Le Réflecteur : L’essor hypothéqué par “les choisis par affinités”

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“Il est absurde de penser que la solution à notre problème doit venir des autres. Pensez que la France va nous sortir de l’auberge est comme crever soi-même son œil. Soyons francs avec nous-mêmes et appelons les choses par leurs noms ! Nous savons tous d’où vient le mal de l’Afrique et des Africains”. C’est ce que nous faisait remarquer récemment un jeune confrère lors d’une discussion sur les réseaux sociaux,

L’une des raisons de notre difficulté à décoller est la consolidation d’un environnement malsain qui ne peut pas favoriser l’émergence de vraies entreprises ! C’est en tout cas la conviction d’une opératrice culturelle.

Elle n’est jamais à court d’initiatives, mais elle bénéficie rarement du soutien institutionnel requis pour booster ses projets. Et cela parce qu’elle ne veut pas “jouer le jeu” : droit de cuissage ou pots de vin pour faire bouger ses dossiers ! Pour voir son dossier aboutir, il faut passer à la casserole !

En conséquence, c’est toujours un retour à la case-départ avec des interlocuteurs qui changent d’un rendez-vous à l’autre. Personne n’est au courant de rien tant qu’on ne leur cède pas au lit ou dans le porte-monnaie.

“Il vaut mieux toujours enregistrer tous les échanges et toutes les conversations car c’est éternellement il m’a dit…”, s’offusque cette courageuse dame. Pis, “le discours s’adapte à l’interlocuteur du jour dans une atmosphère d’hypocrisie puante”.

Que faire ? Renoncer à son honneur et sa dignité et livrer son corps ? Se rendre complice de la prolongation de la chaine de la corruption, un fléau aux conséquences aussi dramatiques que des fléaux naturels comme la désertification ou le manque criard de vision de nos dirigeants.

Malheureusement, nous ne dénonçons pas ici un phénomène nouveau. Ces pratiques sont connus de tous soit parce que nous les pratiquons, soit nous en avons été victimes voire des témoins résignés. Ceux qui agissent ainsi savent qu’ils n’ont rien à craindre d’autant plus qu’ils sont à ce niveau de responsabilité par des coups de piston et non par leurs compétences.

En effet, comme le dit notre talent dépité, “le pouvoir est une entreprise lucrative au Mali…”. Et malheureusement, il est conquis dans nos Etats pour se servir et servir son clan et non le peuple dans sa majorité écrasée et discriminée dans un silence de mort.

Le terreau de la médiocratie

On place ses hommes et ses femmes pas parce qu’ils sont compétents, mais parce qu’on est sûr d’avoir la main mise sur eux et de tout contrôler du sommet à la base. La médiocratie se nourrit de la mégalomanie, de cette soif insatiable de contrôler tous les rouages lucratifs du pays.

Ainsi, les cabinets ministériels, les directions générales, les grands programmes et projets, nos ambassades et consulats… sont devenus des planques pour “les choisis par affinités”. “Si ce phénomène est récurrent dans tous les Etats africains, force est de malheureusement reconnaître que le Mali bat tous les records en la matière”.

Malheureusement, nous refusons toujours de reconnaître notre propre rôle dans la perpétuation de ces mauvaises pratiques. Tout comme de nombreux observateurs, nous sommes convaincus que “les difficultés du Mali sont liées à un problème d’hommes et de leur inconscience, de leur manque de patriotisme…”

“La seule solution qui vaille pour le Mali est et demeure la bonne gouvernance, l’instauration de l’autorité de l’Etat par l’application des lois et règlements à tous. En un mot, un Etat fort par ses institutions, qui privilégie l’intérêt général au détriment des intérêts privés”, préconise la bloggeuse Tétou Gologo dans l’une de ses publications.

Mais, ce n’est possible que si nous en sommes conscients, si nous sortons de notre égoïsme et de notre hypocrisie pour nous inscrire sincèrement dans une synergie d’actions visant à “retracer et inverser cette courbe pour un Mali prospère”.

Notre conviction est que notre bonheur ne dépend ni de l’extérieur ni de nos dirigeants, mais de nous-mêmes, de notre ardeur à la tâche, de notre prise de conscience de la nécessité de changer de comportement individuel et collectif.

En effet, comme le défend si pertinemment notre bloggeuse Tétou Gologo, ce n’est le souhait d’aucun Malien que notre pays fonce droit sur le mur parce que nous sommes incapables de nous assumer ; de nous remettre en cause ; de tirer les enseignements de souffrances et désillusions afin d’assumer notre responsabilité en reprenant en main notre destin et celui de la patrie !

Hamady Tamba

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1 commentaire

  1. Hamady ton article touche du point les fléaux de notre administration et de notre société en général mais un de tes points est plus ou moins discutable. Certes le droit de cuissage est une réalité condamnable mais le revers de ce phénomène est la séduction. Par exemple moi je suis ici au DABANANI et je ne signe ni ne détiens aucun document mais en longueur de journée c’est les belles gonzesses qui viennent nous charmer ici. 😀😀😀😀

    Hamady, observes bien l’image que tu as mis en haut de ton article, n’est-il pas facile de sourire à celle-là que de sourire à un affreux comme IBK ou Issiaka SIDIBÉ ? Devant une telle beauté, comme dirait le Noir Américain, on est capable de boxer Jésus Christ …..

    Le plus souvent ça n’arrive pas jusqu’au droit de cuissage car on a ce penchant pour celles que l’on côtoie tous les jours.

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