Rapports sur la corruption : Diversion et fuite en avant de l’Etat malien

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Au fur et à mesure que les rapports sur la gestion des finances publiques pleuvent au Mali, la corruption et la délinquance financière s’accroissent. Sur les milliards de F CFA volés à l’Etat, la justice a très peu sévi, et le taux de recouvrement reste à son niveau le plus décevant.

 

Hamadou Ousmane Touré, Verificateur general

Va-t-on vers des rapports de contrôle par simple formalité au Mali ? Pour l’écrasante majorité des Maliens, la réponse est « oui ». Au cours de ces quinze dernières années, une pile de rapports sur la gestion des ressources publiques ont été produits par les services spécialisés en matière de lutte contre la corruption et la délinquance financière.

Le dernier en date est celui remis vendredi dernier par le Vérificateur général, Amadou Ousmane Touré, au président de la République par intérim, Dioncounda Traoré. Sans surprise, il fait état de plus de plus 10,10 milliards de F CFA détournés à l’Etat.

Malgré la volonté affichée des différents gouvernements de l’ère démocratique, le peuple malien s’interroge encore sur l’efficacité des discours politiques à s’attaquer au phénomène de la corruption et de la délinquance financière. Ses conséquences, qui empêchent l’Etat d’investir dans la création d’emplois et de faire face aux besoins des citoyens, continuent d’appauvrir de plus en plus les populations et provoquent la déchéance de nombreux foyers.

Des années,  après avec la création des structures comme le Contrôle général d’Etat, la Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration (Casca), le Bureau du Vérificateur général, etc. la lutte contre la corruption reste au Mali un bluff. Du moins si l’on s’en réfère aux cas de détournement des biens publics et de corruption dénoncés par les différents rapports de contrôle.

De 2002 à nos jours, près d’une dizaine de rapports de contrôle sont produits. Le seul Bureau du Vérificateur général, un instrument de vérification de contrôle de  la gestion des ressources publiques, a fourni quatre rapports, dont trois sur les sept ans de mandat de Sidi Sosso Diarra, et un sous celui d’Amadou Ousmane Touré. Le premier a porté sur un manque à gagner de 10 milliards, le deuxième sur plus de 100 milliards, et le troisième a constaté un déficit d’environ 80 milliards de F CFA. Quant au 4e rapport, et 1er rapport de M. Touré, remis la semaine dernière aux autorités, il fait état d’un manque à gagner de plus de 10 milliards de F CFA à l’Etat.

Par ailleurs, d’autres vérifications effectuées par d’autres structures courant 2005-2006-2007 ont signalé un manque à gagner de 138,58 milliards de F CFA, et seuls 31,78 milliards de F CFA ont été recouvrés.

Des sommes colossales dans un pays pauvre et suffisantes pour un Mali de construire des usines et de créer des emplois, construire des centres de santé et des écoles, approvisionner des villages en eau potable, etc.

Les différents rapports de la Casca, du Contrôle général des services publics de l’Etat, encore moins les assises des « Etats généraux sur la corruption et la délinquance financière », organisées en fin 2009, n’ont pu produire des résultats sérieux en matière de lutte contre la corruption et la délinquance financière.

Le grand bluff !

A quoi servent alors les rapports de contrôle ? En réponse à la question, Dr. Etienne Oumar Sissoko est claire. Pour lui, « ils ne servent qu’à faire diversion ». Selon ce professeur d’économie et de mathématiques appliquées à la gestion à l’Université internationale « Sup Management » de Bamako, « les rapports au Mali sont publiés pour amuser la galerie ».

« Le principe est connu, dit-il. Lorsqu’il s’agit d’attribuer de l’aide au développement à des pays comme le nôtre, les bailleurs de fonds procèdent par tranche de 3 volets : les deux premiers sont mis à disposition, et la troisième tranche n’est débloquée qu’après publication d’un rapport de contrôle. Comme une façon de montrer que la bonne gouvernance est mise en avant. Mais en réalité, ajoute notre interlocuteur, ce sont des rapports pour la formalité ». Comme solution, Dr. Sissoko propose que l’Etat prenne ses responsabilités face au phénomène. « On connaît les secteurs où il y a problèmes. Il faut créer de véritables structures répressives », revendique l’universitaire, pour qui, « le détournement et la corruption sont de fautes graves et répréhensibles dans le Code pénal de notre pays. Il faut donc punir les fauteurs et les auteurs des malversations », assène notre interlocuteur, qui déplore « les limites du Pôle économique », dirigé par un juge anti-corruption.

