation, de sa consolidation. Avec la présidentielle et les législatives tenues aux dates prévues, le personnel politique serait renouvelé au moins en partie, les nouveaux hommes et nouvelles femmes appelés à la gestion des affaires publiques leur auraient sans doute insufflé une nouvelle dynamique salutaire pour les populations. Le Mali aurait davantage gagné en respectabilité et en considération dans le concert des nations démocratiques. Il serait devenu une destination plus rassurante pour les investisseurs.

Au lieu de cela, voilà notre pays ravalé dans le cercle de plus en plus restreint (heureusement) des Etats africains où les changements politiques s’opèrent encore de leçon brutale, par le biais des coups d’Etat, voire des assassinats comme en Guinée Bissau. Ce qui s’est produit le 22 mars dernier n’est bon ni pour l’économie du Mali, ni pour le quotidien et l’environnement auquel les Maliens se sont habitués au cours des vingt dernières années, ni pour réputation du Mali. Les nouveaux tenants du pouvoir seront les premiers à s’en rendre compte et en faire les frais. Ils disent avoir fait le coup d’Etat pour réarmer, former et motiver l’armée nationale afin qu’elle puisse reconquérir les parties du territoire national passées sous le contrôle des bandits armés et de leurs alliés d’AQMI. C’est là, assurément, un noble dessein qui ne peut que rallier tous ceux et toutes celles qui aiment leur pays et aspirent à le voir retrouver très vite son unité, sa cohésion, sa grandeur. Toutefois, il y a un sérieux problème : les seules ressources intérieures ne suffiront pas à matérialiser cet objectif surtout que le capitaine Amadou Haya Sanogo entend aussi trouver des solutions rapides aux problématiques brûlantes de l’école, de la santé, de la vie chère, du chômage des jeunes etc. Quand on sait que les bailleurs traditionnels du Mali (la France, l’Union européenne, les Etats Unis d’Amérique, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement pour ne citer que ceux-ci) ont décidé de le mettre à la diète noire, on est en droit de se demander où le capitaine Sanogo et son équipe comptent prendre l’argent pour répondre à ces préoccupations pressantes.

En réalité le CNRDRE court au devant des périls. Faute d’argent, il ne pourra pas empêcher les groupes armés de conquérir de nouveaux espaces et de conforter ainsi leur position pour d’éventuelles négociations sous l’égide de la communauté internationale. Le pire, si l’on ose l’écrire, c’est qu’il pourrait même éprouver du mal à payer les soldes des militaires, les salaires des fonctionnaires, les bourses des étudiants (cela s’est déjà vu durant les années noires du « Comité militaire de libération nationale ») ouvrant ainsi la voie au chaos. Il ne faut se faire aucune illusion : le Mali n’a pas les moyens de se passer de l’aide que lui procurent les pays amis et les institutions de financement. En particulier dans les domaines aussi sensibles que l’agriculture, l’éducation, la santé.

Aussi, le mieux à faire pour les nouveaux tenants du pouvoir est-il de trouver une entente avec les partis politiques, les syndicats, les organisations de défense des droits de l’homme, les associations de promotion des femmes et des jeunes afin de convenir des délais et des modalités pour un retour rapide à la légalité constitutionnelle. C’est ainsi et seulement ainsi qu’ils pourront faire l’économie d’une crise à la fois politique, financière et sociale de nature à précipiter le Mali dans une période d’instabilité et de violence aux conséquences imprévisibles.

Le temps des dictatures, quelles que soient leurs formes et leurs motivations, est révolu. « Le vrai courage » selon Jaurès, le père de socialisme français, « c’est de comprendre le réel et d’aller vers l’idéel ».

                                          Saouti Labass HAIDARA

SOURCE:  du   27 mar 2012.    

