Conférence de presse sur le faible taux de participation aux élections : Le fichier, le système électoral et les partis politiques pointés du doigt par les conférenciers

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L’association malienne pour le relèvement du taux de participation (AMRTP) a organisé une conférence de presse au gouvernorat du District de Bamako sur la problématique du taux de participation aux différents scrutin au Mali. Cette conférence était animée par le maire de la commune IV, Moussa Mara, Sidi Mohamed Diawara de l’ONG IFES et Ibrahima Sangho, coordinateur du réseau APEM. Elle a enregistré la présence de plusieurs personnalités du monde politique.

a principale inconnue à chaque élection au Mali, c’est le taux de participation. Dans notre pays, depuis l’avènement de la démocratie, le taux de participation n’a pas atteint 50%. Pire, elle ne cesse de chuter d’année en année.

C’est pour cette raison que l’association pour le relèvement du taux de participation au Mali a initié cette conférence pour débattre de la question avec les acteurs du monde politique à savoir les citoyens, les hommes politiques et l’administration.

A cette conférence, on notait la présence des représentants d’une trentaine de formation politique dont le Pr Younouss Hamèye Dicko, des organisations de la société civile ainsi que le représentant du ministre de l’administration territoriale et des collectivités locales, Mamadou Thiam.

A l’entame de cette cérémonie, le représentant du ministre de l’administration a salué cette initiative. A le croire le taux de participation est l’inconnu de tous les scrutins organisés depuis 1992 au Mali. Selon lui, cette conférence va permettre d’échanger et de situer les responsabilités à tous les niveaux.

Le secrétaire général de l’association, Bissiry Coulibaly, a affirmé dans son intervention que le taux de participation est le socle d’une démocratie. Il a rappelé qu’en 2002, l‘élection présidentielle a mobilisé 24 candidats et les législatives ont mobilisé plus de 80 formations politiques. Pendant qu’au même moment, a-t-il laissé entendre, le taux de participation était respectivement dans le District de Bamako de 20,06% et 20% dans les deux scrutins.

Sidi Mohamed Diawara, coordinateur de la fondation internationale pour le système électoral (IFES) a déclaré que le faible taux de participation s’explique par le contexte socio politique de notre pays où le débat démocratique est absent dans les familles. Ce qui explique, selon lui, le comportement des électeurs. Il a relativisé le taux de participation. Qui, a-t-il dit, est lié à certains facteurs dont les inscriptions multiples d’un électeur dans différentes communes du pays, le manque de formation des citoyens, le manque de débat démocratique notamment.

Ibrahim Sangho du réseau APEM a pointé du doigt le fichier électoral. A le croire, la problématique du taux de participation est à chercher au niveau du fichier électoral ainsi que son mode de révision. Il a affirmé que le temps donné aux différentes commissions administratives est insuffisant pour faire un bon travail de nettoyage. "Le manque d’intérêt des citoyens aux élections s’explique en grande partie par l’ignorance des enjeux électoraux", a-t-il ajouté.

A  le croire, le scrutin du 29 avril couplé avec le référendum pourrait être aussi un facteur de fort taux d’abstention en 2012. Puisque, a-t-il dit, nombreux sont les Maliens qui ignorent le contenu du projet constitutionnel qui sera soumis à référendum.

Le maire de la commune IV, Moussa Mara et non moins président du parti YELEMA a abondé dans le même sens. Il a soutenu que le fichier est mauvais. Il a mis l’accent sur le couple citoyen-électeur et le système électoral de notre pays.

Pour le couple citoyen-électeur, le maire de la commune IV a dit que ce couple est malade. Les citoyens n’ont plus confiance en leurs leaders qui les ont réduits au rôle de spectateurs. "Le citoyen est instrumentalisé, infantilisé et mis a l’écart du débat public. Il est invité seulement aux manifestations folkloriques", a-t-il dit.

En ce qui concerne le système électoral, le président de YELEMA a déclaré qu’il est très complexe et prend beaucoup du temps des citoyens. Il a indexé l’éloignement de certains centres de vote des lieux de résidence des électeurs.

Pour résoudre ces différents problèmes, Moussa Mara a demandé au gouvernement de fiabiliser l’état civil du pays.

Les conférenciers ont exhorté dans l’ensemble les partis politiques à jouer leur rôle dans la sensibilisation, dans l’éducation et dans la mobilisation des citoyens. Pour ce qui concerne le gouvernement, ils ont affirmé que c’est une insuffisance de centrer tous les messages sur les médias publics seulement.

                      Moussa SIDIBE

Stagiaire

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