Démocratie et Consensus Politique : Le réquisitoire d’IBK

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Les rideaux son tombés, dimanche soir, sur les travaux de la deuxième conférence du Rassemblement Pour le Mali. Deux jours d’affilée, les tisserands sont parvenus à accorder les violons sur les perspectives politiques du parti avec en ligne de mire la participation effective aux consultations électorales de 2007.
La conférence nationale des tisserands a vécu. Dimanche dernier, au centre international de conférence de Bamako, sous la présidence de l’honorable IBK, président de l’Assemblée nationale, devant un parterre d’invités dont les présidents de plusieurs partis : RDR, COPP, CNID, MPR, RDS et des représentants politiques : Pdj, Fama Copp, Usrda, Adéma et Urd, le RPM a pris d’importantes résolutions politiques les unes aussi déterminantes que les autres pour son avenir immédiat. C’est dans une ambiance festive que le secrétaire politique du parti, Bakary Koniba TRAORE a livré aux conférenciers la résolution de la commission politique, économique et socioculturelle, adoptée en plénière. Cette commission a été dirigée par Seydou Nourou KEÏTA et le même Bakary pionnier.
Des recommandations tranchantes
A ce titre, et après avoir examiné les résolutions de la conférence du 28 décembre 2003, le rapport du BPN sur la situation politique marquée par le consensus politique, le déni du fait partisan, la violation de l’égal accès aux médias publics et plusieurs autres dispositions légales, il a été retenu la volonté du parti de participer et d’être candidat aux élections générales de 2007dont la présidentielle et les législatives. Selon les conférenciers, le contexte démocratique national est caractérisé par la marginalisation et la réduction du rôle et de la place des partis politiques, la violation du champ politique par les associations et organisations n’ayant pas aucun statut de parti politique, la gestion des derniers événements survenus à Kidal et Menaka le 23 mai 2006, la détérioration continue du pouvoir d’achat des populations maliennes, les privatisations des sociétés entreprises d’Etat et leurs conséquences sur les travailleurs, le démarrage inquiétant de la campagne agricole 2006 – 2007, la pauvreté qui touche la majeure partie de la population malienne, la persistance du chômage et des problèmes d’accès à l’éducation, l’eau et la santé, en dépit des efforts entrepris.
Les délégués de la conférence nationale recommandent donc au Bureau politique national du PRM une série d’actions parmi lesquelles l’organisation d’un congrès d’investiture, la formation des cadres électoraux, la meilleure animation de la vie politique du parti, l’organisation d’assises locales, la réalisation d’alliances politiques plus crédibles, l’élaboration des registres de militants et la vulgarisation de l’accord d’Alger et de son contexte.   
En ce qui concerne les finances du parti, il a été décidé d’assainir la gestion des ressources et des biens, encourager les initiatives génératrices de revenus, la perception des droits d’image, des dons et cotisations. Le Rpm s’est plaint des chantages orchestrés par l’Etat autour de l’aide légale aux partis et d’une démocratie factice. 
Force de propositions
En outre, il est demandé au gouvernement de faire respecter la charte des partis et l’article 28 de la constitution, d’actualiser le répertoire des villages et fractions du Mali et le fichier électoral, le respect des droits relatifs à l’accès aux médias publics. Au plan économique, le conclave des tisserands recommande la promotion et le développement du secteur privé, la création d’une structure de promotion des exportations, la promotion des produits made in Mali à l’extérieur, la moralisation des marchés publics et la promotion des entreprises nationales, la meilleure gestion des finances publiques, une meilleure coordination et une plus grande efficacité de l’aide au développement.
