VISITE DU PRESIDENT CHAVEZ A BAMAKO: Audace et pragmatisme au service du peuple

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Ce que d’aucuns ont appelé une escale technique de la délégation du président Hugo Chavez FRIAS à Bamako s’est révélé être un véritable challenge d’opportunités et un pont fructueux de coopération bilatérale entre le Mali et le Venezuela.
 
Arrivé à deux heures du matin ce mercredi, le président de la République du Venezuela s’est envolé hier après-midi pour le Bénin. Auparavant, le leader de la révolution sud-américaine a eu un double tête à tête avec le président de la République du Mali en compagnie duquel il s’est rendu au siège de la BMS-SA et sur le site des logements sociaux de Yirimadio. Les deux personnalités on approuvé un cadre de coopération portant sur plusieurs domaines socio-économiques.
5 milliards dans la corbeille de la BMS 
Le président CHAVEZ est l’adepte d’un modèle économique endogène pour les pays pauvres, complètement déconnecté du modèle capitaliste marqué par l’impérialisme politique étranger et la domination économique et financière des multinationales qui font et défont les présidents des pays pauvres du monde comme ceux d’Afrique. Or, la banque malienne de solidarité est une institution qui pourrait répondre au souci de la vulgarisation de l’accès au financement. Le Venezuela y avait déjà apporté un appui de près de 250 millions de FCFA. Voilà qui a justifié la visite du leader venezuelen hier dans cette banque en compagnie de son homologue malien, Amadou Toumani TOURE. Là ils ont eu droit à une visite guidée des services et à une séance de témoignage des bénéficiaires de la coopération entre la BMS et l’assistance venezuellenne. 
Dans son propos de circonstance, le ministre de l’économie et des finances, Abou Bakar TRAORE, a indiqué que la création de la BMS a répondu au souci d’élargir le servie bancaire aux revenus faibles et mettre la disposition des réseaux de microfinance des ressources de refinancement. Pour se rapprocher de la population, la banque a ouvert des agences à Kidal, Sikasso et Mopti. 
Abondant dans le même sens, le PDG de la BMS-SA, Babaly BA, a souligné la prépondérance du rôle de la banque dans la lutte contre le chômage des jeunes et la pauvreté, mais aussi pour la promotion économique des groupes défavorisés dont les femmes en priorité. La BMS, a-t-il indiqué avec un capital de 2,305 milliards de FCFA, pratique des taux d’intérêts bas de l’ordre de 7 à 13%. Propreté des institutions de la microfinance à 70% e à 20% pour l’Etat, son agrégat crédit est de 18.500.000.000 FCFA avec un total crédit de 13 milliards de FCFA et un résultat de 300 millions de FCFA. En outre, la banque, qui a intégré le financement des commerçants détaillants, perçoit annuellement une subvention publique de 500 millions de FCFA. Le PDG BA a tenu à indiquer que la BMS n’a jamais reçu de ligne de crédit extérieur pour disposer d’une ressource longue.
Dans l’unique témoignage qui a été donné sur les trois prévus (Piyeli, Canef et Sudu Diawdi), la directrice de Piyeli a précisé que sa coopérative solidaire a reçu 800 millions de la BMS dont les 300 millions de FCFA de ressources longues soustraits de l’appui du Venezuela.
Le modèle Chavez
Le président CHAVEZ a promis de faire ouvrir une ligne de crédit de l’ordre de 5 milliards de FCFA pour la BMS SA au niveau de la Banque vénézuélienne de développement. Le président CHAVEZ, dans une intervention très ovationnée, a loué les qualités de leadership du président malien avant de rappeler l’unité entre les peuples d’Afrique et ceux d’Amérique du Sud. Une unité qui doit permettre aux pays pauvres de cet ensemble de décoller s’ils choisissent de ne pas mouiller dans l’enfer des multinationales, de l’impérialisme, du FMI et de l’aide au développement. A moins qu’ils s’en débarrassent à temps pour ne pas avilir davantage les populations.  
