Gestion du pouvoir : IBK : Ça déchante déjà

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IBKLa majorité des Maliens, y compris les partisans de Ibrahim Boubacar Keïta, est aujourd’hui très déçue de la gestion du président de la République ; ces « pauvres » qui croyaient en les capacités du chef de l’Etat à trouver les solutions à la crise sécuritaire et aux nombreux défis de l’heure. Mais, en réalité, ce désappointement vient juste confirmer ce que certains ont toujours pensé de celui qui était censé venir en sauveur. Pour ceux-ci, IBK était loin d’être l’homme de la situation. Car, son principal objectif était d’avoir le pouvoir alors qu’il n’était pas réellement préparé pour l’exercer, n’ayant pas de programme de société lisible et porteur d’espoir pour les Maliens. Les faits leur donnent (malheureusement) raison. Au grand dam des Maliens. Les preuves

 

 

 

Face aux grands défis du pays, à savoir la question du nord, la crise économique et financière, l’équité et la justice pour tous, le changement d’hommes etc., les Maliens n’ont eu droit qu’à des promesses et des discours. IBK avait pris l’engagement solennel d’œuvrer pour le retour de la paix au nord du Mali ; de redonner confiance aux Maliens ; de lutter contre la corruption, le népotisme, l’injustice… Il avait promis de réconcilier, de mobiliser et de rassembler les Maliens.

Mais cinq mois après, le constat est amer. Au nord du Mali, l’anarchie règne toujours à Kidal.

 

 

Les groupes armés sont actifs. La violence revient au petit galop dans certaines localités du nord, notamment à Bamba, Taoudénit et Ansongo. Les négociations avec les groupes armés sont au point mort. L’accord de Ouagadougou est devenu (presque) caduc. Ni les groupes armés, ni l’Etat ne posent plus d’actes conformes à cet accord qui a eu la caution morale de la communauté internationale et qui a permis d’organiser des élections sur l’ensemble du territoire national.

 

 

 

Dans les localités du nord, c’est toujours le non droit. Et la situation sécuritaire est loin de se normaliser, malgré les discours officiels aux antipodes de la réalité à Kidal, Gao et Tombouctou. A Taoudénit, les attaques se multiplient. Les populations sont laissées à elles-mêmes, sans secours, ni recours. Impossible d’identifier les assaillants. Cette confusion profite au Mnla qui serait derrière toutes ces attaques, avec la complicité de pays voisins.

 

 

 

 

Le Mali ou la famille ?

Depuis un certain temps, les partisans du président Keïta se sont rendu à l’évidence que Le Mali d’abord (slogan de campagne d’IBK) n’est qu’une expression creuse et vide. C’est « Ma famille d’abord » qui a rapidement pris le dessus. Du fiston national à son beau-père, président de l’Assemblée nationale, en passant par les amis et affidés de la famille présidentielle, le changement espéré….est visiblement une utopie. Après avoir lutté pour attribuer le perchoir à son beau-père, Karim Keïta (le fils à Papa), s’est fait bombardé président la commission de défense de l’Assemblée nationale au détriment d’un Général de la police. Quand le népotisme devient la règle de gouvernance… bonjour la dérive !

 

 

 

Aujourd’hui, les Maliens (impuissants) assistent à une gestion « folklorique » des affaires, faite de coups d’éclats : arrestation séquencée des ex-putschistes ou de fonctionnaires. L’objet étant d’amuser le peuple. Pendant ce temps, les vrais problèmes sont occultés. Le chômage des jeunes, l’éducation, le panier de la ménagère… sont renvoyés aux calendes grecques.

Des criminels, des assassins et des bandits armés de la rébellion touarègue sont libérés lors de cérémonies organisées en grande pompe médiatique (à Bamako) et sans procès. Alors qu’IBK avait promis l’impunité zéro et ne cessait de dénoncer la gestion antérieure du dossier du nord…. Question : quel sort sera réservé à ceux qui ont levé les mandats d’arrêt contre les complices des terroristes ?

 

 

 

Des terroristes qui ont froidement exécuté nos vaillants soldats à Aguelhoc, à Konna, à Diabali et dans d’autres localités du pays, se la coulent douce dans des salons feutrés à Bamako, Ouaga,  Alger, Nouakchott et ailleurs.

 

 

 

Qui répondra de la responsabilité du retour à l’Assemblée nationale de « Maliens » qui ont pris des armes contre leur propre pays ? La question vaut son pesant d’or dans un pays où on se permet de prétendre poursuivre un ancien chef d’Etat de « haute trahison » pour, dit-on, avoir facilité l’entrée d’armes de guerre sur le territoire national.

