Contre une loi pour des autorités intérimaires au Nord : L’opposition malienne tire la sonnette d’alarme

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Contre une loi pour des autorités intérimaires au Nord : L’opposition malienne tire la sonnette d’alarme
opposition malienne (photo archives)

Pour laisser le sort des régions du nord à des autorités intérimaires en lieu et place des organes dont les mandats avaient été prorogés jusqu’à la mise en place de nouveaux organes élus, le gouvernement a déposé devant l’assemblée nationale un projet de loi, qui sera voté demain jeudi. Mais, face à ce qu’ils qualifient de « violation flagrante de la Constitution », les partis politiques de l’opposition, réunis au sein d’un collectif s’opposent et avertissent l’opinion : 

« Si le projet était voté, cette loi serait un pas de plus vers la partition du pays en instituant en matière d’administration et de gestion des collectivités, deux régimes juridiques distincts; l’un s’appliquant au reste du territoire national et qui resterait dans le domaine de la loi et l’autre, celui qui est prévu par l’article 2, relevant du domaine règlementaire et ne concernant que les régions de Gao, Tombouctou, Kidal, Ménaka et Taoudénit appelées Azawad par certains », peut-on lire dans le communiqué liminaire lu par le chevronné constitutionnaliste Daba Diawara.

Selon Soumaïla Cissé, le préjudice qu’une telle loi engendrerait au pays est énorme.

Autrement, «elle va marginaliser les partis politiques dans la gestion des collectivités en ce que les autorités intérimaires seront constituées de personnes provenant des services déconcentrés, de la société civile et du secteur privé ainsi que de conseillers sortants ; ces derniers étant les seuls membres de l’équipe représentant des partis politiques. » Pis, « ces gens seront désignés par des groupes armés à leur défaut… ».

En clair, ce qui irrite surtout l’opposition est qu’il est question d’un fort ressort des groupes armés à désigner ceux qui vont administrer la collectivité. En plus, nulle part dans cette loi, on ne parle de l’avis du Haut Conseil des Collectivités, regrettent les opposants, qui se réfèrent à l’article 90 de la Constitution qui impose au Gouvernement de saisir pour avis cette institution pour toutes actions concernant la politique de développement local et régional.

En tenant surtout compte du fait que cette mesure en vue est bien accueillie dans les milieux rebelles, les opposants se révoltent que les hommes qui portent des armes aient pu convaincre le gouvernement à destituer des autorités légitimement élues et dont les mandats avaient été prorogés.

S’agissant de l’accord d’Alger dont une des dispositions prévoit textuellement la mise en place des autorités intérimaires, l’honorable Soumaïla Cissé affirme que son bord a évidemment pris acte de la signature du document pour encourager la paix au Mali. Mais, qu’aller jusqu’à prévoir la scission du pays est ce qui est « inconcevable » finalement.

Toutefois, pour éviter « le pire », selon un des conférenciers, les opposants invitent le gouvernement à abandonner ce projet et à s’engager dans une démarche pour des concertations.

Enfin, le collectif avertit d’ores et déjà que son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, votera contre cette loi.

Issiaka M Tamboura (maliweb.net)

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1 commentaire

  1. Qui subit les conséquences des erreurs d’ATT ?
    Qui paye les pots cassés? Le peuple malien . 🙁 🙁
    Faisons très attention aux conséquences de nos actes .
    ” A vouloir se prendre un mur de briques , à nos maux , l’on finit bien un jour par comprendre qu’il faut le contourner .”

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