Convention d’investiture du candidat du Rassemblement pour le Mali : Prendre date avec l’histoire

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Sollicité  par un de nos confrères journalistes après le troisième congrès ordinaire du RPM, qui s’était tenu les 23 et 24 juillet 2011 au centre international de Conférence de Bamako,  le président du RPM, IBK,  parlant de son parti et de ses rapports avec le Président ATT avait tenu à faire savoir ceci : «pendant les années qui ont suivi, nous avons accompagné le Président ATT dans le cadre de la gestion consensuelle souhaitée et proposée par lui. Le RPM a été un partenaire loyal, dans l’intérêt du Mali, tout en gardant un droit critique sur les actions que nous ne jugions pas conformes à nos idéaux. Cela nous a conduits, avant la fin de la législature, à nous opposer sur des points aussi importants que les «accords» dit d’Alger, signés par le gouvernement du Mali en juillet 2006». Sollicité aussi par le Congrès, afin «d’accepter de porter les couleurs du RPM aux élections présidentielles de 2012», Ibrahim Boubacar Kéita, président du Rassemblement pour le Mali (RPM), a répondu qu’il était «physiquement, moralement et politiquement à leur disposition».

Il ne reste plus que l’investiture d’IBK dont la date était à fixer par le Bureau politique national, et ce sera ce samedi 14 janvier 2012, au stade Modibo Kéïta, au cours de la CONVENTION D’INVESTITURE du Candidat du Rassemblement pour le Mali (RMP). Quant à son réseau d’alliance  politique, le RPM a déjà noué des contacts étroits et permanents avec l’Adema, l’Urd et d’autres partis politiques comme l’UM-RDA.

Les retrouvailles de ce samedi 7 janvier 2012, ne pourront certainement que faire attester cela : ses camarades lui ont consacré du temps, de l’effort, de l’énergie, pour lui trouver une bonne date d’investiture (mois de naissance d’IBK en janvier), en ayant pris les dispositions inhérentes à une telle organisation, pour ce 14 janvier, meeting de la Convention d’Investiture du candidat du RPM, IBK ; au Stade Modibo Kéïta. Pour que le premier tour de l’élection présidentielle se passât bien, après ces années noires durant lesquelles, le parti du tisserand a connu des hauts et des bas.

A y voir de près, El Hajj Ibrahim Boubacar Kéita, le patron du Rassemblement pour le Mali (RPM), est d’ores et déjà un candidat comblé et heureux de se savoir si bien supporté et tant soutenu par 9 partis politiques et une large diversité d’opinions nationales bien maliennes celles là, à cette 5ème élection présidentielle de 2012 que notre pays s’apprête à vivre, et dont le 1er tour est prévu pour le 29 Avril prochain.

Une date butoir qui s’approche méticuleusement bien, sans faire grand bruit, vu les craintes qui sont  nombreuses et liées aux risques de conflits postélectoraux.

Ces derniers temps, les multiples soutiens dont IBK a bénéficié dans tout le pays, lui ont valu des gages sûrs que ses concurrents déclarés n’ont encore ; et lui ont déjà attirés mille appréciations positives de par ses qualités propres d’homme d’Etat sage et rasséréné, pouvant rassurer plus d’un patriote,  au sein de la population malienne. Parce qu’on le dit «soucieux de sa parole, de ses faits et  gestes».

Toujours dans la même logique de vainqueur, le président IBK serait donc élu comme Président de la République du Mali et son investiture, aurait lieu le 8 juin 2012, si tout va bien pour le meilleur dans le meilleur des mondes possibles.

Ce soutien des partis frères et amis de la sous-région et du microcosme politique au parti du tisserand, vient renforcer les arguments en faveur de l’élection du candidat IBK à l’élection présidentielle d’avril 2012. Cette stature de grande personnalité qui allait bien à Modibo Kéïta, ne lui reviendrait de droit que si et seulement si, il faisait preuve de charisme chavirant envers ses potentiels électeurs au second tour de l’élection présidentielle.