Lorsque les gouvernants veulent réellement donner du sens à la lutte contre la corruption et la délinquance, ils doivent passer la vitesse supérieure.

Issa Fakaba Sissoko

 
SOURCE:  du   6 nov 2012.    

7 Réactions à Rapports sur la corruption : Diversion et fuite en avant de l’Etat malien

  1. at331776

    De la meme maniere que la liste des faux diplomes a ete publie ,on doit publie le rapport du VGAL.Le Mali a besoin de plus de transparences .Les detourneurs de fond public doivent etre puni severement sinon le travail du VGAL n’aura pas de sens .Tolerances zero doit s’applique sur les voleurs et leurs complices .On a besoin de savoir quifait quoi dans notre cer Pay .
    Vive le Mali et Vive tout les bons fils

  2. blanche neige

    les maliens sont des petites mains en corruption :wink: le gouvernement libyen cherche à recuperer 87 milliards d’euros détournés par la famille Kadhafi :mrgreen: :mrgreen: d’ici qu’il demande au Mali de rembourser la cité administrative ,les diverses mosquées ,les valises pleines de billets etc……dont les dirigeants maliens ont bénéficié , 10 millions de maliens vont devoir partir comme esclaves en Libye pour quelques décenies afin de tout rembourser :mrgreen: :mrgreen: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :mrgreen: :mrgreen:

  3. 10,10 millards perdus YAKO LE MALIBA

  4. Sambpu

    S’il est bon de vérifier, il est encore plus interessant de reprimander les fautifs derrière, sinon le BVG ne sert à rien!Pourquoi ne pas publier dans les medias, les noms des grands voleurs de la république à défaut de les condamner?L’heure n’est plus au « je ne veux pas humilier des chefs de familles » d’ATT! :evil: :evil:

  5. blanche neige

    le Mali n’est composé que de grands patriotes ,plus le pays s’enfonce dans la merde plus ils le pillent jusqu’à le noyer complétement . :evil: :evil: ………..mais si les maliens ne font rien , en cette periode de recession en occident ,il ne faudra bientot plus attendre des chèques de millions de dollars ou d’euros pour vous renflouer ,de toute façon c’est peine perdu :evil: :evil:

  6. malindivisible

    Comment voulez vous que des gens qui sont eux mêmes impliquées puissent faire quoique ce soit pour mettre leurs complices en prison. Pourquoi l’armée malienne est elle si faible au niveau des équipement? Le peuple malien dans son ensemble met à sa disposition un budget conséquent. Mais allez demander aux responsables corrompus ou amis des corrompus où sont partis ces sommes allouées à l’armée. DIONCOUNDA en tant qu’ancien ministre de la défense n’est pas moins informé. A T T et Alpha en savent aussi quelque chose, ils ont laissé faire ou bien ils étaient dans le coup des détournements par personne interposée. Les généraux ventrus ne sont pas aussi innocents car ils se la coulent douce et pepere. Le simple malien qui pleure sont pays car il a l’amour de celui ci contrairement à ceux qui le pillent dont le.seul souci est leurs poches. Ils sont mêmes capables de vendre le Mali à l’ennemi.
    La lutte contre la corruption ne finira jamais au Mali tant la population elle même ne prenne pas.ses responsabilités en dénonçant les cas flagrants de détournements et si rien n’est fait, qu’ elle se fasse justice elle même.

  7. 1FILSDUMALIBA

    Vraiment le Pr. Sissoko a dit vrai, juste de la pure propagande et diversion. A quand le changement? Nos dirigeants n’ont pas l’audace ni le culot de sevir meme si c’est des proches. Je trouve ca tres deplorable.