Gouvernance malienne / La souveraineté malmenée

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Si les concertations sur les crises du sahel ont fait le diagnostic de la gouvernance de cette zone, il n’en demeure pas moins que les Etats, en particulier le nôtre, ont été particulièrement indexés comme des acteurs dont les actions ont été jugées insuffisantes. En effet, Il ne faut pas occulter, sous prétexte qu’il s’agit d’un problème sous régional, l’obligation qu’a le gouvernement de gérer la sécurité intérieure de son Etat et le développement au profit des populations.         

A cet effet, l’amer constat a été fait de l’absence par laquelle a brillé la présidence de la République du Mali auxdites concertations, là où la présidence nigérienne était représentée par une très forte délégation. Le malaise était d’autant plus perceptible que les membres de la majorité présidentielle, malgré toutes leurs précautions, n’ont pu tenir des propos rassurants à l’endroit du gouvernement.                           

Le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré y est allé en usant de la diplomatie : ‘’Je pense que cette concertation est la bienvenue. Comme l’a dit le président Tiébilé Dramé, le gouvernement est chargé de gérer ce genre de question mais de plus en plus, je pense que l’ensemble de la Nation, c’est à dire la société civile, les partis politiques, toutes les composantes de notre société doivent agir pour arriver à bout de ce problème très grave, qui survient dans un monde globalisé. Il ne faut pas seulement se focaliser sur Aqmi.

C’est un problème qui date de très longtemps, il y a des difficultés économiques, des déficits démocratiques, il va falloir donc discuter de tout ça. ‘’ Quant au président du Parena, Tiébilé Dramé, il a soutenu : ‘’ les types de gestion qui ont prévalu jusqu’ici ont montré leurs limites. ‘’ De même, Hashim Ismaïl, Chef de la délégation des Nations unies a attiré l’attention sur les questions de développement. Le représentant de l’Organisation internationale de la francophonie a fait observer les préoccupations de l’Oif sur la gouvernance, la paix et la sécurité. C’est dire que de toute évidence, l’Etat malien est comptable de la situation de déliquescence qui prévaut et qui est un problème de mal gouvernance grave.                                    

L’ambassadeur de France, Christian Rouyer, d’un ton totalement libéré de la diplomatie et surtout de la langue de bois, mais en toute amitié, a fustigé pêle-mêle, le consensus d’ATT et les partis politiques. De ce fait, il a indiqué : ‘’ un ami doit dire les choses, sinon il n’est pas un ami, 1ERE chose : j’ai entendu : l’Etat n’a pas joué son rôle, en fait, la classe politique n’a pas joué son rôle- combien de débats à l’Assemblée nationale sur le Nord Mali ? Combien même de questions orales ? Combien de concertations comme celle-ci avant aujourd’hui ?- Remerciement au Parena ! La classe politique a démissionné au nom d’un consensus de façade qui lui a fait perdre tout esprit critique. ‘’                     

Malgré tout, le député Assarid Ag Imbarcaouane, a tenu à dédouaner l’Etat malien, en lançant un appel à la conscience du citoyen : ‘’ C’est très bien de faire des rencontres de ce genre. Nous allons poser le diagnostic. C’est sur cette base que nous pourrons donner des informations. Le problème est très sérieux et les autorités sont en train de le gérer. Ils vont finir par trouver la solution, car, quoi qu’il en soit, le Malien est le Malien et il a toujours la conscience nationale. ‘ Avis qui n’a pas été partagé par Mahmoud Mohamed Ag Hattabo, président du conseil de cercle d’Ansongo, qui a affirmé que certains cercles du Mali étaient gouvernés par Aqmi, propos par ailleurs confirmés par le maire de Goundam qui a indiqué que le Nord-Mali est gouverné par Aqmi.                 

Pour El Moussaoui El Ajlaoui, enseignant et chercheur à l’Université Mohamed V de Rabat ‘’ cette réunion peut permettre de trouver des débuts de solutions, car, il y a un problème de gouvernance. ‘’  Quant à Ibrahim Ag Mohamed As Saleh, député élu à Bourem : ‘’le gouvernement laisse prospérer Aqmi et le narco-trafic ‘’. On ne peut en déduire que le massacre de la gouvernance d’un pays qui voit ses hôtes enlevés à tout bout de champ, son territoire occupé par des groupes armés étrangers qu’y mènent des opérations militaires. C’est un pays où la gouvernance est malmenée.

Baba Dembélé

 

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