Débat du dimanche sur le rôle des partis politiques dans la crise : Baba Daga accuse, Nancoma se défend, Tapo plaide coupable, Kamena esquive

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Lors de l’émission ” Question d’actualité ” du dimanche 30 septembre 2012, les téléspectateurs et auditeurs de l’ORTM ont eu droit à un quasi procès, avec les représentants des partis politiques invités à la barre ! Le thème du débat était  ” Rôle des partis politiques pendant cette crise “, dirigé par les confrères Baba Dagamaïssa dit Baba Daga et Nianza Coulibaly, avec pour invités Nancoma Kéita du RPM, Me Abdoulaye Garba Tapo de l’Adéma-Pasj, Bréhima Kamena du CNID Faso Yiriwa Ton.

Nancouma

Il faut d’entrée regretter qu’aucun représentant du parti SADI n’ait pris part à ce débat pour permettre à l’opinion de voir comment les camarades du Dr Oumar Mariko allaient se défendre.

Le thème de l’émission était relatif aux reproches que les Maliens font aux formations politiques pour ne pas avoir joué le rôle qui doit être le leur dans le processus démocratique malien jusqu’à son trébuchement du 22 mars 2012.  Plusieurs intervenants ont reconnu ” le désamour ” entre la classe politique et les populations. Cette fracture est illustrée par les récriminations de plusieurs Maliens, qui estiment que les partis politiques se sont plus préoccupés de rechercher des électeurs plutôt que des militants.

Ainsi, le plateau a servi de cadre à nos confrères Baba Daga et Nianza Coulibaly et au politologue Samaké d’acculer les représentants des partis politiques présents : le secrétaire politique du RPM, l’ancien ministre Nancoma Kéita, l’ancien ministre Abdoulaye Garba Tapo de l’ADEMA-PASJ, Bréhima Kamena du CNID-Faso Yiriwa. Les questions adressées aux politiques étaient relatives à la passivité, voire la complaisance de la classe politique, qui n’aurait pas su, selon plusieurs observateurs, jouer tout son rôle dans l’évolution  démocratique du pays.

Et, concernant la décadence de l’Etat surtout au plan sécuritaire et dans le domaine de la corruption, le représentant du RPM a déclaré que son parti a joué toute sa partition. Nancoma Kéita s’est vigoureusement défendu par rapport aux accusations à l’encontre des partis : “Nous avons été les seuls à avoir dénoncé l’Accord d’Alger “, a-t-il déclaré. Et Baba Daga de rebondir : ” Vous avez dénoncé tout en participant à l’action gouvernementale, donc à la mise en œuvre de cet accord dit de la honte? “.

Le secrétaire politique du RPM a alors laissé entendre que son parti n’a pris part à aucune mise en œuvre. Il a soulevé des insuffisances des textes comme la charte des partis politiques qui dispose que dés lors qu’un parti entre au gouvernement, il cesse d’appartenir à l’opposition. Et le politologue d’assurer que le jeu démocratique a été biaisé par un jeu d’équilibrisme et de compromis qui a affaibli les partis politiques. Conséquence, depuis 2002, un foisonnement des candidatures indépendantes dont le couronnement est l’élection d’un candidat indépendant à la présidence de la République.

De l’autre côté, Me Abdoulaye Garba Tapo a expliqué que les partis politiques n’ont pas suffisamment joué leur rôle de formation des militants par rapport à la gouvernance, aux défis auxquels le pays faisait face. Mais, a-t-il tempéré, les acteurs politiques sont à l’image de la société qui les secrète. Baba Daga, Nianza Coulibaly d’enfoncer le clou en dénonçant l’enrichissement- la corruption, l’achat des voix, etc- comme objectifs des acteurs politiques ayant mené la révolution du 26 mars 1991 pour acculer les politiques qui étaient sur le plateau. L’émiettement des partis politiques, la faiblesse du taux de participation aux élections ont été également mentionnés par les confrères.

Bréhima Kamina a, pour sa part, parlé des propositions pour sortir de la crise institutionnelle. “Qui a fait quoi pour qu’advienne la crise, n’est pas le plus important. Il faut plutôt aller vers ce que les partis peuvent faire pour nous sortir de la crise “, a-t- il esquivé. Dans ce sens, la Convergence pour Sauver le Mali (CSM), dont le CNID est membre, a été le premier regroupement à demander que toutes les institutions actuelles soient préservées au moment où certains réclamaient le départ du Premier ministre, le départ du président de la République par intérim. Il a rappelé, comme les autres, la nécessité de la tenue des concertations nationales.

Pour tous les représentants des partis politiques, cette concertation nationale permettra à la classe politique de sceller l’union sacrée dont le pays a besoin pour libérer le nord. Tous ont reconnu l’importance de l’appui des troupes de la CEDEAO, comme “accompagnement” selon Nancoma Kéita, pour reconquérir l’intégrité territoriale du pays. Le représentant du RPM, non moins ancien ministre de l’Environnement a également souligné la nécessité d’avoir une opinion publique au Mali. “Des intellectuels, par exemple des anciens Premiers ministres, des anciens ministres peuvent constituer un groupe d’influence pour faire converger les vues des acteurs politiques au sein de la République “, a-t-il laissé entendre.

Bruno D SEGBEDJI

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10 COMMENTAIRES

  1. les initiateurs du débat sont à saluer, il était vraiment à hauteur de souhait.

  2. coco=blanche niege= sanene ba kulé fa kulé den kulé itakou bakou ❓ 😀

  3. Une chose est sûre, le Mali sortira de cette impasse. Le moment viendra alors d’en tirer les enseignements. DIEU est GRAND!