 

Un quotidien assombri…

Depuis la transition, l’armée malienne est pratiquement à Kidal dans une situation de ni paix, ni guerre. Inacceptable pour les Maliens, notamment ceux-là qui avaient cru aux discours va-t-en guerre d’IBK, il y a une année. Mais élu depuis le 11 août 2013 président de la République, IBK (désormais face à la réalité) n’a pas pu apporter la moindre solution à cette humiliation nationale. Les militaires maliens présents à Kidal sont régulièrement caillassés, vilipendés, insultés par des militants du Mnla au vu et au su de la force internationale (la Minusma).  Une force internationale de plus en plus décriée pour sa passivité face aux exactions des milices du Mnla. Le pouvoir d’IBK, qui a, de toute évidence, montré ses limites dans la gestion de cette crise, est resté impuissant. Et le comble a été atteint lorsque trois ministres de la République furent chassés de Kidal par les partisans du Mnla. Le pire a été enregistré quand le Premier ministre, Oumar Tatam Ly, et une forte délégation gouvernementale ont été empêchés d’atterrir à Kidal, pour une mission. L’avion de la délégation a été finalement contraint de regagner  Bamako. Face à cette humiliation, le président IBK n’a pu émettre la moindre protestation. Comme quoi, au Mali, les menaces, les insultes et les intimidations sont réservées pour une partie de la population, alors qu’une autre continue de prendre la République en otage.

 

 

 

Le social ignoré

Beaucoup de nos compatriotes s’attendaient à un changement dans l’immédiat de leur quotidien, notamment le contenu du panier de la ménagère. L’espoir  se rétrécit. Les craintes sont en train de prendre le dessus. Le pouvoir d’IBK n’aura fait que dégrader le quotidien des populations. Les produits de première nécessité ont pratiquement pris l’ascenseur, sans que le gouvernement pose un acte en vue de mettre fin à cette inflation.

 

 

 

Au marché, clients et commerçants se plaignent déjà et mettent en cause la responsabilité des pouvoirs publics. Les Maliens, notamment ceux de Bamako, voient leur quotidien s’assombrir au jour le jour. Parce qu’apparemment, le président de la République semble s’intéresser beaucoup plus à son image qu’aux préoccupations des ses concitoyens. Les multiples déplacements du chef de l’Etat à l’extérieur, et avec toute une cour de fidèles, suscitent beaucoup de commentaires et d’interrogations à Bamako. Les traditionnels conseils des ministres se réunissent maintenant au gré de l’humeur du patron de Koulouba. Et c’est comme ça qu’il compte sortir le Mali de l’ornière.

 

Des sorties hasardeuses…

Enfin, IBK a essuyé les premières critiques de ses compatriotes dès la formation de son premier gouvernement qui a enregistré le retour de vieux chevaux, anciens ministres pendant que lui occupait la Primature sous Alpha Oumar Konaré. Or, le candidat Ibrahim Boubacar Kéïta ne cessait de promettre le changement d’hommes et de méthodes. Mais les Maliens ont vite déchanté. Dans le gouvernement du 8 septembre 2013, l’on note la présence d’une dizaine de ministres qui sont, en fait, des amis et affidés de la famille du président de la République, des ex-putschistes. Sans oublier les partisans et alliés politiques.

 

 

Aujourd’hui, la méthode et les décisions du chef de l’Etat sont constamment critiqués par ses plus fidèles partisans. IBK n’est apparemment plus en phase avec son électorat. Qui lui reproche ses incohérences dans le traitement du dossier de Kidal et le fait qu’il a du mal à se saisir des vrais problèmes de l’heure.

 

 

Idrissa Maïga

 

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4 COMMENTAIRES

    • Kouyaté il n’y a rien a faire !
      Un bon nombre de “partisans” sont allés votés sans même avoir lu le programme de IBK.

      Ils ne peuvent pas être déçu puisqu’ils ne savaient pas à quoi s’attendre : juste des utopies, et des promesses dans un bain de foule de la part de IBK.

      C’est aux enfants qu’on dit : ne crois pas aux promesses des hommes, voila pourquoi il faut être majeur et en bonne santé psychologique pour voter.

      • Vous avez tout a fait raison, on peut tout dire de IBK sauf qu’il a FORMELLEMENT promis quelque chose a qui que ce soit. SOYONS HONNETES!

        • SOUKALO PERMETTEZ MOI DE REPONDRE A BOUGOBALINI

          IL Y A UNE PRECISION DE TAILLE A RELEVER LA DISTINCTION ENTRE UN PROGRAMME POLITIQUE ET UN SLOGAN DE CAMPAGNE.
          DANS NOTRE CAS AU MALI IBK N’AVAIT PAS DE PROGRAMME POLITIQUE ET JUSQU’A PRESENT C’EST LE MEME CAS.
          AU MALI LES SCORES DES ELECTIONS ONT ETE BIAISES PAR L’IRRUPTION DE LA JUNTE DE CERTAINS RELIGIEUX SUR LA SCENE POLITIQUE ET SURTOUT LA PARTIALITE DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION.
          ON VA PAS REVENIR SUR LES ELECTIONS MAIS CE QU’ON PEUT FAIRE C’EST DE REDRESSER NOTRE DEMOCRATIE POUR CELA IBK DOIT COORDONNER SA VISION AVEC LE PAG LE PROGRAMME D’ACTION GOUVERMENTAL DU PREMIER MINISTRE.

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