Comment les démocrates ont pillé le Mali

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Quatorze mois de transition  à la tête de l’Etat avaient suffi, au Général Amadou toumani Touré de mieux connaître les cadres du pays et d’avoir une vision claire sur le développement du Mali. Maintenant qu’il a jaugé la quasi-totalité des cadres dont le rendement n’a pas été à la hauteur, la seule chance qui lui reste c’est d’ouvrir les dossiers anti- corruption et de sanctionner les délinquants financiers que l’on retrouve au sein des partis politiques : Adéma, RPM, URD,UDD, CDS, PARENA, Mouvement Citoyen, Ministères, Banques, DAF,Ambassades et Institutions de la République. L’échec des régimes politiques incombe aux cadres maliens. Le temps est venu de sévir.

Peuplé de douze millions d’âmes reparties sur 1 241 000 Km², le Mali regorge sur son sous-sol de quelques ressources naturelles (Or -Uranium- Pétrole …). La population de notre pays croît au rythme de 15% par an. Cette croissance démographique pose d’énormes problèmes d’éducation, de formation et d’emploi, de nutrition et de santé en dépit des dysfonctionnements de l’Etat. Les Programmes d’Ajustement Structurel ( PAS phase I et II) élaborés entre 1980 et 1987 sont les principales causes de l’extrême pauvreté que nous vivons aujourd’hui : la privatisation des Entreprises d’Etat, poumon de l’économie nationale.  Elles ont été privatisées pour mauvaise gestion. Peut-on lire dans les rapports de la Banque Mondiale.

Le gaspillage des ressources humaines a pris des proportions effrayantes. Plus de 20 à 30% de la population active est au chômage quel que soit le niveau de formation ou de qualification.

A chaque régime des actes crapuleux

C’est sous le Général Moussa Traoré que les fonctionnaires Maliens avaient des arriérées de salaires de trois à quatre mois. La première phase du Programme d’Ajustement Structurel (PAS) 1980-84 demandait la privatisation ou la fermeture de plusieurs sociétés et entreprises d’Etat et l’établissement d’un concours direct de recrutement des diplômés à la Fonction Publique. La deuxième phase 1987 a mis en application les recommandations de la première phase à savoir la fermeture de la SOMIEX, d’Air Mali de l’ITEMA, l’EMAB (Entreprise Malienne de Bois) et la privatisation ou la vente pure de certaines d’entre elles. Du coup plusieurs agents se sont vus, dans la rue. Cependant depuis les années 1980-90, un argumentaire domine l’analyse des conditions de développement au Mali : le déficit financier physique et humain en constitue le point central. Il est considéré comme le principal facteur de blocage du développement économique. En particulier, le déficit en capital humain justifie le faible niveau de productivité et de compétitivité de l’économie nationale. Alors qu’a fait le Mali de ces dizaines de promotions, étant donnée la persistance de déséquilibre formation- emploi et besoins de développement ?

A l’époque des faits les ministres de l’Economie et des Finances furent : pour la première phase de 1980 à 1984 Oumar Coulibaly ; 84-87  Drissa Keïta ;1987  Soumana Sako ; de 1988 à 1991 Dianka Kaba Diakité. Le consultant du projet- Plan d’entrée du Mali au PAS est l’actuel Ministre de l’Economie et des Finances qui était au moment des faits chef de Cabinet du ministre en 1987. Et Ousmane Issoufy Maïga Chargé de Mission à la Banque Mondiale (Structure du Mali). Aujourd’hui, force est de reconnaître que nos excellents ministres sont interpellés devant l’histoire pour avoir mis le Mali dans la misère avec son lot de travailleurs compressés. Le général Amadou Toumani Touré a-t-il fait sciemment en les nommant à ces postes ? Une façon de leur dire c’est vous qui êtes à la base de notre marasme économique. Eh ! bien remettez maintenant les pendules à l’heure.

Depuis 1980, l’obtention d’un diplôme n’offre plus un recrutement à la Fonction Publique. La plupart des diplômés subissent soit un chômage déguisé dans le secteur informel soit l’exil voulu ou forcé dans leur pays de formation en Occident. Quelle perte de cerveaux ?

Sous le régime de parti unique, certains faits de sociétés ont pris des dimensions grandissantes tels que la prostitution, le phénomène des jeunes filles mères, la délinquance juvénile, les malades mentaux. Il faut noter aussi la démission des chefs de famille par manque de moyens à faire face aux dépenses quotidiennes du foyer.

L’atout majeur du régime UDPM était d’assurer la sécurité alimentaire sur toute l’étendue du Mali à un prix abordable. Autre atout c’est la maîtrise des prix à la vente.

Des plaies

La transition gouvernementale n’a duré que quatorze mois mais voilà ce qui s’est passé.

La quasi-totalité des ministres de la Transition ont quitté le statut de Haut Diplômé Réduit au Chômage (HDRC) pour devenir ministre. L’affaire du trésor qui a défrayé la chronique. Voici quelques propos du président de la Transition : certains fonctionnaires, je ne citerai pas leur nom qui ont prêté serment auxquels le pays voue une confiance se sont permis de généraliser et analyser quelque chose qui se passait avant même la Transition et qui s’est toujours bien passé et peut-être après la Transition, c’est à vérifier. Le pays n’était pas dans un Programme d’Ajustement Structurel.

