Discours de SEM Mohamed Moncef MARZOUKI, President de la Republique de Tunisie, a l’Assemblée Nationale du Mali à l’occasion de sa visite de travail et d’amitié au Mali

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Discours de SEM Mohamed Moncef MARZOUKI, President de la Republique de Tunisie, a l'Assemblee Nationale du Mali à l'occasion de sa visite de travail et d'amitié au Mali

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les représentants du peuple Malien frère,

السلام عليكم ورحمة الله وبركاته

La Tunisie, de par son histoire et sa géographie est au croisement de trois espaces culturels politiques et économiques.

Elle est à la fois Méditerranéenne, arabo-musulmane et Africaine.

C’est cette Tunisie africaine qui vient aujourd’hui à vous,clamant haut et fort son attachement à son africanité, réitérant sa décision de s’intégrer pleinement dans son espace africain et de profiter de cette chance négligée voire méconnue par une dictature sans vision.

Comme vous le savez la Tunisie a dû se soulever en Décembre 2010 pour pouvoir construire un Etat démocratique et une société libre.

C’est cette Tunisie démocratique qui affirme ici même dans ce haut lieu de la démocratie malienne et africaine, son soutien indéfectible à vos efforts pour avancer dans la construction de l’Etat démocratique et d’une société libre.

La Tunisie, mes chers frères et sœurs est un pays pacifique, modéré et ouvert qui accueille sans problèmes sur son sol près de deux millions de Libyens, quelque six millions de touristes, de plus en plus d’étudiants, de patients et de visiteurs venus des pays subsahariens dont le Mali.

C’est ce pays fraternel qui vient aujourd’hui vous dire par la bouche de son président et de citoyens qui l’accompagnent qu’il veut nouer avec vous Maliens les relations les plus solides, les plus pérennes et les plus utiles aux deux parties.

Mesdames et Messieurs,

La Tunisie achève la période transitoire qui a suivi la mise à bas de la dictature et le triomphe de la révolution du jasmin, la révolution du 17 décembre 2010, celle- la même qui a initié le printemps arabe.

Cette période fût et reste complexe et difficile. Mais le plus dur est derrière nous. Nous avons maintenu la cohésion nationale par le dialogue constant. Nous avons écrit une constitution consensuelle. Nous avons créé les institutions indépendantes chargées de superviser les élections, le secteur audio-visuel, la justice pénale, la justice transitionnelle et la constitutionnalité des lois. Nous mettons les dernières touches aux dates des élections législatives et présidentielles. Tout ce processus de la construction de l’Etat démocratique sera achevé dès la fin de l’année en cours.

Sur le plan sécuritaire, nous avons fait face surtout en 2013 à une véritable offensive terroriste s’en prenant à nos hommes politiques, à nos soldats et à nos agents de sécurité.

Une grande partie de cette menace terroriste est liée aux conflits hors de nos frontières mais une autre est profondément ancrée dans l’état de dénuement social et économique d’une partie de la jeunesse laissée à l’abandon par une dictature soucieuse seulement de son avenir à elle.

Les diverses crises politiques ont pu être maîtrisées grâce à la sagesse de notre classe politique. la crise sécuritaire a pu être maîtrisée grâce au courage et aux sacrifices de nos forces armées et de sécurité intérieure.

Reste le troisième défi auquel nous sommes confrontés : Faire tourner la machine économique à plein rendement pour donner à nos jeunes le travail qu’ils réclament et à notre peuple un niveau de vie décent, sans lequel les libertés démocratiques ne seraient qu’un privilège de plus pour les nantis.

Qui donc mieux que nous Tunisiens, peuvent comprendre les difficultés que vous rencontrez puisque vous êtes d’une certaine façon dans une étape transitoire faisant face aux mêmes défis politiques, sécuritaires et économiques.

Laissez-moi ici affirmer haut et fort mon entière confiance dans le Mali et ma foi profonde en sa capacité à faire face dignement et courageusement à ces difficultés qui sont et resteront toujours le lot des hommes et des peuples surtout quand ils s’attachent à réaliser les œuvres les plus grandes.

Nous sommes deux peuples, deux Etats amis car nous partageons les mêmes positions, les mêmes valeurs et le même attachement à la démocratie ainsi que le même projet d’une Afrique libre, prospère et digne.

C’est donc mon devoir de renouveler solennellement le soutien total de la Tunisie à un Mali uni, souverain et en paix et sa condamnation absolue de toutes les actions terroristes visant à saper sa stabilité, sa souveraineté et son intégrité territoriale.

Je saisis cette occasion pour féliciter le président Ibrahim Boubaccar Keita et tous les acteurs politiques pour la consolidation du processus démocratique, la recherche incessante de la concorde civile, la mise en place de la commission vérité, justice et réconciliation. Nous appuyons de toutes nos forces les efforts consentis pour amener le différentes composantes de la société malienne à trouver un consensus national assurant la paix , la stabilité et le développement dans le cadre d’un pays uni, riche de ses différences et reconnaissant à toutes ses composantes les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Pour nous Tunisiens qui ne doivent la réussite de leur période transitoire qu’au dialogue national, ce dernier reste l’alpha et l’oméga de toute démarche politique responsable capable de régler les différends les plus complexes.