10 Réactions à Ligne de Force : Revenir au plus vite à la légalité constitutionnelle

  1. sabour

    Saouti et Adam sont mes meilleurs éditorialistes

  2. sabour

    CHERS COMPATRIOTES TOUTES NOS CONSTITUTIONS (MËME SUSPENDUES) PREVOIENT L’iNTEGRATION … AFRICAINE… C’EST CA LA L’INTEGRAGTION CDEAO… COMMENT NOTRE ORGUEIL NOUS EMPÊCHE D’ACCEPTER LES RèGLES DE NOTRE INTEGRATIONS… POURQUOI AVIONS NOUS Adhéré A LA CDEAO… QUI DIT QUE QUELQUES SOIT LA MALADIE D’UN PAYS « LES COUPS D’ETATS SONT IMPRESCRIPTIBLES » DONC AUCUN MEDECIN MILITAIRE NE DOIT SOIGNER SON PAYS AINSI ;
    SOIT NOUS SOMMES TOUS D’ACCORD QUE CE COUP ALLAIT SE FAIRE Inévitablement… MAIS EVITONS LA CONFRONTATION AVEC LA CDEAO; LA COTE D’IVOIRE PUISSANTE N’A PAS TENU FACE AUX SANCTIONS DE LA CDEAO: BANQUES FERMéES, PLUS DE TRANSFERT D’ARGENT DE LA DIASPORA MALIENNE, PLUS D’AFFAIRES VERS LE MALI, FUITE DES CAPITAUX, PLUS D’ARGENT PAR LA DOUANE SUR LAQUELLE SANOGO COMPTE.
    EST CE QUE NOUS GAGNIONS EN TEMPS CONTRE LA REBELLION…???: LA CDEAO ET LA Communauté AFRICAINE SONT VENUES EN RETARD… MAIS MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS L’AIDE CONTRE LA REBELLIONS. GOD SAVE MALIBA DES FANTANS DOUSSOUBAW…. AN SIGUIGNOGOW Bé sé; ALLASSANE EST CAPABLE D’AIDER. LA CDEAO AUSSI.

  3. Tomboy

    Très bon article écrit avec lucidité. Merci!

  4. rebel

    vous avez absolument raison, M. Haidara, car avec cette bande d’aventuriers, le pire est à venir si les Maliens ne se bougent pas pour mettre fin aux velléités prétentieusement inavouées de cette junte. c’est clair, « il ne faut se faire aucune illusion : le Mali n’a pas les moyens de se passer de l’aide que lui procurent les pays amis et les institutions de financement. En particulier dans les domaines aussi sensibles que l’agriculture, l’éducation, la santé. » et dire que ces gens-la prétendent justement redresser ces secteurs, comme si l’Armée n’avait rien d’autre à faire au moment ou elle faillit honteusement à sa mission première et régalienne : la défense de la nation.

  5. tomedollars

    Monsieur saouti, je pense que vous avez oublié des parties importantes.
    20 ans de démocratie le Mali demeure toujours parmi les 10 pays les plus du monde. Au régime du défunt président ATT, la presse était censurer, les réactions de la population ignorer par les journaux, un pays ou le pris de la drogue est moins couteux que les médicaments. Des politiciens qui font du campagne auprès du président pour devenir ministre, des partis politique comme le PDS qui sont les plus corrompu de l’état avec une somme de 11 millions pour les frais de thé d’un mois par le président de leur partis. « Communauté international, la France » vous avez oublié le discours du ministre des affaire étrangère français dans certains médias français que les rebelles avaient fait de « grands résultats » et qu’il fallait en tenir compte et se mettre autour d’une même table de négociation. UA qui ne décide jamais mais plutôt la France. Des partis politiques qui au lieu d’amener des solutions pour bannir la rébellion sur notre territoire parle « élection », étant donner que les plus grand corrompu du pays sont de leurs partis. Dans un pays où pour être fonctionnaire il être dans une des grandes partis politiques, où encore pour être magistrat il te faut 5 million. Un président qui est n’importe où et n’importe quand et qui dit du n’importe quoi. Dans les pays développe c’est les journalistes qui font du pression sur les membres du gouvernement mais pour nous c’est totalement le contraire, une presse corrompu puis qu’ils ont oublié la déontologie de leur travail. s’il vous plait ajouté ceux ci dans votre article.

  6. SankaraTom

    Ils disent avoir fait le coup d’Etat pour réarmer, former et motiver l’armée nationale afin qu’elle puisse reconquérir les parties du territoire national passées sous le contrôle des bandits armés et de leurs alliés d’AQMI. C’est là, assurément, un noble dessein qui ne peut que rallier tous ceux et toutes celles qui aiment leur pays et aspirent à le voir retrouver très vite son unité, sa cohésion, sa grandeur. Toutefois, il y a un sérieux problème : les seules ressources intérieures ne suffiront pas à matérialiser cet objectif surtout que le capitaine Amadou Haya Sanogo entend aussi trouver des solutions rapides aux problématiques brûlantes de l’école, de la santé, de la vie chère, du chômage des jeunes etc.
    Saouti, tu as OUBLIE L’ESSENTIEL: LE TEMPS, CE QU’ILS VEUELENT FAIRE, MEME PAS 20 ANS LEUR SUFFIRONT

    • rebel

      20 ans, c’est peu. dites un siècle, car comme leurs illustres prédécesseurs de putschistes, ils prendront gout aux délices du pouvoir et oublieront aussitôt le peuple et sa m.e.r.d.e…

  7. Foroski

    Modibo Sidibe est celui qui a eu plus de chance dans cette democratie du Mali. Il fut dans tous le gouvernements du Mali . Il doit reconnaisant a Allah en disant 1000 fois « Alhamdoulilahi » chaue jour.Il ne doit rien forcer si c’est son destin il le sera. C’est valable pour tous les autres candidats.L’interet public doit etre au premier plan.