Donc, il n’y avait des bons de Trésor qui étaient émis. Comment ? Je suis commerçant, j’ai des marchandises qui coûtent 100 millions. J’amène les marchandises, je n’ai pas l’argent de la Douane qui coûte 20 millions. Je trouve un arrangement avec les services fiscaux et les recettes (-) J’ai convoqué la Sécurité d’Etat et j’ai appelé le Ministre chargé du contrôle d’Etat, Konimba Sidibé. Je lui ai dit de faire rapidement un contrôle et rend moi compte à moi seul. Entre temps, le Premier ministre Soumana Sako qui avait en charge les Finances Publiques et l’Administration a également entrepris une enquête parallèle au niveau du ministre du budget Kassongué. Ils avaient d’abord arrêté ce qui se passait et ils avaient commencé déjà à faire rembourser ceux qui avaient triché.

Moi, j’ai demandé un rapport qui m’a été remis, chèques, les numéros, les lieux d’enregistrement. Le 8 juin 1992 à 7h30 dans mon bureau. Une heure et demi plus tard, je suis parti rendre le pouvoir à celui qui a été élu (-) Et dès que les autorités de la IIIeme République ont été élues. Je me suis permis à l’entretien régulier avant la passation du pouvoir, j’ai découvert quelque chose au Trésor. Voilà comment cela s’est passé : il y a eu une enquête et je déposerais tout avant de m’en aller. Et le 9 juin, officiellement j’ai pris le rapport et je l’ai remis aux autorités de la III ème République.

Dans ce dossier sur l’affaire dite du  Trésor toute une corporation de l’administration se trouve impliquée, pire les opérateurs économiques et hauts cadres indexés au moment des faits sont militants membres de BPN ou C-E ou encore CENA de partis politiques ou Mouvements très en vue aujourd’hui. Ces militants de partis ont géré le Mali ses dix dernières années. Beaucoup de gens se disent frustrés par ce scandale qu’on a abusivement circonscris comme l’affaire de la PNG sous Mahamar Maïga ou plus de 2 milliards sont partis dans les poches de certains cadres. Ainsi, le Mali avance comme une démocratie bananière.

Démocratie ou voyoucratie ?

La III ème République est une succession de scandales au moment où on parle de lutte contre la délinquance financière.

Les lignes de travail dans la lutte contre la corruption

Du 14 mars au 5 avril 1999 une mission de la banque mondiale dirigée par Jacke Tistwork, un expert de BM, a dans un rapport intitulé les lignes de travail dans la lutte contre la corruption a décelé 21 milliardaires de la démocratie au Mali

Le bateau de pétrole de Sani Abacha

Un bateau rempli de pétrole en  vente a eu comme intermédiaire  notre ancien président chantre de la démocratie en Afrique. Une affaire rocambolesque dont les ramifications ont eu des répercutions fâcheuses sur notre ancien président. En condamnant le passe-passe constitutionnel de Faure et le maintien  de Bongo au pouvoir, ces deux personnalités lui ont rappelé à l’ordre parce que le bateau avait transité par leur pays avant sa destination finale.

L’OR- RANDGOLD

Lorsque ATT dit que l’Or du Mali n’appartient pas aux Maliens, il sait comment  le marché a été conclu entre Sud Africain et Malien. L’affaire du cercueil Sud Africain qui pesait  est l’illustration la plus édifiante.

Une salle de banquet d’un milliard à Koulouba.

Un milliard de nos francs, c’est la somme astronomique qu’a coûté la nouvelle salle de banquet que l’ancien président de la République, Alpha Oumar Konaré, a bâti au Palais, y compris les lustres, les  moquettes, et autres mobiliers. A cela s’ajoutent les surfacturations. Est-ce que Alpha était prêt à partir au terme de son second mandat ? Alors que Koulouba recèle de plusieurs salles de banquets.

Alpha achète la villa d’Adama Traoré dit BIAO-Adama à 300 millions pour la revendre à l’Etat à 600 millions

La transition  a adopté une loi qui accorde, la gratuité du logement aux anciens présidents démocratiquement élu. C’est ainsi que Alpha aurait pris le devant en achetant dans un premier temps un domaine à Djikoroni en bordure du fleuve (l’actuelle villa qui abrite la famille du Général Moussa Traoré) à 300 millions appartenant à Adama Traoré, ancien directeur de la BIAO. Paniqué par les rumeurs de plus en plus persistantes circulant à Bamako et avec l’air du temps, Alpha a vendu ledit domaine à l’Etat malien à 600 millions.

Mala a l’EMIA de Koulikoro

A l’Ecole Militaire Inter Armes de koulikoro, Mamadou Lamine Konaré alias Mala, fils de Alpha Oumar konaré, a bénéficié d’une formation spéciale de six mois au lieu de trois ans pour prétendre au grade de lieutenant. A la base aérienne de Senou, il a aussi bénéficié d’une formation spéciale de six mois. Un pilote n’est pas n’importe qui dans l’avion et surtout un officier n’est pas n’importe qui dans une troupe, dans une armée. Ce qu’il faut retenir un avion de combat est un cercueil volant pour un pilote mal formé.