Il est aussi, du même coup, reconnu «IBK Kankelentigui», s’il arrivait à se positionner en première position, parmi les 5 meilleurs principaux favoris en course à cette élection, présidentielle de 2012. Eu égard à ses contre-performances électorales aux législatives, aux municipales et à deux présidentielles, on peut dire qu’IBK a de quoi s’approcher dangereusement de quiconque sera candidat au second tour, pour lui apporter la répartie nécessaire, lors d’un débat télévisé en direct, opposant deux styles de gouvernement et deux programmes politiques à groupes parlementaires siégeant à l’Assemblée Nationale. Vu les scores qu’il a réalisés au cours des élections présidentielles auxquelles il a participé (20% ou plus).

De là à se poser la question de savoir encore «Quel président pour le Mali en 2012 ?», ce n’était pas seulement un thème de discussion de la conférence débat animée ce samedi 7 Janvier 2012, au Centre Islamique d’Hamdallaye, par Me Mamadou Gaoussou Diarra, et organisée par le président de l’URP, Dr Modibo Soumaré et le président du mouvement des jeunes, Zourkoufouli Maiga. Mais c’était surtout se faire rappeler les notions d’autorité de l’Etat (actuellement bafouée) et d’Etat de Droit (en proie aux plus pires doutes de son histoire). Des problèmes auxquels le Manigaké a de quoi apporter sa solution, toujours originale.

Moustaphe LEYE

 

Encadré

Profil du candidat idéal

Pour répondre à ce profil du candidat idéal, apprécions tout simplement sa biographie, pour ne pas avoir à comparer son CV à celui d’un autre président de l’Assemblée Nationale qu’il a été. Examinons :

 

Son Profil-type

Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) est un homme politique malien né le 29 janvier 1945 à Koutiala (Sud du Mali). Député de Bamako depuis 2002, réélu en 2007, il préside le Rassemblement pour le Mali (RPM), un parti qu’il a créé en 2001.

 

Son parcours scolaire et universitaire,

Ancien élève du prestigieux lycée parisien Janson de Sailly, Ibrahim Boubacar Keïta a poursuivi son cursus à l’Université Panthéon-Sorbonne où il a obtenu un Diplôme d’études approfondies (DEA) en sciences politiques et un autre en histoire des relations internationales contemporaines (IHRIC). Après ses études, il a été chargé de recherche au célèbre Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et a enseigné les systèmes politiques du Tiers-Monde à l’Université de Paris Tolbiac.

De retour au Mali en 1986, IBK s’est impliqué dans le développement économique et social de son pays en tant que conseiller technique principal de l’Union européenne pour le Fonds européen de développement (FED), puis au sein de l’ONG Terre des hommes France, dont il a été le directeur pour l’Afrique de l’Ouest.

 

Sa formation militante et politique

Déjà militant au sein de l’association des étudiants africains de France, Ibrahim Boubacar Keïta participe dès 1986, dans la clandestinité, au mouvement démocratique malien qui amène la révolution de 1991 mettant fin à 23 ans de dictature. Il est membre fondateur de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema), parti à l’origine de l’émancipation démocratique, et dont il sera le président de 1994 à 2000.

Pendant la première campagne électorale libre et transparente, Ibrahim Boubacar Keïta contribue activement, en tant que directeur adjoint de campagne, à l’élection triomphale d’Alpha Oumar Konaré en avril 1992 sous les couleurs de l’Adema. IBK est alors nommé successivement porte-parole et conseiller diplomatique du président Konaré, puis en 1993 Ambassadeur en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Gabon, avec résidence à Abidjan, ministre des affaires étrangères, et enfin Premier ministre de 1994 à 2000.

 

Son expérience aux affaires

On peut retenir de son action de chef du gouvernement la résolution de la crise scolaire mettant fin aux grèves, la signature d’accords de paix avec la rébellion touarègue du nord du pays en 1996, ou la mise en œuvre de la loi de décentralisation. Il a également conduit les mesures économiques qui ont permis d’atténuer l’impact de la dévaluation du franc CFA intervenue quelques semaines après sa nomination. Son style de gouvernement est marqué par le respect scrupuleux de l’autorité de l’Etat et de l’état de droit.

 

Sa franchise et son franc-parler

A la suite de désaccords au sein de son parti, IBK quitte l’Adema en 2000 et fonde le Rassemblement pour la République (RPM) en juin 2001, suivi par une bonne frange des militants. Son nouveau parti, qui en tant que membre de l’Internationale socialiste partage les valeurs sociale-démocrates, le porte comme candidat à l’élection présidentielle d’avril 2002.