Au plan socioculturel, il a été recommandé de mettre en place un cadre réglementaire pour une gestion durable des ressources naturelles, l’élaboration des stratégies visant à réduire dans tous les domaines les inégalités dans les relations homme-femme, coordonner les actions des différents intervenants dans le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté en créant une structure de contrôle et de suivi du programme, encourager la création d’organismes d’autopromotion féminine, promouvoir la création de coopératives multifonctionnelles pour les jeunes, les personnes âgées et développer une véritable politique d’organisation des personnes handicapées et leur insertion dans la production. Sur le plan de l’éducation, le Rpm demande à l’Etat d’opérer des reformes de l’enseignement en profondeur tout en préservant les acquis des reformes antérieures. Il s’agit entre autres d’adapter la formation aux besoins du marché de l’emploi, améliorer rapidement la qualité de l’enseignement, créer un cadre approprié pour l’apprentissage dans tous les secteurs de l’éducation, promouvoir la recherche scientifique et promouvoir les langues nationales en leur donnant une place de choix dans tous les segments de l’enseignement. Au titre de l’emploi, il s’agit d’encourager la formation professionnelle en lui réservant une place privilégiée, organiser un débat national autour de la question cruciale de l’emploi.
En qui concerne le domaine de la santé, le Rpm recommande de proposer aux populations maliennes un vaste chantier de réformes en prenant en compte les acquis du PRODESS et des soins de qualité à travers une bonne répartition d’un personnel qualifié et compétent sur toute l’étendue du territoire national, mettre l’accent sur la santé de la mère et l’enfant dans le système sanitaire malien, loger les fonds des divers programmes de lutte contre les pandémies telles que le VIH SIDA, la tuberculose etc. dans le budget programme du ministère de la Santé ainsi que la relecture et l’application effective de la loi hospitalière. 
En matière de solidarité, il a été souhaité l’institution d’un système pérenne et la mise en place d’un chantier d’élaboration de programmes de sécurité sociale. Quant à la culture, il a été recommandé de revaloriser le patrimoine culturel malien en lui donnant tout son contenu et en tenant compte des autres cultures des pays voisins avec lesquels le Mali partage un héritage culturel très riche et d’adopter une politique culturelle basée sur la réhabilitation des valeurs authentiques et des us. 
Un engagement ferme
Dans son allocation de clôture, le président du parti s’est réjoui du déroulement général des travaux sur les sujets relatifs à la revue des structures, la relecture du projet de société du RPM, l’analyse approfondie de la situation politique, économique et sociale de notre pays jusqu’à la redondante question du financement du parti. Ibrahim Boubacar KEÏTA juge les résolutions comme importantes en attendant le prochain congrès du parti.
Pour IBK, le Rpm peut être fier, mais sans publicité, de gagner chaque jour la confiance des Maliens, mais a-t-il prévenu " il est certain que nul ne saurait nous reprocher de préserver dans le climat d’intolérance exacerbé qui prévaut actuellement, des identités dont l’efficacité pourrait en souffrir. Nous ne sommes pas des bateliers de foire. "
En commentant la position du parti par rapport à l’accord d’Alger, le président du parti a indiqué que loin des fadaises racontées par ci par là, le Rpm est pour la paix, mais dans l’unité nationale et dans un Etat renforcé et non disloqué. Etait-il nécessaire pour lui de rappeler sa carrière dans les organisations internationales du nord Mali. Et d’ajourer que " ces populations et leurs leaders savent notre attachement à l’honneur et au respect scrupuleux de nos engagements."
Selon le président du Rpm, " un Etat digne de ce nom, un Etat qui a prétention à la qualité d’Etat de droit a des obligations de conformité à l’objet. Le premier et incontestable devoir de l’Etat de droit, c’est un truisme, le respect scrupuleux de la loi. La première des lois, celle qui fonde toutes les autres, c’est la Constitution. Tout acte posé non conforme à la Constitution est une simple violation de la loi fondamentale. C’est tout ! D’éminents juristes, au courage certain et à l’honnêteté intellectuelle non incontestable, l’ont dit de la plus belle des façons ». Pour IBK, " Tout homme est faillible et nul ne détient la vérité en dehors de Dieu ». En évoquant l’enjeu politique des élections générales de 2007, le président du Rpm a promis aux délégués de faire participer le parti aux différentes joutes politiques dans le respect de ses engagements avec le peuple malien.  
Des motions de soutien et de remerciement ont été décernées au BPN, au président du parti et au groupe parlementaire Rpm/Rdt.  

Par Ibrahim SANGALA

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