Dans ce contexte, je réitère le soutien total de la Tunisie à la mise en œuvre du plan de relance durable du Mali initié par la communauté internationale à la conférence de Bruxelles le 15 mai 2013.

Sur le plan des relations économiques, la commission mixte tenue du 15 au 17 juillet 2010 a identifié un certain nombre de créneaux de coopération qu’il convient de renforcer et ce dans le domaine de la formation professionnelle, de l’infrastructure, de l’évacuation sanitaire, du transport aérien, de la création de sociétés mixtes, de l’environnement et de l’agronomie.

Je reviens aujourd’hui avec, une centaine d’hommes et de femmes d’affaires du secteur privé, venus explorer avec leurs homologues maliens les possibilités d’aventures communes au service de nos deux peuples. Permettez – moi en cet instant où ils sont en négociation de leur souhaiter bonne chance et bonnes affaires.

Mesdames et messieurs,

Nos deux pays se sont retrouvés après nos indépendances respectives.

Mon frère le président Ibrahim Boubaccar Keita est venu partager avec nous le 7 février 2014 notre joie lors de la célébration de l’adoption de notre constitution.

J’étais déjà venu partager la vôtre lors de son intronisation le 19 septembre 2013.

Nous poursuivons ainsi les relations entre nos deux pays qui remontent aux relations entre le Maghreb et le glorieux empire du Mali.

De part et d’autre du Sahara, les échanges en tout genre n’ont jamais cessé pour le meilleur et pour le pire.

Nous sommes les continuateurs de cette tradition de contacts et d’échanges, avec tout ce que l’histoire charrie de force et de faiblesse, de grandeur et de petitesse , de bien et de mal.

C’est à nous de maîtriser les terribles forces qui nous agitent pour que les rapports entre Africains subsahariens et Africains maghrébins soient lessivés des peurs, des préjugés et du mal –entendus.

C’est à nous par un effort conscient et libre de les porter au plus haut niveau d’humanité et qu’ils soient basées sur le respect, le partage et la fraternité.

Cette coopération fraternelle que nous sommes venus continuer, approfondir et diversifier est d’autant plus facile que nous avons en commun beaucoup plus de choses que nous croyons.

Nous partageons l’honneur d’appartenir au continent qui est le berceau de l’humanité.

Nous appartenons à un même espace géographique subissant les mêmes menaces climatiques.

Nous partageons les mêmes défis sécuritaires puisque nous faisons face aux violences de groupes armés qui s’en prennent à nos valeurs, au système démocratique que nous avons librement choisi.

Nous appartenonsà la même culture musulmane. Nous croyons au même Islam : celui de la modération et de la tolérance.

Nous partageons une langue que l’écrivain algérien Kateb Yacine a qualifiée de butin de guerre et que je qualifie moi de butin de paix à savoir la langue française. Cette langue nous permet de partager avec d’autres peuples un grand espace d’échanges : l’espace francophone.

Nous partageons les mêmes soucis, difficultés et projets pour développer nos économies et offrir à nos jeunes et moins jeunes des vraies perspectives.

Voilà pourquoi le Mali peut compter sur la Tunisie et pourquoi la Tunisie peut compter sur le Mali

Mesdames et Messieurs,

Comme je l’ai déjà dit Je suis déjà venu le 19 septembre 2013 pour assister à l’intronisation de mon frère le président Ibrahim Boubacar Keita.

Aujourd’hui, c’est ma deuxième visite dans votre pays.

Jamais deux sans trois comme dit le proverbe et je rêve déjà d’une troisième visite où les contraintes de la politique seraient mises de côté ce qui me permettrait d’assouvir ma curiosité de ce lieu mythique qu’est Tombouctou ,de me remplir l’âme de cette musique malienne si envoûtante et qui a conquis le monde , de mieux connaître cette culture si riche qu’est la culture Dogon et les autres cultures de ce pays si vaste , si complexe et si beau qu’est la Mali , pays à l’image du monde ….Plein de toutes les promesses et inépuisables.

Permettez- moi de conclure en vous transmettant les vœux de bonheur et de réussite de la part de votre peuple frère, le peuple tunisien …les salutations de vos collègues les membres de l’Assemblée nationale constituante ….la volonté du gouvernement de tout mettre en œuvre pour promouvoir une saine et pérenne coopération entre nos deux pays.

Vive Le Mali !

Vive la fraternité tuniso-malienne !

Vive l’Afrique !

Présidence de la République du Mali

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2 COMMENTAIRES

  1. Pour apprécier la positivité, il faut malheureusement connaitre la négativité,
    c’est le cas du Mali actuellement.
    Il ne faut pas vous sous-estimé !
    Le Mali s’est fait trahir dans tous les sens,
    les groupes armés n’ont pas été désarmés ect… la liste est longue…
    Il faut soutenir l’armée, IBK et son gouvernement !
    Car le problème n’est pas l’homme (IBK) !
    Quel qu’il soit à cette place, la situation est difficile…
    Il faut trouver des solutions pour l’aider au lieu de cracher son venin sur lui !
    C’est toujours plus facile de critiquer que de trouver des solutions !
    C’est toujours plus facile de faire le mal que de faire le bien !
    Tout le monde sait parfaitement que tenir tête aux serpents colons est se faire des problèmes !

  2. Ceux qui viennent fomenter des rebellions au Mali et en Afrique
    doivent etre condamnes par le monde Entier.

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