Le réflecteur : IBK Comedy Club !

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Le Président Ibrahim Boubacar accueilli par le Premier ministre Modibo Kéita le 26 Mars 2017 au Monument des Martyrs (P-RM)
Le Président Ibrahim Boubacar accueilli par le Premier ministre Modibo Kéita le 26 Mars 2017 au Monument des Martyrs (P-RM)

Savez-vous ce qu’est une pantalonnade” ? C’est le dĂ©fi lancĂ© dimanche 26 mars 2017 au public par l’éminent juriste et leader politique pragmatique Me Abdoulaye Garba Tapo sur sa page Facebook. Le vainqueur devait recevoir le Prix Abdoulaye Garba Tapo de 5000 F CFA.

Au-delĂ  du jeu, cette question de “l’enseignant expĂ©rimentĂ©” est loin d’être bĂŞte ou fortuite. En effet, c’était une façon pour cet Ă©ducateur hors pair d’attirer l’attention sur la gestion actuelle du pays, sur la manie du pouvoir de toujours trouver des sujets pour distraire les Maliens de leurs vraies prĂ©occupations.

La “pantalonnade”, Ă  l’origine, est “une pièce burlesque jouĂ©e par Pantalon” (Larousse). D’autres dictionnaires vous diront aussi : bouffonnerie, postures comiques, semblables Ă  celles d’un pantalon, d’un farceur. Par extension, cela peut ĂŞtre un subterfuge ridicule pour sortir d’embarras. “Il s’en est tirĂ© par une pantalonnade”, dit-on souvent. A l’image aujourd’hui du locataire de Koulouba et de ses alliĂ©s dans un gouvernement qui n’est que l’ombre de lui-mĂŞme depuis plus d’un an.

Comme le rappellera plus tard Me Tapo, il fut un temps oĂą la mode en France Ă©tait le port de la culotte. Un comique, du nom de Pantalon, eut donc l’idĂ©e de porter un pantalon pour faire rire les gens. C’est donc une farce, une parodie pour se donner bonne conscience en noyant le peuple dans l’illusion.

C’est l’origine du mot pantalonnade qui, explique Me Tapo, “signifie une comĂ©die destinĂ©e Ă  faire rire et Ă  amuser la galerie. Si je le ramène Ă  notre situation actuelle, c’est toutes ces trouvailles qu’on nous sort tous les jours justes pour nous faire croire qu’on agit alors qu’elles sont vides de sens et de peu d’intĂ©rĂŞt, mĂŞme si ça permet aux gens de s’occuper”. S’occuper, mais aussi se faire les poches sur le dos du contribuable.

Pour amuser la galerie, ce régime n’a pas sans doute son pareil. De vrais bouffons pouvant rivaliser avec les Kôrôduga (bouffons) ou le Kotèba qui, à la différence, ont un rôle socioculturel et politique éminent. Leur autodérision vise à attirer le regard de la société sur ses propres travers, à attirer l’attention des rois et leurs cours sur un problème particulier auquel le peuple est confronté. Si ce n’est le mécontentement des gens vis-à-vis de leurs dirigeants.

Distraire la galerie pour cacher son incompétence

Tout le contraire des yogoros politiques de nos jours qui créent des situations pour distraire le peuple et donner l’impression d’agir dans son intérêt.

Aujourd’hui notre quotidien est fait de stress et d’angoisse Ă  cause de tous ces problèmes qui nous hantent l’esprit et qui n’ont pas de solution. Ils ont pour noms : rĂ©bellion, grèves Ă  rĂ©pĂ©tition, mal vivre du Malien commun, corruption, concussions, Kurukanfug… Et cela pour faire de la plupart d’entre nous des citoyens de seconde zone dont les ancĂŞtres ont pris le bateaux Mali en marche…”, peint Abdoulaye Garba Tapo. Une allusion aussi Ă  la “ConfĂ©rence d’entente ou de division nationale selon l’interprĂ©tation qu’on lui demande”.

Par rapport à la Conférence d’entente nationale (CEN) qui s’est ouverte en début de semaine (27 mars-2 avril 2017 et jours suivants), nous ne pouvons pas cautionner l’attitude de l’opposition politique dont la mauvaise foi la pousse à courtiser aujourd’hui la Coordination des mouvements armés (CMA) et la Plateforme, donc les bandits armés dont la majorité a pris les armes contre la patrie.

Nos opposants n’ont jamais cessĂ© de crier sur tous les toits que “la seule solution pacifique viable et inclusive de rĂ©solution de la crise multiforme que connaĂ®t notre pays passe par la tenue d’une concertation nationale inclusive regroupant l’ensemble des forces vives de la nation autour des problèmes institutionnels, de dĂ©fense, de sĂ©curitĂ©, de gouvernance et de dĂ©veloppement”.

Comme nous l’analysait un diplomate africain en poste Ă  Bamako, nous ne voyons pas de “nuance entre ce que souhaite l’opposition politique et la ConfĂ©rence d’entente nationale. Elle est seulement de mauvaise foi comme la CMA et la Plateforme”.

Selon nos informations, l’opposition avait souhaité que son organisation lui soit confiée. Et pourtant cela est une recommandation de l’accord pour la paix réconciliation nationale dans lequel il ne s’est jamais reconnu.

