Dr Cheick Modibo Diarra en tournée dans la région de Mopti : “Nous voulons bâtir le Mali de Kurukan Fuga”

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C’est au pas de charge qu’une forte délégation du bureau politique du Rassemblement pour le Développement du Mali (RPDM) conduite par son président, le docteur Cheick Modibo Diarra, a visité plusieurs localités de la cinquième région. Il s’agit de Nènè, Mopti, Konna, Douentza, Bandiagara et Koro. C’était une tournée de prise de contact avec les populations en vue de préparer les élections générales de 2012. Sans entrer dans les détails, partout où il est passé, le candidat du RPDM a ébauché son projet  de société qui a été bien accueilli par ses hôtes en cela qu’il comporte certaines innovations mais surtout qu’il est essentiellement orienté vers le développement du monde rural. On n’avait jamais vu un politicien malien s’intéresser de si près au sort des pauvres paysans de la brousse.


Porté il y a tout juste un an sur les fonts baptismaux le Rassemblement pour le Développement du Mali (RPDM) du navigateur interplanétaire Cheick Modibo Diarra se veut plus que tout autre parti du Mali, le parti des masses laborieuses tout comme le PCUS était dans l’ex-Union Soviétique le parti des ouvriers et des paysans.


 D’abord son emblème constitué du grenier et de la vache montre que sa priorité porte sur le développement du monde rural.
 Ensuite l’essentiel du discours de son chef est axé sur le travail de la terre dans l’optique d’atteindre l’autosuffisance alimentaire pour le Mali.
 En fait depuis un certain temps et sans que ses compatriotes s’en rendent compte, le spationaute avait quitté l’univers ténébreux du cosmos pour atterrir sur la terre dans un objet volant non identifié en distribuant gratuitement des tonnes d’engrais et de semences de maïs améliorées aux paysans de 200 villages du Mali.


Seulement la mauvaise pluviométrie de l’hivernage dernier n’a pas permis d’atteindre les résultats escomptés dans certaines zones pendant que l’expérience a été concluante dans d’autres. Qu’à cela ne tienne, elle est jugée satisfaisante et les agriculteurs demandent au "farmer" Modibo Diarra de leur donner en plus du maïs des semences de riz pour la prochaine saison des cultures.

Un programme en cinq points

Au cours d’une tournée de cinq jours qu’il vient d’effectuer du 20 au 24 janvier dans la région de Mopti, ce dernier n’a jamais fait mystère de son ambition de sortir le monde rural de la misère sous le poids de laquelle il croule au quotidien.
 De Mopti à Koro en passant par Douentza, Konna, Nènè et Bandiagara, il a présenté sommairement, sans entrer dans le détail, le projet de société qu’il compte soumettre au peuple malien pendant la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2012.
 Ce projet repose sur cinq piliers essentiels.  Il s’agit, en premier lieu, de la modernisation de l’agriculture afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire pour le Mali avec un surplus exportable vers les pays voisins.


Un sac vide ne tient pas débout mais quand le ventre est plein il faut être en bonne santé pour gagner son pain à la sueur de son front.
 C’est pourquoi l’accessibilité des populations aux soins de santé primaires sur toute l’étendue du territoire national même en cas d’intempéries vient en seconde position dans ce projet de société.


 En troisième lieu Jules Ferry avait coutume de dire qu’après le pain vient l’éducation. Sachant cela et en temps qu’homme imbu de savoir, le docteur Cheick Modibo Diarra veut sortir le peuple malien des ténèbres en donnant à ses enfants une éducation de qualité.
Cela passera nécessairement par la scolarisation obligatoire et gratuite des enfants âgés de cinq à quinze ans.
 Fort bien car Nelson Mandela a dit qu’une nation qui lit est une nation qui gagne. Il faudra ensuite passer au développement des infrastructures surtout routière pour que plus jamais aucun coin du Mali ne soit coupé du reste du pays et pour favoriser les échanges internes.

