ABDOUL TRAORE DIT DIOP:DEUXIEME EPITRE AUX DEMOCRATES

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J’aimerais commencer ce nouveau message par une petite histoire. Une histoire qu’aimait beaucoup raconter Billy Graham, ce grand évangéliste américain pendant ses campagnes d’évangélisation. Il s’agit, disons, de la parabole de l’enfant à la main coincée dans un bocal.
Un gosse se prit donc un jour la main dans un vase de très grande valeur. Et malgré tous les efforts de la famille pour la libérer, la main resta solidement coincée. Tout en se demandant ce qui pouvait emprisonner cette main dans le vase, son père, en désespoir de cause, lui dit : « Ecoute, mon fils, ouvre ton poing, serre tes doigts les uns contre les autres, étends-les tout droit comme çà et essaie de sortir la main ». L’enfant répondit : « Tu plaisantes, Papa ! Si j’ouvre ma main, je vais perdre la pièce de dollar que je tiens là dans ! ».
La plupart de nos partis politiques vivent exactement la même situation que cet enfant. Ils sont prisonniers d’une situation absurde dans laquelle ils se sont fourvoyés eux-mêmes : celle de renoncer à leur mission première, l’animation politique, au profit d’un homme qui se dit résolument indépendant, même s’il aime rappeler à l’occasion qu’il est un soldat (statut auquel il a pourtant renoncé en se portant candidat aux présidentielles).
Le Mali vit dans un désert politique. Et c’est ce que le Manifeste pour la Démocratie a dénoncé.
Et c’est ce que bon nombre d’entre vous ont compris, en vous engageant en toute liberté pour porter le nombre de signataires à plus de 800 personnes aujourd’hui et en créant déjà une dizaine de Comités ADJ à travers le territoire.
Je dis bien désert politique, même si, paradoxalement, nous avons plus d’une centaine de partis politiques qui pullulent sur la place publique. Mais, au risque de me répéter, je dis que de par leur abdication bassement monnayée, ils ont autant d’efficacité qu’un eunuque dans un harem de jeunes filles vierges.
Et partant, il faudra bien qu’ils sortent de cette impasse, les partis politiques.
D’abord parce qu’ils croient tous tenir le bon bout, le pactole, alors qu’en fait, ils ne tiennent que des miettes, l’essentiel étant dans les mains des indépendants du Mouvement Citoyen et dans les mains de quelques-uns de leurs barons défroqués dont le contrôle leur a échappé depuis belle lurette. Oui, l’essentiel est ailleurs et c’est bien pourquoi la majorité d’entre eux ne se donnent même plus la peine d’intervenir dans les affaires de la Nation, même quand elles sont aussi cruciales que la rébellion du Nord !
Ensuite, parce qu’ils risquent fort de se voir infliger une correction électorale sans précédent. A force de tromper le pouvoir et de tromper leurs militants, nombre d’entre eux ne se rendent même pas compte que leurs bases leur échappent jour après jour. Le pouvoir peut bien nouer toutes les alliances imaginables, mais il risque fort de ne se retrouver qu’avec des liasses de monnaie de singe, car rien ne garantit que les militants suivront les états-majors.
Enfin les partis politiques sont sommés par leur conscience de se libérer de cette servitude parce que certains se sont sacrifiés en Mars 1991 pour que eux, ils puissent exister librement aujourd’hui. Le Carré des Martyrs à Niaréla n’est pas un cénotaphe érigé pour les besoins d’un film de mauvais goût. C’est pour rappeler à tous le chemin de l’honneur et le sens de l’engagement d’un peuple. Et maintenant, j’aimerais terminer par cette citation que notre compatriote Dialla Konaté, brillant intellectuel officiant aux USA a fait sienne: la différence entre votre passé et votre futur, c’est ce que vous êtes en train de réaliser maintenant.
Faites passer ce mot à vos familles politiques et à vos concitoyens!
A très bientôt!
       Abdoul Traoré dit Diop. 
Président de
L’Association
Démocratie et

 Justice (ADJ).

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