Quant  à la CMA, elle sait pertinemment qu’il est impossible que le gouvernement organise des concertations régionales à Kidal où il n’a aucun représentant. Elle voulait sans doute, une fois de plus, que l’Etat malien lui alloue des fonds pour cela pour qu’elle organise une parodie de concertation.

Nous savons un peu comment les leaders de la Plateforme sont revenus sur leur décision de boycott. Et la CMA est aussi revenue sur sa position après le démarrage suite à des «compromis». Et nous savons que ces deals entre le pouvoir et les bandits armés n’augurent généralement de rien de bon pour les Maliens.

Le gouvernement aurait dû comprendre qu’il a affaire à des gens de très mauvaise foi qui aiment souffler sur le chaud et le froid en fonction de leurs intérêts. Il aurait dû donc être très rigoureux dans la préparation de la CEN, même si elle devait se tenir plus tard que ce mois de mars comme le président de la République l’avait promis dans son message du nouvel an le 31 décembre 2016.

Et, aujourd’hui, le pouvoir s’entĂŞte Ă  organiser ses assises boudĂ©es par certains principaux acteurs (ex-rebelles), il a donnĂ© Ă  l’opposition du grain Ă  moudre. Il ne veut pas “lâcher malgrĂ© tous les indices d’Ă©chec, parce que des dĂ©penses sont engagĂ©es et des contrats aussi qui ont des retombĂ©es ou des bĂ©nĂ©fices intrinsèques, tout en oubliant les consĂ©quences”. Et c’est cela la pantalonnade.

En effet, comme le dit un internaute, la CEN s’annonce dĂ©jĂ  comme un Ă©chec cuisant, “un flop inĂ©vitable que tout gouvernement responsable aurait dĂ», Ă  dĂ©faut d’y renoncer, reporter pour que les conditions de la rĂ©ussite soient remplies pour toutes les parties attendues”.

Aujourd’hui, le gouvernement se retrouve face à lui-même ou à des interlocuteurs moins crédibles pour définitivement tourner la page tragique de cette crise. Quelle légitimité aura alors la Charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale attendue de la cette rencontre ? Une farce de plus ? Une farce de trop.

Une parodie qui symbolise la propension du régime actuel à vouloir afficher une fermeté inopportune parce que, en réalité, cela revient à perdre beaucoup de temps à trouver des trucs pour amuser la galerie au lieu de se consacrer réellement à la résolution des vraies préoccupations des Maliens : paix et réconciliation. Dans toute la sincérité et la franchise de ces expressions.

Quand on interroge la plupart des Maliens, quels que soient leurs secteurs d’activitĂ©s ou leurs catĂ©gories socioprofessionnelles, on se rend compte que c’est une pĂ©riode difficile pour beaucoup de gens. Le front social est en Ă©bullition, la situation sĂ©curitaire ne cesse de se dĂ©grader”, nous disait Mme Sy Kadiatou Sow, prĂ©sidente de l’AdĂ©ma/PASJ dans une interview qu’elle nous a accordĂ©e le 14 mars 2017.

Nous sommes dans une situation telle qu’on ne sait plus oĂą le pays va… Ce n’est pas ce que les Maliens vivent ou ressentent aujourd’hui. Il est temps que les autoritĂ©s tendent les oreilles et ouvrent les yeux sur ce qui se passe rĂ©ellement dans le pays. Il ne faut pas se focaliser sur la rĂ©ussite d’un Ă©vĂ©nement (Sommet Afrique-France) et ce n’est pas parce qu’on est en train de forcer l’installation des autoritĂ©s intĂ©rimaires que tout va bien. Ça n’a aucun contenu et ça ne se traduit par rien de vĂ©ritablement concret pour les populations”, avait ajoutĂ© cette femme leader politique.

Yèrè nèguen ! Se jouer la farce ! Telle est l’attitude du pouvoir et de sa majorité politique ces temps-ci. Les Maliens ont du ressort disait le général Moussa Traoré. Mais, ils ne sont plus dupes ! Quand le peuple surmontera sa lâcheté, le pouvoir va trembler !

Moussa Bolly

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1 commentaire

  1. Moussa Bolly, ici toi aussi tu fais parti du folklore d’IBK. Car pour amuser la galerie, toi aussi tu critique tout et tous. En quoi le refus de participer a la CEN equivaut a courtiser la CMA? Meme si tu ne l’aimes pas, il faut reconnaitre aujourd’hui que l’opposition est et a toujours ete logique avec elle meme. Comment se reconnaitre dans une Conference decoulant d’un accord que l’on a pas cautionne? En ramenant sa participation a cette “farce” aux conditions entre autre de remettre a plat cet accord en vue d’en faire un Accord des Maliens au cours de cette CEN, elle suit une logique qu’elle a toujours maintenue.
    D’ailleurs, Mme Sy que vous citez (pourtant de la majorite Presidentielle) ne donne elle pas raison a l’opposition.
    Quand tu te me en Juge d’une partie, tu ne peux pas dire que tout le monde a tort et raison. ICI, MALGRE TES TOURNURES, IBK ET SON POUVOIR INIQUE ONT TORT ET L’OPPOSITION A RAISON.

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