  4. je vous assure que tous ces politiciens qui ont contribues a elire att au detriment de leurs propres partis sont des affairistes sinon un parti politique n’existe que quand il cherche a acceder au pouvoir mais un parti qui se met derriere un independant n’a pas sa raison d’exister tel est le cas de ces partis qui ont suivis att.une cocertation nationale doit se tenir pour ne plus donner l’occasion a aucun des deputes qui ont sieges a l’assemblee nationale pendant le premier mandat et pendant le baibibabollo de ne plus jamais se presenter a aucune election au mali sans exception parcequ’ils ont prouves qu’ils etaient la pour defendre att et leurs propres interets et non les interets de leurs electorats. pourquoi ne pas ouvrir une enquette sur ces traitres de deputes et de ministres pour savoir comment ils sont devenus multi millionnaires quand le pays s’enfonce dansle trou.cher democrats l’histoire a donnees raison a moussa traore et vous continuez a l’appeller dictateur en tout cas je prefere un dictateur au pouvoir qu’une bande de voleurs apatrides.mon general moussa traore fils digne de kaba si tu meurs sans faire un livre sur le mali la terre ne te pardonnera jamais puisque le es le temoins occulairede l’histoire du mali en entier

  5. Les partis politiques du Mali dans leur ensemble ont ÉCHOUE c’est pourquoi le candidat indépendant d’alors ATT a eu à faire 2 mandats successifs devant la centaine de partis politiques de la place!Et puis quand ATT recevait ces ex-rebelles from Libya “armés jusqu’aux dents”, où étaient ils?L’assemblée nationale sous la houlette du même Dionkounda a même validé sans l’aval de la base, le couplage des présidentielles avec le projet de reforme constittionnelle d’ATT que nous allions voter le 29 avril 2012, si les élections avaient eu lieu:aucun parti (à part le SADI du Dr Mariko), n’a dénoncé cette violation de notre constitution!Après tout vous vous doutez du soutien du peuple envers les militaires! 👿

  6. L’émission était d’une importance capitale. Elle a été organisée à un moment crucial de l’histoire du Mali.

    Tous les participants doivent être remerciés pour leur dévouement.

    Je voudrais formuler quelques remarques ou suggestions.

    1- Un plateau plus élargi et plus représentatif devrait permettre un débat plus riche.

    2- Les élections frauduleuses qui ont permis l’élection de ATT lors de son premier mandat n’ont pas été évoquées. Depuis cette élection les Maliens sont nombreux à penser que voter ne sert à rien. Dommage que des instituts de sondage soient absents du paysage malien.

    3- La constitution devrait être à portée de main. Nous avons relevé le manque de maitrise de la constitution.

    4- Prévoir l’intervention ou la contribution des téléspectateurs serait souhaitable.

    5- L’organisation et le fonctionnement de la société malienne n’ont pas été à la hauteur des enjeux nationaux et internationaux. Toutes les institutions, tous les partis politiques devraient faire leur autocritique. Ils sont les premiers responsables des conditions de vie des populations.

    6- Il faut éviter que les mêmes partis soient les seuls à se réunir et à organiser des concertations qui décideront de l’avenir du Mali. Il serait extrêmement important que d’autres forces soient associées à ces débats. Je pense notamment à tous ces cadres maliens intègres, compétents et brillants et qui résident au Mali. En général, ils n’appartiennent à aucun parti politique.

    Attention ! Ceux qui ont accès aux moyens modernes de communication et qui parlent fort ne sont pas forcement les seuls détenteurs de la vérité.

    Que Dieu protège le Mali.

  7. Il faut reconnaitre que depuis le putsch la classe politique a très déçu. En fait, l’avenir du Mali a été et demeure son dernier souci. Ce qui compte pour elle s’est l’accaparement du pouvoir et point barre. Nous avons un Nacoma se défendre mordicus pour ne pas reconnaitre leur tord d’avoir cautionné les dérives du pouvoir d’att. Si IBK avait accepté d’être à l’opposition, je vous assure que nous en serions pas là aujourd’hui. A part le SADI qui malgré même son passage au gouvernement d’att, a toujours critiqué les actes de nos gouvernants. Si quelques députés clairvoyants avaient rejoint leur rang, l’Assemblée aurait évité au Mali beaucoup de dérives. La preuve a été faite avec le Parena,lorsqu’il animait la contradiction avec le SADI au sein du parlement ; l’histoire de la vente de SOTELMA là encore vivace dans les esprits. Sans les réactions de Parena-Sadi, att et sa bande aurait détourné tout l’argent du Mali mais grâce à eux beaucoup de sécrets sur la gestion des biens du peuple ont été dévoilés. Les partis politiques au Mali n’ont fait que leur propre promotion et non celle du Mali temoin des multiples déchirement et émiettements en leur sein. Face à de telles réalités comment voulez vous les citoyens puissent leur croire ? De l’avenement de la démocratie à nos jours, nous avons que ces hommes politiques pauvres qu’ils étaient sont devenus en un laps de temps des super riches. Comment ? Le vol, la corruption, le détournement des biens de l’Etat sont devenus le sport favorit de ces sangsues gloutons.
    Pour soitir de cette médiocrité des partis politiques, je demande à l’Etat de ne point financier aucun parti politique qui n’a pas 5% de l’électorat.

  8. …….Très deçu par les 3 representants des 3 partis politiques. Ils n’ont pas du tout été à la hauteur de mes attentes. Aucune vision claire pour le MALI et aucune proposition réelle sur le probmème du Nord. J’attendais qu’ils disent aux maliens: nous allons organiser une rencontre entre tous les patris poliques afin de nous entendre et laisser le gouvernenement actuel faire soin travail. Les 2 journalistes et le Politologue ont montré leurs qualités et je les salue.

  9. DAG et Fatim SIDIBE sont les meilleurs journalistes que le Mali ait jamais eus!!!!!!

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