Désignation du candidat du PDES à la présidentielle de 2012 : La justice met la pression sur Bittar

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Le Mardi dernier, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, Jeamille Bittar, a été aperçu au niveau du Pôle Economique de Bamako. De sources sûres, il aurait reçu, quelques heures avant, deux convocations de la Brigade de gendarmerie dudit pôle pour  affaires le concernant.

 

La première convocation est relative au dernier rapport de l’ex-vérificateur général, Sidi Sosso Diarra, qui l’incrimine d’avoir détourné plus d’un milliard de nos francs à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM). Quant à la seconde convocation, elle est adressée à une de ses sociétés, à savoir l’Agence Malienne d’Edition et de Communication (AMECOM). Cette  société, spécialisée dans la fourniture des manuels scolaires, serait fortement soupçonnée d’avoir  mal exécuté certains marchés du ministère de l’Education, de l’alphabétisation et des langues nationales. Nos sources nous indiquent que Jeamille Bittar aurait été entendu le Mardi dernier pendant près de deux heures de temps (de 10 heures à 12 heures) par le commandant Traoré. Ce dernier, qui n’est autre que le frère de Mangal Traoré, ancien secrétaire particulier du Président ATT, aujourd’hui consul général du Mali à Paris (France), l’a auditionné dans un premier temps sur le dossier du Végal. Rendez-vous lui aurait été donné demain, vendredi 6 Janvier 2012, pour la suite de son audition.

 

La justice malienne a-t-elle été instrumentalisée contre Bittar?                                 

Cette interpellation de Jeamille Bittar par le Pôle Economique de Bamako sur un dossier datant de 2007, 2008 et 2009, surtout à moins de deux semaines de la désignation du candidat du PDES à l’élection présidentielle de 2012, laisse perplexes plus d’un observateur  de la place.         

                                                                                     

Est-il besoin de rappeler que Jeamille Bittar est le 1er vice président du PDES et non moins prétendant sérieux à la candidature du candidat de son parti pour la présidentielle du 29 Avril 2012. C’est à ce titre d’ailleurs qu’il s’est doté d’un instrument efficace de conquête du pouvoir en créant une association, l’UMAM, qui est en train de faire des ravages au sein du PDES.    

                                                              

Pourquoi la justice a-t-elle décidé d’entrer dans la danse à quelques jours de l’investiture de la candidature du PDES à la présidentielle du 29 Avril 2012? La dite investiture est prévue le 15 Janvier 2012 lors d’une Conférence Nationale prévue à cet effet. Est-ce un moyen d’intimidation ou de pression contre Bittar ? Sommes-nous réellement dans un Etat policier? Ces questions méritent une réflexion particulière si on sait que l’interpellation de Bittar a été faite à la veille même de la première réunion de la Commission d’Investiture mise en place pour statuer sur le choix du candidat du PDES à la présidentielle de 2012.  

                                                                                                              

Selon nos sources, la réunion de ladite commission qui était prévue le Mardi dernier, n’a finalement eu lieu que le Mercredi, 4 Janvier 2012. Entre ce report et l’interpellation de Bittar le même Mardi, 3 Janvier 2012, force est de reconnaître que la coïncidence est plus que troublante. Raison pour laquelle certains observateurs se demandent aujourd’hui si on ne cherche pas tout simplement à «détruire» Jeamille Bittar en ternissant son image. Une inquiétude qui se confirme d’ailleurs à travers certains éléments que nous avons pu glaner sur le terrain. D’abord en sa qualité de président du Conseil Economique, Social et Culturel donc une institution de la République, Bittar devrait logiquement bénéficier d’un traitement de faveur de la part du Pôle Economique de Bamako pour son audition. Certains cadres de l’Etat qui ne sont pas présidents d’une institution de la République ont bénéficié de cette faveur. En plus, Bittar aurait été traité, le Mardi dernier, comme un citoyen ordinaire, un simple justiciable.  

 

Le patron du Pôle Economique, Sombé Théra, n’a même pas daigné le rencontrer préférant le laisser entre les mains de ses agents enquêteurs. Quant au Ministre de la Justice, Maharafa Traoré et non moins secrétaire général du PDES, il était devenu injoignable sur son portable au moment où son 1er vice président se débattait dans les méandres du parquet relevant de son département.  Que d’indices troublants qui prouvent réellement qu’on veut tenir aujourd’hui l’image de Jeamille Bittar ! Et la meilleure manière de lui mettre la pression, c’est de réveiller ce dossier.                    

Une stratégie bien comprise par Jeamille Bittar qui, de source sûre, n’entend pas poser une candidature au niveau d’une Commission montée par Hamed Diane Séméga et Maharafa Traoré,  respectivement Président et Secrétaire Général du PDES. Selon certains partisans de Bittar «cette Commission d’Investiture est orchestrée pour que Séméga soit le candidat du PDES». Et cela, contrairement aux instructions du Président ATT. Les ‘’Bittaristes’’ estiment qu’ils ne sont pas dans cette dynamique et que le PDES, aussi, n’est pas dans la bonne dynamique.  C’est dire que l’Unité et la cohésion tant clamées lors des assises du PDES viennent de voler en éclats. Quelles seront alors les conséquences de cette interpellation de Bittar sur le devenir du PDES? L’avenir reste le meilleur juge.

                                                                                                                                            Birama FALL  

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