Ibrahim Boubacar Keïta arrive 3ème avec 2x% des suffrages et son sens de la responsabilité le pousse, malgré de nombreuses irrégularités, à accepter le verdict de la Cour Suprême, contre l’avis même de ses partisans. Il apporte alors son soutien à Amadou Toumani Touré, qui est élu au second tour face à Soumaïla Cissé, candidat de l’Adema.

Quelques semaines plus tard, le RPM arrive en tête des élections législatives, et IBK, élu député à Bamako, se voit logiquement porté à la présidence de l’Assemblée nationale. Pendant son mandat de 5 ans, il a contribué, dans un cadre consensuel, à dynamiser cette jeune institution et a permis de faire voter des textes importants tels que la loi d’orientation agricole, la réforme du code minier…

 

Son courage et sa combativité

A nouveau candidat à la présidentielle en 2007, il est le seul représentant d’un grand parti car tous les autres choisissent d’apporter leur soutien au Président de la République Amadou Toumani Touré, qui est réélu au premier tour. IBK, qui conserve son siège de député, devient un opposant constructif et respectueux des institutions, jusqu’à apporter son soutien au gouvernement sur les grandes causes nationales : éducation, lutte contre le terrorisme… Cela dit, il est lucide sur la situation actuelle du pays, caractérisée par un délabrement de l’autorité de l’Etat, une aggravation de la menace terroriste dans le Nord du pays, de nouveaux défis économiques à surmonter, et l’inquiétante mauvaise santé de l’éducation nationale.

Ce constat plaide en faveur d’un homme d’expérience respecté au Mali et à l’extérieur, et dont le sens de l’Etat est indiscutable. Ibrahim Boubacar Keïta est Grand Officier de l’Ordre National du Mali et Commandeur de la Légion d’honneur française. Il a été vice président de l’Internationale socialiste, et a également présidé l’Union des parlementaires africains.

C’est la raison pour laquelle, en vue de cette échéance capitale pour le peuple malien, que les membres du bureau politique national, les militants et sympathisants du parti et de nombreuses voix  ont appelé déjà le président du RPM à se porter à nouveau candidat à l’élection présidentielle de 2012. À l’issue du second et dernier mandat du président sortant.

Propos entendus d’IBK :

«Le Mali compte sur nous. De grâce, de grâce, vous du RPM, ne me décevez pas. Montrez à ceux qui doutent de vous que j’ai un parti dernière moi». «Nul n’est et ne sera au-dessus de la loi. Nul ne sera privilégié par rapport à son frère Malien au motif qu’il est proche de moi » et « le Mali ne sera pas un pays où quelqu’un se lève et fait ce qu’il veut». «Nous ne venons pas au pouvoir pour voler le Mali, pour tricher avec le peuple»

Le président qu’il faut pour le Mali en 2012, ne cherche le pouvoir, ni pour voler l’Etat, ni pour tricher avec le peuple, encore moins, pour être complaisant envers qui que ce soit.  Il ne veut, dit-il, que gérer demain l’Etat avec «rigueur, équité et esprit de justice».

Le respect de la loi et l’autorité de l’État, pas autoritarisme mais autorité de l’État à réaffirmer face à la flambée des prix, à l’insécurité alimentaire et la cherté de la vie, la baisse de la pluviométrie et la rareté des denrées de premières nécessités, signifiant mauvaises récoltes, pour cette année ; la crise au nord du Mali et l’insécurité urbaine qui tend à devenir une pandémie ; le problème du chômage croissant des jeunes et  les incohérences du système dans l’école malienne et la corruption, qui gangrène l’économie nationale.

Face à ces défis modernes, président du RPM est invité à accorder une attention particulière à ces préoccupations, afin de faire le bon choix en 2012 sur la base de critères objectifs, entrant en ligne de compte, pour bannir les maux qui persisteront et qui sont, selon le président de l’URP, Dr. Modibo Soumaré : le blanchiment d’argent, la circulation de la drogue et des armes sur le territoire, les accidents de la circulation, l’insuffisance de la couverture sanitaire.

Pour relever ces défis, le conférencier a indiqué qu’il faut choisir un président qui dispose d’un programme prenant en compte l’ensemble de ces questions, car le futur Président doit être transparent, avoir de la personnalité, être issu d’un parti politique.

Moustaphe LEYE

 

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