Présumées malversations à la CCIM : Semaine cruciale pour Jeamille Bittar

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Après avoir passé la semaine dernière devant les enquêteurs du pool économique de Bamako pour malversations dans la gestion de la Chambre de commerce et d’industrie, Jeamille Bittar joue gros cette nouvelle semaine. Selon de sources proches du dossier, il devra apporter des justificatifs aux faits reprochés à lui, sinon s’exposer à une inculpation aux conséquences lourdes pour ses ambitions présidentielles. Il n’afficherait plus la sérénité des premiers jours de sa convocation.

La nouvelle semaine risque de commencer comme a fini la dernière pour Jeamille Bittar : des va et viens entre les bureaux de la Chambre de commerce et d’industrie, du Conseil économique, social et culturel et les locaux du pool économique de Bamako. En effet, de mardi à vendredi derniers, Bittar a été écouté par les enquêteurs du procureur anti-corruption sur sa gestion  de la CCIM jugée « mauvaise » par le bureau du Vérificateur général alerté par l’un de ses acolytes dans une lettre anonyme. Les malversations relevées dans le rapport 2009 du Végal porte sur les exercices 2007, 2008 et 2009 (voir ailleurs). Bien évidemment, la présidence de la CCIM rejette en bloc les accusations portées contre elle.


La théorie de complot des pro-Bittar

Après les 4 jours d’auditions, Jeamille Bittar n’affiche plus la sérénité. Le vendredi dernier, il est allé voir des responsables politiques et judiciaires même s’il a avancé d’autres  motifs totalement loin de l’affaire pour justifier Ces visites. Au même moment, il s’est lancé à la recherche des justificatifs des faits délictuels reprochés à lui. D’ailleurs, certains de ses adversaires promettent de dénoncer à la justice s’il produirait de faux documents. Comme pour tordre le cou à la théorie du complot développé par Bittar et ses proches à travers des articles commandités.  Ces derniers continuent toutefois  à soutenir que les convocations du président  de la CCIM sont plutôt des manœuvres politiciennes pour l’écarter de la course présidentielle pour laquelle son parti, le PDES, cherche actuellement un candidat. Ses partisans étayent leur théorie du complot par le fait que le secrétaire général du parti présidentiel est aussi ministre de la Justice, garde des sceaux, donc 1er responsable du parquet. Ce qui est sûr et certain, l’heure n’est plus à la confiance et à la sérénité affichée deux semaines plus tôt par Bittar quand il demandait à être entendu pour mettre fin aux insinuations.

Le parquet réfute toute manipulation politicienne
Face à ces allégations, le parquet reste de marbre. C’est au moins l’impression donnée par le procureur anti-corruption, Sombé Théra, et ses collaborateurs dont certains  rappellent que les faits ont été révélés bien avant que Jeamille Bittar ne dévoile ses ambitions présidentielles. Ils précisent que leur devoir est d’enquêter sur des faits dévoilés par le rapport du Bureau du vérificateur général sur la gestion de la Chambre de commerce et d’industrie pour des périodes très précises. Ils rajoutent que le dossier fait partie des 32 transmis à la justice par le président de la République qui a annoncé en son temps qu’il n’y aura pas de traitement de faveur. « C’est une affaire de programmation. Nous allons ouvrir tous les dossiers qui nous ont été transmis par le président de la République qui est avant le 1er magistrat. Ce qui est étonnant, ce sont les mêmes journalistes qui avaient annoncé l’ouverture de ces dossiers et qui avaient alerté sur les risques de traitements de faveur crient aujourd’hui au scandale et au complot politique », regrette un  enquêteur qui assure que le dossier suivra son cours normal et sera traité comme n’importe quelle affaire  avec le plus grand professionnalisme.
Ben Daou

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