Elections générales : Les jeunes Bamakois boudent déjà

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La révision spéciale des listes électorales s’est achevée le 31 décembre dernier. Le tableau récapitulatif des résultats de cette opération fait apparaître une faible affluence des jeunes Bamakois à la table des inscriptions des commissions administratives.

Le nombre de jeunes inscrits à Bamako au cours de la révision spéciale de listes s’avère faible comparé aux autres circonscriptions électorales du pays, hormis les régions de Tombouctou, Gao et Kidal. Au total, 26.690 personnes qui viennent d’avoir l’âge de voter se sont présentées aux commissions administratives de la capitale.

Dans le lot, c’est la Commune VI qui enregistre le plus de nouvelles inscriptions. 5793 jeunes en âge de voter se sont fait connaître et s’ajoutent à 13.377 « autres inscrits ». La Commune I suit avec 5576 nouvelles inscriptions devant la Commune V qui totalise 5310 jeunes de 18 ans de plus sur ses listes.

Les autres inscriptions sont respectivement de 17.666 pour la Commune I et 12.472 pour la Commune V. Suivent la Commune IV (4542 nouvelles inscriptions contre 9194 autres inscriptions), la Commune II (3476 nouvelles inscriptions contre 8524 autres inscriptions) et la Commune III qui se contente de 1993 nouveaux venus contre 3644 personnes répertoriées dans la rubrique "autres inscriptions".

Dans les cartes en souffrance, Bamako bat le record avec 589.531 documents électoraux non retirés. Ici également, c’est la Commune VI qui pointe en tête avec 128.462 cartes non retirées. Elle est talonnée par la Commune IV avec 127.176 cartes qui stagnaient au siège de la commission administrative.

Les Communes V et I se classent troisième et quatrième avec respectivement 116.354 et 114.529 cartes non retirées. La Commune II (58.617 cartes non enlevées) est cinquième devant la Commune III (44.393 cartes non retirées) qui peut se satisfaire de ce faible nombre de sésames en souffrance à l’issue de la révision spéciale des listes électorales qui vient de s’achever.

Au total 588.720 cartes d’électeur n’ont pas pu retrouver leurs propriétaires dans le district de Bamako à la fin de l’opération.

Youssouf Coulibaly

PROCESSUS ELECTORAL

Le Caren pour une prise de conscience des jeunes

 Le Comité d’action pour le renouveau (Caren) a lancé ses activités le week-end dernier au Centre Olympafrica de Banankabougou en faveur d’une conférence débats dont le thème était : "rôle de la jeunesse dans le processus électoral". Cette conférence était animée par Me Daouda Mariko, président de l’association malienne de droit de l’homme (AMDH) en présence de Cheick Oumar Hamidou Diallo, président du Caren.

Le Caren s’oppose à la caporalisation de la jeunesse à des fins électorales. Dans son allocution introductive lors d’une conférence débats sur le  "rôle de la jeunesse dans le processus électoral" samedi dernier au Centre Olympafrica de Banankabougou, Oumar Hamidou Diallo a indiqué que le Comité d’action pour le renouveau veut assurer "la voix d’une nouvelle conscience de la jeunesse malienne en particulier et africaine en général. Le Caren se fonde sur des principes sacro-saints édités par Frantz Fanon et Albert Londres".

"Notre génération est confrontée à d’énormes défis comme celui de l’éducation, de l’emploi, de la santé auxquels, il faut ajouter celui de la démocratie, donc  les défis en face sont certes grands et complexes, mais au Caren à cœur vaillant l’impossible n’existe point", a lâché le président.

Selon lui, la lutte contre la corruption ne doit avoir un caractère sélectif. M. Diallo demande à l’Etat de faire de la lutte contre ce phénomène pernicieux une priorité nationale pour sauver l’économie. Pour les élections générales à venir, il a invité "la jeunesse à plus de responsabilité, à ne pas se laisser instrumentaliser par les hommes politiques mais plutôt de chercher à devenir des acteurs politiques et à participer activement aux processus électoraux enfin de jouer pleinement notre rôle dans la construction nationale".

Me Daouda Mariko a rappelé que le processus électoral au Mali est basé sur les jeunes qui constituent 60 % de la population et dont les âges sont compris entre 0 à 35 ans. D’ailleurs, s’est-il souvenu, ce sont les jeunes qui étaient en première ligne pour instaurer la démocratie en 1991, mais aujourd’hui ils sont devenus le bétail électoral et échangent leurs voix contre du thé, des pagnes, des tee-shirts, des ballons et autres gadgets.

"Cette conférence organisée par des jeunes leaders est une prise de conscience de la part de la jeunesse elle-même, car elle constitue un groupe de pression qui peut influencer les élections en participant aux élections et en devenant candidats aux postes électifs", s’est félicité Me Mariko.

Le président du Caren a promis que cette expérience s’étendra dans les jours à venir à d’autres quartiers de Bamako, voire les régions pour que les jeunes prennent conscience de leur force dans la consolidation des acquis démocratiques.

Aliou Badara Diarra

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