Depuis son élection en 1998, Hugo CHAVEZ met en œuvre des réformes socio-économiques dans son pays. Disposant d’une manne financière générée par la production pétrolière et gazière nationalisée, le président vénézuélien a déclenché une véritable révolution sociale basée sur l’économie populaire et qui a remarquablement amélioré le niveau de vie la population en quelques années. Profitant de la croissance économique la plus élevée d’Amérique latine avec 17,9% en 2004 et 9,4% en 2005, Chavez a créé le Fonden, un fonds spécial destiné à financer les programmes sociaux, auquel l’entreprise pétrolière d’Etat PDVSA contribue à plus de 5 milliards de dollars par an. En 2004, plus de 13 milliards de dollars ont été exclusivement destinés aux programmes sociaux. Une Banque du peuple a vu le jour depuis 6 ans parallèlement avec une banque des femmes, un fonds d’appui à la microfinance et une banque populaire avec des agences dans tous les communes et tous les quartiers urbains.
L’engagement de CHAVEZ contre la pauvreté est né du constat effarant qu’il avait effectué le 2 février 1999 lors de son investiture à la présidence : ce sont les pays et les entreprises étrangères qui profitaient des ressources de son pays à la place des citoyens vénézuéliens. A l’époque, 77% de la population vénézuelienne vivait dans la pauvreté, alors qu’elle résidait dans le pays le plus riche d’Amérique latine en terme de ressources naturelles, habité seulement par 26 millions d’habitants. Pour éliminer les problèmes de malnutrition, le gouvernement a créé en septembre 2004 des magasins alimentaires, dénommés Mercal, dont les articles sont subventionnés par l’Etat à hauteur de 30%. Au niveau de l’éducation, la Mission Robinson a été lancée afin d’amener l’ensemble de la population à atteindre le niveau du collège. A cela s’ajoutent les Missions Ribas et Sucre qui ont permis à plusieurs dizaines de milliers de jeunes adultes d’entreprendre des études universitaires. En 2006, 20 nouvelles universités ont été inaugurées à travers le pays et 60 autres sont prévues d’ici à la fin de l’année. Au niveau de la santé, le Système national public de santé a été créé afin de garantir l’accès gratuit aux soins à tous les Vénézueliens. Au niveau du logement, les autorités ont entrepris une politique de grands travaux avec la construction massive de nouveaux habitats destinés aux couches populaires avec 150 000 logements par an. D’où sa visite sur le site de Yirimadio hier midi.
En parallèle à son ambitieux programme social, le gouvernement n’hésite pas à affronter les problèmes de société, telles que la corruption et la bureaucratie. M. Hugo Chavez a exhorté la population à mettre un terme à ces deux fléaux, en choisissant la voie du socialisme. " En suivant le chemin du capitalisme, il est impossible d’atteindre le bonheur général », a-t-il professé. Le Venezuela vient de signer un accord pétrolier avec près de 151 mairies du Nicaragua. Une entreprise mixte vénézolano-nicaraguayenne se chargera d’importer et de distribuer du pétrole au Nicaragua afin de mettre fin aux nombreuses pénuries de combustible qui affectent la population pauvre. L’accord prévoit un paiement de 60% du prix du pétrole dans un délai de 10 jours et les 40% restants seront étalés sur une période de 25 ans.
En ce qui concerne notre pays, CHAVEZ a émis le vœu de la mise en place d’une société mixte pour l’industrie pétrolière au Mali ainsi que l’importation de la totalité de la consommation nationale en hydrocarbure à prix réduits (-20 à -30% du tarif actuel). La formule envisagée par le leader vénézuélien est de consacrer les 100 millions de dollars de ce flux pétrolier aux programmes socio-économiques et éducatifs du Mali avec un échéancier de remboursement étalé sur plus de 20 ans. 

Par Ibrahim SANGALA        

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