Roue libre : Le grand cirque des conseillers nationaux

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Le 23 Octobre 2012 Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise, le président de la CDS, déposait une motion de défiance contre le président du Haut conseil des collectivités, Oumarou Ag Ibrahim Haïdara. Dans cette motion Blaise reproche à celui-ci d’avoir fui son pays, surtout en tant que président d’une institution pour aller rejoindre les rangs du MNLA en Mauritanie alors que nous étions en pleine crise politico-sécuritaire.

Ce faisant, il a agi comme un général qui abandonne ses troupes sur le champ de bataille ou comme un capitaine qui fuit son bateau en plein naufrage. Ce qu’interdisent les règlements de l’armée et de la marine. Compte tenu de la gravité de son acte Oumarou Ag Ibrahim Haïdara n’est ni plus ni moins qu’un traître envers sa patrie.

La vérité est qu’en tant qu’opportuniste fieffé il avait tourné avec le vent pour la simple raison qu’à l’époque le MNLA avait le vent en poupe. Mais à présent que ce groupe armé a été écrasé par le MUJAO, Oumarou Ag Ibrahim, toute honte bue, trouve encore le moyen de retourner au bercail pour venir pérorer comme un perroquet  à la tribune du Haut conseil. C’est pour toutes ces raisons que le patron de la CDS estime à juste titre que « Oumarou Ag Ibrahim Haïdara inspire la défiance et doit être récusé dans ses prétentions à vouloir rester au perchoir« .

Au lieu de voir à la loupe des accusations aussi graves, une majorité mécanique (57 sur 75) de conseillers nationaux menée par le bout du nez comme des moutons de Panurge par l’ADEMA et l’URD a proposé une motion de soutien à Ibrahim Haïdara. C’était lors d’une vraie fausse plénière organisée le lendemain de la rentrée du Haut conseil. Plénière illicite parce qu’irrégulière, organisée en l’absence du principal intéressé, Blaise Sangaré, qui n’y a pas été convié comme le stipule le règlement intérieur du Haut conseil des collectivités.

Ces conseillers ont rejeté la motion de défiance de Blaise au motif fallacieux qu’elle n’est fondée sur aucune base juridique et n’est pas conforme au règlement intérieur de leur assemblée.

Ces conseillers qu’on ne peut plus appeler « honorables » prennent-ils des vessies pour des lanternes ? Car un crime de haute trahison a été commis mais au lieu de l’instruire on nous sert des arguties relatives à la constitution du 25 février 1992, au règlement intérieur, à la jurisprudence et patati, patata. Ici on confond l’âne et le mulet.

Pour masquer leur complot, les conspirateurs dans une déclaration parlent de «l’excellente gestion faite par le bureau et les conseillers de la période de crise sous l’autorité de son président tout en lui renouvelant leur confiance pour sa grande hauteur de vue et son sens très élevé de la responsabilité durant son mandant». Cela veut donc dire que ce déserteur a géré la crise étant en Mauritani et au Sénégal. Le ridicule ne tue  pas dans ce pays sinon on a de la peine à croire qu’on puisse féliciter un homme qui a fui son pays aux heures chaudes pour aller de surcroit, remonter le moral de l’ennemi.

La notion de défiance déposée par Blaise Sangaré contre Ibrahim Haïdara n’est pas une affaire banale. C’est un acte hautement patriotique posé par le mogotigi pour attirer l’attention de l’opinion sur un fait gravissime, le dysfonctionnement de certaines de nos institutions, les pratiques mafieuses et la complotite aigüe qui constipent la plupart de nos élus. Son initiative a été tout simplement détournée à des fins politiciennes. On constate d’ailleurs les mêmes sales habitudes à Bagadadji où comme l’a dit M° Mountaga Tall, les lois passent comme des lettres à la poste. Depuis 20 ans, peut-on dire, toutes les lois sont votées sans coup férir. Est-ce à dire que toutes les lois sont parfaites ? Le consensus, le suivisme, le béni oui ouisme sont les maux qui ont rongent l’âme de nos élus toutes tendances confondues.

Des gens au demeurant cupides, qui ne rendent aucun compte à leurs mandants et qui applaudissent naïvement sous des lambris dorés croyant que la République est un grand spectacle et la démocratie un théâtre de matamore.

Mamadou L. DOUMBIA

SOURCE:  du   12 nov 2012.