Koro: Des laissés pour compte

A cet égard le sort de Koro est très pathétique. Zone excentrée par rapport à la capitale régionale, Koro est situé à 100 km de Ouahigouya en territoire burkinabé.
On y aboutit à partir de Bandiagara par une route cahoteuse capable d’ereinter un  véhicule et qui n’en finit de finir d’être bitumée.
 Ici on est en plein rallye de la vallée du Bandama où il faut bien se tenir pour ne pas vomir à chaque soubresaut chaotique, le contenu de sa panse.
Pire encore, on nous a dit que depuis son investiture en juin 2002, le chef de l’Etat malien n’a jamais foutu le pied dans la localité.
 Aussi n’est-il guère étonnant que le 21 janvier dernier, profitant du passage de la délégation du RPDM, le chef de village de Koro, ait bondi sur l’occasion pour faire cette déclaration fracassante : "nous, on se demande si Koro appartient au Mali ? ou au Burkina Faso. Nous avons quatre députés à l’Assemblée nationale mais quelle sera la place de Koro dans le nouveau Mali. Nous avons toujours faim après 50 ans d’indépendance. Trop de choses ont été dites mais on n’a rien vu. Nous cherchons un homme providentiel qui puisse nous sortir de l’ornière" Propos en l’air de desperados qui se considèrent comme des  laissés pour compte ?


 En tout cas, il ressort des confidences de Cheick Modibo Diarra que Koro est une zone à haute potentialité agro-pastorale qui ne demande qu’à être mise en valeur. Aide-toi donc, le ciel t’aidera.


Le cinquième pilier du projet de société du candidat du RPDM à l’élection présidentielle de cette année porte sur la reforme de l’administration.
 Il veut aller au bout du "Kokajè" prôné mais jamais mené par les barbudos de la révolution inachevée du 26 mars 1991. Si ceux-ci continuent même 20 ans après de laver ocre lui, il veut laver blanc comme neige même s’il faut pour cela vider toutes les usines barikatigui du Mali.
L’assainissement des mœurs des agents de l’Etat passe par une lutte acharnée contre le "Youroukou youroukou", la  corruption, le favoritisme.

Electrifier toutes les villes du Mali grâce au sable

L’homme de la NASA est également préoccupé par la situation qui prévaut au nord Mali. A chaque étape il a déclaré que "la sécurité du Mali n’est pas l’affaire du seul gouvernement ni de la seule armée nationale. C’est l’affaire de tout le peuple malien. Nous devons tous nous mettre débout comme un seul homme pour défendre l’intégrité du territoire national" Son trait de génie apparaît surtout lorsqu’il parle de transformer le sable en panneaux photovoltaïques pour éclairer toutes les villes du Mali. A preuve, toutes les installations de la NASA sont alimentées par des batteries solaires. Or le Mali n’achète pas le sable qui coule à flot le long des berges de tous les cours d’eau du pays. Ici aussi le soleil est gratuit pendant que d’autres courent derrière ses rayons pendant les vacances aoutiennes. En plus c’est une électricité moins chère que l’éclairage traditionnel. Sans électrification des villes et des campagnes du Mali pas de développement. Lénine l’a compris dès le lendemain de la révolution d’octobre 1917 en Russie. Aussi a-t-il inscrit comme une priorité dans le programme du parti bolchevick cette directive : "Le communisme, c’est les soviets (conseils) plus l’électricité".
Nul ne peut pourtant taxer le docteur Cheick Modibo Diarra d’être un rouge car l’homme est profondément abreuvé aux sources du capitalisme américain mais il tient à donner à chacun selon son mérite. Cet humanisme apparaît à travers la devise de son parti à savoir "travail, probité, dignité" qu’on peut traduire littéralement par "travailler dans l’honnêteté pour garder sa dignité".


 Mais déjà les prédateurs politiques qui rodent à tous coins de rue commencent à lui piquer ses idées comme les pirates assassinent les artistes. C’est aussi la preuve qu’il est en avance sur beaucoup d’autres.
   A suivre !
Mamadou L DOUMBIA
Envoyé spécial

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