Vue de Destin Laurent Gbagbo Entre les mains de ADO et des colonisateurs

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Le sort de Laurent Gbagbo est scellé entre les mains de Alassane Dramane Ouattara alias ADO et de nos colonisateurs. A voir nos dirigeants se trimballer devant l’autre pour avoir de l’argent pour organiser leurs propres élections, c’est vraiment triste. Ce qui nous conduit à dire la vérité où cela est possible. On pouvait tout simplement dire que l’homme a été conduit à sa dernière demeure. Une décision prise pour éviter la tension dans le pays.

La Côte d’Ivoire n’est pas capable de juger son fils. Ainsi va l’Afrique. Nous sommes face à notre destin et cela pour combien de temps ? Une décision manifestement surprenante et qui a effectivement surpris. Comme s’il y avait nécessité à tout goupiller en catimini et à nous placer brutalement devant le fait accompli. Il est plus important, à partir du cas Gbagbo, de réfléchir sur l’avenir de l’Afrique. Par rapport à la mondialisation, dans laquelle nous comptons pour quantités négligeables. Par rapport à cette entité floue appelée «communauté internationale», mais qui ne s’impose pas moins à nous comme une donnée incontournable. C’est à elle qu’il revient d’instruire le procès d’un ancien président africain et de le juger. Une communauté internationale qui semble avoir le droit de véto sur nous. A voir cette négociation de mèche avec ADO, c’est tout comme si les Africains passent pour les plus grands criminels de la terre et les abonnés les plus en vue du Tribunal Pénal International. Quant aux autres, après avoir commis des atrocités en Irak et au Liban, en l’Irlande du Nord et en Palestine, ils restent toujours blancs comme neige. Une fois encore, Laurent est devenu l’agneau du sacrifice, sans inquiéter immédiatement ceux qui, en face, se sont rendus coupables des mêmes atrocités. Cela donne le sentiment d’avoir deux poids, deux mesures.

La décentralisation au Mali

Une république bananière ou un Etat voyou

La crise dans le septentrion doit nous interpeller à revoir notre copie face à la décentralisation dont nous avons tant vanté l’opportunité sur tous les toits. La chanson de tous les jours n’est autre que notre pays est le premier à ratifier les accords, mais dans la réalité c’est autre chose. La décentralisation est un enjeu capital de développement. Elle nous place face à l’alternative ci-après: réussir la décentralisation et espérer développer notre pays ou rater la décentralisation et nous résoudre à traîner le destin minable d’une république bananière ou d’un Etat voyou. Nous avons l’impression que la décentralisation n’est qu’une formalité dans notre pays. A remplir à la va-vite pour être dans l’air du temps. La décentralisation participe d’une option de développement. Voulons-nous tout concentrer à Bamako et de ce promontoire privilégié, gérer le reste du Mali, observer le désert malien? Voulons –nous retrouver, à travers des démembrements du pouvoir central, le siège social du pouvoir politique et de la démocratie ? Que faut-il pour réussir la décentralisation? Des hommes et des femmes déterminés? De l’argent? Des idées? De l’imagination? Des initiatives? Nul ne peut aimer son pays sans passer par sa localité. La réalité est tout autre à travers les 703 communes que compte le Mali. Notre expérience de décentralisation souffre d’être encore trop administrative. Elle souffre d’être encore trop politisée. Ce sont là de graves infirmités qui se traduisent par une gestion bureaucratique qui favorise des pratiques de couvent n’impliquant et ne privilégiant qu’une poignée d’initiés. La décentralisation, d’accord. Mais il faut la rendre irréversible. On est où là ?

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