L’argent volé par le général Sani Abacha

Une partie du butin récupérée à Bamako après l’avènement de la démocratie et l’arrivée de Oleségun Obasanjo à la tête du Nigeria, les autorités ont envoyé un illustre émissaire auprès de l’ami malien du général Sani Abacha. Ce dernier, après avoir protesté énergiquement, s’est ramolli quand on lui a exhibé certaines preuves irréfutables contre mauvaise fortune, il a du se résoudre à faire bon cœur et remit une partie seulement du butin. Le trésor du dictateur était composé de cinq valises remplies de dollar américain, du franc suisse et du franc français. Le fils de Sani Abacha (bon sang ne saurait mentir) a dû avancer des arguments solides pour récupérer le trésor paternel. Il est resté d’après ce dernier à Bamako deux valises bourrées de devises. Avant de s’envoler pour une destination inconnue.

Le fils de Sani Abacha a pris soin d’arroser royalement le sbire à qui ordre avait été donné de l’empêcher de  partir avec son trésor.

Les châteaux de la démocratie

-Un palace d’un ancien ministre du Commerce et de l’Industrie situé sur la rive droite du fleuve Niger. La somptueuse villa a coûté 600 millions (devis estimatif).

– Un palais, sis à Samaya, appartient à un ancien ministre des Finances. Selon nos sources, il aurait coûté plus de 1 milliard de nos francs. La même personne est propriétaire d’un bateau de pêche, d’un yacht et actionnaire dans plusieurs sociétés de la place. Cet ancien ministre serait propriétaire de 52 lots à l’ACI.

– Un palais à Moutougoula appartenant à un ancien ministre du clan CMDT.

-Un immeuble abrite une mosquée à son sein propriété d’un ex PDG de la place à Sangarébougou

 Les terres de Kassela, Baguineda, Moutougoula, Sanankoroba, Dialakoroba, Diatoula ont été érigées en titre foncier par nos démocrates sincères et patriotes convaincus.

Les députés (législature 1997-2002) aident Alpha à brader ce qui reste du Mali à la Libye

En 2000, le Mali a signé un protocole d’accord avec la Libyan Arab-Foreign Bank (LAFB) qui a consenti de  prêter notre pays 40 millions de dollars (28 milliards de francs CFA) pour la construction de la Cité administrative. Nos députés ont adopté par 112 voix, 0 contre et 3 abstentions le projet de loi de ratification N° 00-42 autorisant la ratification de la convention du prêt, conclu entre le Mali et la LAFB pour le financement partiel et la construction des bâtiments de la Cité administrative. Au cours des débats, l’honorable Lahaou Touré a dit : depuis 1992 l’Assemblée Nationale n’a jamais voté une loi de ce genre où le prêteur va  jusqu’à hypothéquer non seulement le bâtiment à construire à  l’aide de son prêt mais aussi ceux existant. Sous un régime où les scandales sont permanents, les docteurs ès politiques appellent ça les ‘’Etats Voyous’’.

Nous n’en citerons que quelques uns parmi les plus exemplaires : ACI, CMDT, SOTELMA, SONATAM, HUICOMA, MALITEL, AFRICABLE, IKATEL. La lumière n’est jamais faite. Chaque fois que les limiers remontent les filières conduisant aux vrais coupables, des pressions empêchent les juges d’aller au bout. La course effrénée à l’enrichissement par la distribution des marchés publics de gré à gré gonflés par la surfacturation a abouti à 21 milliardaires démocrates. Incapable de préserver ce qu’ils ont trouvé, Alpha Oumar Konaré et ses amis ont bradé toutes les sociétés et entreprises d’Etats créées par Modibo. Enfin pour paraphraser un confrère qui aimait dire ‘’ On ne bouffe qu’une seule fois l’héritage de son père, cet adage sied bien à l’Adema PASJ.

De l’Adémacratie à Att-cratie

La tâche ne sera pas facile pour ATT, le militaire de mars 91 et ATT le civil de 2002.

Le bilan du régime Adema n’est pas pourtant rose. A regarder le bilan sur le foncier, c’est la catastrophe. Dans le District de Bamako, la tension est vive entre les voisins pour des raisons de spéculation foncière. Les voisins ne se parlent pas, ils ne se fréquentent pas à cause de mauvais et successifs lotissements de différents maires. Pour mettre fin à ce système ADEMA, des militants du parti de la Demande Sociale ont voté massivement pour le Général Amadou Toumani Touré. Malgré les soubresauts, le laxisme, l’affaire des exonérations  du Ministre Bassary Touré, l’affaire A-B, il n’a pas le droit d’échouer à la présidence de la République. Il est avant tout un militaire. Donc, il n’a pas droit à l’erreur.  ATT connaît tous les cadres et militaires du pays.

Amy – SANOGO

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