Elections Les jeunes ne croient pas à la crédibilité des scrutins

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Le Mali entame une année électorale. A partir du mois d’avril, les Maliennes et les Maliens seront appelés aux urnes. Représentant une importante tranche des votants, les jeunes ont leur propre conception des élections.


 Au Mali, jeunesse rime tantôt avec hyper activisme, tantôt avec indolence. Ils ont entre dix-huit et vingt et trois ans, ils voient la vie autrement. Ces nouveaux majeurs pensent que tout le monde leur ment. Ils ont donc peu de foi en la parole donnée. Pourtant, ils savent qu’énormes sont les défis qui les attendent : crises scolaires, chômage, entres autres. Contrairement à ce que l’on a tendance à croire, la politique n’est pas du charabia pour cette tranche d’âge. Ils ont leur notion là-dessus. A peine sortis de l’enfance, ils jugent déjà les politiciens comme étant des marchands d’illusion qui vont à la foire aux promesses. Selon eux,  l’avenir dont la jeunesse rêve ne doit pas être une amélioration du présent, mais plutôt la relance des valeurs  du passé. Cette année, ils vont affronter les urnes pour la toute première fois de leur existence. Dynamiques et vulnérables à la fois, ces votants tous frais ont besoin d’être rassurés.


Un jeune de dix-neuf  ans nous a confié qu’il ne croit pas du tout à la vérité des urnes: «Je suis inscrit sur la liste électorale et je vais accomplir mon devoir citoyen en votant pour la première fois. Je pense sincèrement que le vote est juste une formalité banale. Notre pays est obligé d’organiser des élections, c’est une règle de la démocratie. Sinon on sait tous que c’est la fraude qui triomphe à chaque fois » a-t-il dit. Un second a déclaré que «je ne sais pas si je vais voter ou pas. Ma voie seule ne changera rien au scrutin». Telle est la vision de ceux qui représentent à peu près 40% des électeurs pour les élections de 2012, nous voulons désigner ainsi les jeunes âgés de dix-huit à vingt et trois ans. Pensent- ils déjà que l’avenir démocratique de notre nation est incertain ? Laisser ces jeunes grandir avec de telles idéologies serait une grande erreur, voire une faiblesse de notre pays. S’il existe une préoccupation majeure pour le Gouvernement malien pour la bonne organisation des élections à venir, c’est bien le fait de rassurer les jeunes. Il est  nécessaire de trouver les voies et moyens pour les sensibiliser quant à la crédibilité des élections, eux, les futurs garants de notre démocratie.  La survie de la démocratie de votre pays dépend de vous, accomplissez comme il faut tous vos devoirs citoyens», a dit le doyen Nelson Mandela en s’adressant à la jeunesse.                                                                                                                                                 

  Rokia Diabaté

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