Démission du premier ministre Cheick Modibo Diarra : Le film des événements

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L’ancien Premier ministre Cheick Modibo Diarra qui a régné par le truchement de Kati est sorti par la petite porte en enregistrant la lecture de sa lettre de démission dans la salle de conférence de la région militaire de Kati.

L’ancien PM, Dr Cheick Modibo Diarra le 11/12/2012 (coupure d’écran ORTM)

Cheick Modibo  Diarra avait-il cru devoir s’affranchir de ses liens avec les militaires, qui après avoir renversé ATT l’ont adopté comme Premier ministre ? Les accrochages du  Premier ministre avec les militaires de Kati ont été étalés au grand jour lorsqu’il a fait étalage de ses ambitions présidentielles, en laissant entendre que tous les membres du Gouvernement de transition peuvent être candidats aux prochaines élections. Il sera rectifié par le ministre en charge des élections un militaire, Moussa Sinko Coulibaly, qui lui conteste toute possibilité d’être candidat.

Ce fossé allait s’élargissant lorsque le Premier ministre a coupé toute communication avec Kati, tout en n’ayant aucun égard pour le Président de la République.

Tout allait basculer à propos de l’organisation des concertations lorsqu’il a été décelé chez le Premier ministre des velléités de tirer la couverture vers soi, en voulant amener des associations fantômes pour se créer une majorité mécanique. Il s’oppose à la participation de certaines associations de la société civile, lorsque la proposition lui a été faite, en remplacement de ses associations fantoches. Selon une source bien informée, pour marquer son refus de laisser de côté ses associations, le Premier ministre a fini par opter pour le vote de la feuille de route par l’Assemblée nationale, abandonnant ainsi l’idée de concertations nationales, installant le Conseil des ministres du mercredi dernier dans une confusion totale. Puisque la réunion ne s’était entendue sur rien, il n’y eut pas de communiqué de conseil des ministres, à cet effet.

Aussi, alors que le Président de la République était à Niamey la semaine dernière, accompagné du ministre de la Défense et des anciens Combattants, le Premier ministre, selon nos sources, a convoqué les chefs d’Etat major et les Directeurs des forces armées et de sécurité. L’option n’était pas autre chose que de les préparer à changer le cours des choses, selon des sources sécuritaires. Sinon pourquoi réunir les chefs militaires, au moment où le Président et le ministre de la Défense n’étaient pas à Bamako, et surtout qu’il a rompu tout lien avec les hommes de Kati. Selon notre interlocuteur, la hiérarchie attend les rapports de ceux qui ont répondu à cette convocation.

Puis l’autre fait de l’ancien Premier ministre  qui fâche ses bienfaiteurs est sa trop grande liberté de mouvement, sautant d’avion en  avion sans demander l’autorisation de personne et sans avoir de compte à rendre au Président de la République Dioncounda Traoré. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été son projet de voyage à Paris, sans informer qui que ce soit, alors que la question cruciale des concertations nationales était en cours de discussion. Le Président de la République qui avait besoin de lui et du Capitaine Amadou Aya Sanogo, pour les consulter avant de prendre une décision concernant les concertations, n’était pas parvenu à le joindre, parce qu’il ne décrochait pas son téléphone. Il finit par l’éteindre.

Le Premier ministre veut aller à Paris et se soustraire pour ne pas parler de la question de concertation nationale. Non ce serait trop facile, il s’agit d’une question nationale qui tient à cœur les premiers responsables du pays et dont dépend l’évolution du pays. Le Premier ministre se rend à l’aéroport où l’avion est prêt, il sera débarqué par des militaires qui le ramènent chez lui. Il n’ira pas à Paris, mais le feuilleton n’est pas terminé. Il continue de refuser de prendre l’appel du Président Dioncounda Traoré. Le Capitaine Amadou Aya Sanogo suit à la seconde près le feuilleton de l’humeur d’un Premier ministre qu’il ne reconnait plus.

Le Capitaine résolu à l’ordre constitutionnel se fâche et demande à ses hommes de lui apporter Cheick Modibo Diarra en bon état. Ordre exécuté sans hésitation, ni murmure. Le voici dans salle de conférence de la région militaire de Kati, où il  fait sa déclaration qu’il a signée, avant d’en donner lecture en Français et en Bamanan, en face de la camera. Après cette déclaration, il a été ramené chez lui. Son domicile et sa famille continuaient d’être sécurisés jusqu’à la nomination d’un nouveau Premier ministre. A partir de la nomination de son successeur, Cheick Modibo Diarra est libre de tous ses mouvements.

B. Daou

 

SOURCE:  du   12 déc 2012.    

58 Réactions à Démission du premier ministre Cheick Modibo Diarra : Le film des événements

  1. BMakan

    Lisez ce court article de Jeune Afrique. On y apprend que Blaise veut imposer l’idee d’une »autonomie avancee pour les Touaregs ». C’est la preuve que la France qui pretend etre contre »l’independance » ou »l’autodetermination » joue sur les mots. Elle n’a en realite jamais abandonne l’idee de partition du Mali et elle entend y arriver par etapes en accordant d’abord une autonomie, c’est-a-dire une independance deguisee.
    Maliens, voila le vrai probleme auquel vous devez faire. On veut amener le peuple malien a »recuperer le Nord » pour le remettre au MNLA ou, par le jeu des »negociations » et des »concessions » qu’on va declarer »necessaires », amener le Mali a ceder volontairement le Nord.
    Il ne faut jamais cesser de le repeter car c’est le vrai defi (pire que la guerre) auquel les Maliens doivent faire face: ACCORDER L’AUTONOMIE AU MNLA. C’est l’enjeu de ces pretendues negociations qui consistent en realite a amener le Mali a »faire des concessions » dans ce sens. Piege dans lequel il est facile de tombrer pour ne pas paraitre »extremiste ».
    Voici l’article de Jeune Afrique:
    »
    Crise malienne : des discussions, vraiment ?
    MNLA(261) – ansar eddine(236) – médiation(216) – Nord Mali(198)
    12/12/2012 à 19h:05 Par Jeune Afrique
    Le président burkinabè Blaise Compaoré (2e à droite), le 3 décembre à Ouagadougou. © AFP
    Au Mali, les discussions entre Touaregs, islamistes et indépendantistes sont encore loin d’aboutir. Ansar Eddine, par exemple, n’a notamment pas l’intention de renoncer à appliquer une charia « light » dans la région de Kidal.
    La médiation burkinabè souhaiterait faire valider par les Maliens l’idée d’une « autonomie avancée » pour les régions du Nord, puis mettre en place rapidement une cellule de réflexion à ce sujet. Encore faut-il au préalable que les autorités maliennes accordent leurs violons. Et que Touaregs, islamistes et indépendantistes parviennent à s’entendre sur une plateforme commune. Ce qui semble relever de la gageure, tant sont vives les rivalités tribales et les querelles d’ego. Ansar Eddine, par exemple, n’a pas l’intention de renoncer à appliquer une charia « light » dans la région de Kidal. Encore moins de laisser le MNLA parler au nom de « tous les enfants de l’Azawad ». Bref, le bout du tunnel est encore loin.
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  2. bacary

    ce fils de pute est entrain d’enfoncer le mali dans une crise sans precedent ou sont les descendents de soundiata keita je ne reconnais plus ce peuple courageux et plein de dignite le mali n’est plus le mali

  3. Tiefari

    Je peur pour mon pays,Quand on ecoute bien les déclaration de sanogo un militaire,il y a de quoi s’inquieté,qu’Allah sauve le mali

  4. service local

    Ce pays est deja vendu……