  8. Pallace

    Saouti contrairement a Adam Thiam, tu es un pragmatique et tes analyses refletent la realite au Mali.

  9. lartist

    LIBEREZ MODIBO SIDIBE

    « Déclaration officielle des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE)
    de la Diaspora en soutien au Candidat Modibo SIDIBE.

    Dans le contexte difficile que traverse actuellement notre Patrie, le Mali, Nous, Membres des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE) de la Diaspora, tenons à exprimer notre attachement indéfectible aux valeurs démocratiques et républicaines, ainsi que notre engagement au service de la Paix et de la Concorde qui, en toute circonstance, doivent prévaloir entre les membres d’une même Nation.
    Nous, Membres des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE) de la Diaspora, nous nous sommes rassemblés dans tous les Pays de résidence des Maliennes et des Maliens de l’Extérieur, pour soutenir Modibo SIDIBE, le candidat des FARE.
    Dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 mars 2012, le Candidat Modibo SIDIBE a été arrêté par des militaires et demeure détenu depuis lors.

    Aussi, Nous, Membres des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE) de la Diaspora, demandons :
    1) la libération immédiate du Candidat Modibo SIDIBE,

    2) à être informés de manière claire sur les circonstances de l’arrestation et les conditions de détention du Candidat Modibo SIDIBE ainsi que sur les faits précis qui lui sont reprochés et les motifs de son arrestation,

    3) à ce que l’intégrité physique du candidat Modibo SIDIBE et de sa famille soit respectée,

    Aussi, Nous, Membres des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE) de la Diaspora, tenons à souligner :
    1) que Modibo SIDIBE est le seul candidat présenté par la presse nationale et internationale comme étant l’un des candidats majeurs dans le cadre des élections présidentielles à venir, à avoir fait l’objet d’une arrestation,

    2) que cette arrestation a eu précisément lieu à la veille de la grande Convention Nationale d’investiture du candidat Modibo SIDIBE, qui était prévue pour le 25 mars 2012 et devait rassembler au Stade du 26 Mars plus de 100 000 de nos concitoyennes et concitoyens,
    Aussi, Nous, Membres des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE) de la Diaspora, qui sommes présents dans plus de 100 Pays, appelons solennellement les Maliennes et les Maliens de l’Extérieur soutenant le Candidat Modibo SIDIBE :
    1) à s’unir par la pensée avec leurs concitoyennes et leurs concitoyens du Mali, pour célébrer avec une ferveur particulière la date du 26 Mars 1991, le Jour des Martyrs qui, il y a 21 ans, donnèrent leur vie pour l’avènement de notre Démocratie et dont nous nous devons de préserver l’Héritage sacré et d’honorer la Mémoire dans la Fraternité et dans la Paix,

    2) à diffuser aux organes de presse nationaux et internationaux la présente Déclaration,

    3) à se rassembler le 27 Mars 2012 à 9 heures, dans toutes les villes du Monde où ils résident, et notamment devant les Ambassades et les représentations diplomatiques ou consulaires du Mali présentes dans les pays étrangers, pour procéder à la lecture de la présente Déclaration, pour proclamer officiellement leur attachement à la préservation de la paix civile ainsi qu’aux valeurs démocratiques, et pour témoigner leur soutien au Candidat Modibo SIDIBE,

    4) à remettre officiellement aux représentations des autorités maliennes de leur lieu de résidence la présente Déclaration pour transmission aux autorités compétentes au Mali,

    5) à remettre officiellement cette Déclaration aux autorités de leur Pays de résidence (Présidence, Parlement, Ministères des Affaires étrangères, Maires et responsables politiques de leur ville de résidence, etc.) et aux Organisations Internationales ayant leur siège dans leur Pays de résidence afin :
    a) d’attirer l’attention de la Communauté internationale et des médias sur la situation du Candidat Modibo SIDIBE pour qu’ils demandent sa libération aux autorités compétentes maliennes,
    b) de leur demander d’obtenir de la part des autorités compétentes maliennes des explications claires et précises sur les circonstances et les motifs de l’arrestation ainsi que sur les conditions de détention du Candidat Modibo SIDIBE,
    c) de solliciter leur vigilance quant à la préservation de l’intégrité physique du Candidat Modibo SIDIBE et de sa famille.

    La Coordination des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE) de la Diaspora.
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