Élection Présidentielle du 29 avril 2012 : Quand Diouncounda est propulsé au devant de la scène

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Pourquoi Dioncounda Traoré, président de l’ADEMA, candidat déclaré à la présidentielle du 29 avril 2012, a été désigné par ses camarades politiques comme porte-parole du collectif des partis politiques face à la crise au Nord. Voilà la question qui taraude bon nombre d’observateurs et analystes politiques. En essayant de trouver une réponse à cette interrogation, deux hypothèses s’annoncent. La première laisse apparaitre que le choix de Dioncounda Traoré se repose sur le fait majoritaire de  son parti, l’ADEMA qui est la première force politique du pays. La seconde hypothèse, soutenue par certains, est que Dioncounda Traoré apparait aujourd’hui comme un homme de consensus. Analyse des deux hypothèses.

 

 

 

Essayons d’analyser la première hypothèse. Dioncounda Traoré est le président du parti majoritaire du Mali. Mieux, l’ADEMA est le parti le mieux organisé sur l’échiquier politique national. Cependant cela ne suffit pas pour lui donner la légitimité d’être le porte-parole du collectif des partis politiques pour ce qui concerne le dossier du nord.

A notre avis, un Tiébilé Dramé, par exemple, apparait comme le meilleur porte-parole du collectif des partis politiques face à la crise au nord qu’un Dioncounda Traoré. Parce que le mérite de Dramé peut se reposer sur son parti, le PARENA qui a organisé le plus de conférence-débats, de colloques ou de séminaires sur la crise au nord-Mali. Pour tout dire, Tiébilé Dramé est mieux outillé que n’importe qui pour être le porte-parole de la classe politique dans la gestion de la crise au nord-Mali.

Venons-en, à présent, à la seconde hypothèse : Dioncounda Traoré, l’homme de consensus. Cette hypothèse semble être la plus plausible, car l’actuel président de l’ADEMA est aujourd’hui l’homme politique qui s’entend le mieux avec la quasi-totalité des acteurs de la classe politique.

Pour certains de ses détracteurs, “Dioncounda manque de charisme et l’autorité à l’image du président du RPM, El Hadji Ibrahim Boubacar Kéïta“. Cependant, ce charisme représente peu dans le choix d’un homme pour devenir président de la République. Si tel était le cas, IBK serait le président du Mali depuis 2002 pour ensuite rempiler en 2007. Aujourd’hui, les Maliens croient plus en IBK que certains des membres de son parti.

Pour la petite histoire, certains de ses camarades responsables du parti n’ont-ils pas soutenu qu’ “ils n’ont même pas de moyens pour amener IBK au second tour” ou que “IBK pense que c’est ATT qui va lui offrir le pouvoir sur un plateau d’argent“.

Pour revenir à Dioncounda, l’homme de consensus, il faut ajouter que le candidat de l’ADEMA à la présidentielle du 29 avril prochain peut apparaitre comme une solution consensuelle  dans une situation de trouble, comme  c’est le cas avec la crise au nord. Il peut également être une solution en cas de second tour de la présidentielle. Il est celui qui va lentement mais sûrement. En témoigne son parcours politique.

Elu pour la première fois député en 1997 à Nara, après plusieurs fonctions ministérielles (ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Modernisation de l’Administration, puis le 16 avril 1993, il devient ministre d’État, ministre de la Défense nationale et enfin ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine du 25 octobre 1994 jusqu’au 24 août 1997), il a été battu aux législatives de 2002 dans la même circonscription.

Président de l’ADEMA malgré lui, à la suite du départ d’IBK de ce parti en octobre 2000, Dioncounda Traoré revient à l’Assemblée nationale en 2007 à la suite d’une élection contestée par la puissante CAFO qui avait alignée Mme Maïga Sina Damba qui sera, par la suite, récompensée par le portefeuille du ministère de la Promotion de la femme, de la famille et de l’enfant afin de laisser Dioncounda siéger à l’Assemblée nationale. Le 13 septembre 2007, soit une année jour pour jour, où il était donné pour mort à Paris après y être hospitalisé, Dioncounda est élu président de l’Assemblée nationale, par 111 voix contre 31 pour Me Mountaga Tall du Congrès national d’initiative démocratique (CNID) et cinq bulletins nuls.

Le 30 juillet 2011, les délégués des 53 sections de l’intérieur et ceux des 23 sections de l’extérieur de l’Adéma-PASJ approuvent, à l’unanimité, la candidature de Dioncounda Traoré à l’élection présidentielle malienne de 2012.

Au regard de tout ce que nous venons de développer, il y a lieu de soutenir que les circonstances favorisent le candidat de l’ADEMA pour la présidentielle du 29 avril 2012. Cependant, Dioncounda Traoré à la fâcheuse réputation d’être un homme qui ne remue pas sept fois la langue dans sa bouche avant de se lancer dans des discours. Il commet le plus souvent des gaffes qui peuvent être préjudiciables pour lui.  Les Maliens ont encore en mémoire sa phrase lâchée en mars 2007 à la faveur de la commémoration des 20 ans de la démocratie malienne à savoir “si nous ne soutenons pas ATT, nous aurons la justice, la sécurité d’Etat et l’administration sur le dos“.

Des propos qui ont indigné plus d’un et qui allaient valoir un procès à L’Indépendant qui a été le premier journal à les rapporter à travers votre fidèle serviteur. Pire, Dioncounda lors d’une récente sortie à la faveur de la conférence de presse du collectif des partis politique, le jeudi 16 février dernier, à la Maison de la presse, n’a pas exclut “un coup d’Etat” si la présidentielle du 29 avril prochain n’a pas eu lieu à cette date.

Une énième bourde verbale certes, mais à prendre au sérieux surtout quand on sait qu’un groupe d’éléments issu des rangs des forces armées et de sécurité est allé récemment affirmer son soutien à un candidat déclaré d’un parti politique.

                            Alassane  DIARRA

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