RĂ©habilitation des infrastructures publiques : En urgence

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Réhabilitation des infrastructures publiques : En urgenceCette action s’inscrit dans la stratégie de mise en œuvre des politiques nationales de développement sur la période 2013-2018.

 

 

Pour préparer le retour de l’Administration dans les localités affectées par la crise socio-politique qui a secoué le pays en 2012, le gouvernement a initié un programme d’urgence pour la réhabilitation, la construction et l’équipement des infrastructures abritant les autorités publiques et les services techniques de l’Etat. Cette action s’inscrit dans la stratégie de mise en œuvre des politiques nationales de développement du Mali sur la période 2013-2018. Elle a fait l’objet d’une évaluation au cours d’une visite de terrain qui s’est déroulée du 17 au 23 mai dernier, dans la région de Gao. La mission composée de représentants des différents départements impliqués, était conduite par Souleymane Dravé, chargé de mission au ministère de la Planification, de l’Aménagement du Territoire et de la Population.

 

 

La délégation du Comité national de suivi du Programme d’urgence pour la relance du développement du nord (PURD/RN) a été accueillie le 18 mai au gouvernorat de Gao, par Ibrahim Maïga, le conseiller aux affaires économiques et financières. Une série de visites, menée au pas de charge, a conduit le comité sur les chantiers des bureaux et du logement du directeur régional du plan dont les travaux sont confiés à l’entreprise locale Métal-Mali. Les visiteurs ont constaté un retard dans la progression des travaux malgré les gros efforts fournis par l’entrepreneur qui a évoqué des problèmes imputables à la procédure de soumission aux différents marchés. Des procédures qui l’obligent à effectuer des déplacements incessants à Bamako, ce qui a joué sur le délai, les travaux n’ayant pas pu débuter à la date prévue, a indiqué le chef du chantier.

 

 

Cap ensuite sur le chantier de la direction régionale du contrôle financier. Ici, c’est l’entreprise Ousmane Konta (EOK) qui s’occupe des travaux de colmatage des fissures, d’électrification, de plomberie, de menuiserie, peinture, etc. Constat : des problèmes de finition sur l’infrastructure et un dépassement du délai d’exécution. Instruction a été donnée à l’entreprise de se conformer aux clauses du contrat l’obligeant à livrer l’infrastructure dans un délai de 2 mois.

 

 

Sur les chantiers de la direction régionale de l’urbanisme et de l’habitat où les travaux portaient sur la réhabilitation du bâtiment, la clôture et le chantier des annexes du logement du conseiller aux affaires juridiques du gouvernorat et des bureaux du gouverneur, le constat est similaire : une lenteur dans l’exécution des travaux. C’est pourquoi, la consigne a été donnée pour que dans 2 mois, l’Administration soit réinstallée dans sa totalité.

 

 

La dernière série de visites a concerné la direction régionale du budget qui affiche le plus fort taux d’avancement avec plus de 80% des travaux sur 36% du délai d’exécution. Le chantier du palais de justice endommagé par un bombardement lors de la reconquête du nord par la force « Serval » et dont les travaux de reconstruction sont pris en charge par la même force, avance convenablement avec 64% d’état d’avancement. Idem pour les chantiers de la direction régionale du trésor, des impôts et de la sous-préfecture. Même si des difficultés sont à relever çà et là, l’état d’avancement des travaux est globalement satisfaisant dans la ville de Gao. Ce qui incite le maire de la ville à espérer à un retour rapide de l’Administration dans sa circonscription. « Ma ville a un nouveau visage », souligne Sadou Harouna Diallo. Il s’est félicité de la célérité de la mise en œuvre du programme qui traduit l’intérêt des pouvoirs publics à permettre un retour rapide de l’Administration et des populations dans leurs localités d’origine.

 

BESOIN D’ASSISTANCE ET DE PROTECTION. Le président du conseil régional de Gao a lui aussi insisté sur la fin rapide des travaux pour l’installation de l’Administration. Cette action de l’Etat est à saluer, a jugé Mohamed Ould Mohamed Idriss. Car, les attentes des populations sont grandes et les services ne peuvent pas attendre. Il y a un fort besoin d’assistance et de protection qui ne peut être satisfait que par la présence de l’Etat à travers son Administration générale, a-t-il indiqué. Mohamed Ould Mohamed Idriss a souligné la nécessité de mettre à la disposition de la communauté, les moyens de préserver et de protéger ces infrastructures. Ceci, en consolidant la présence des forces de l’ordre sur le terrain et autour de ces bâtiments publics. Il y va de la sécurité des symboles de l’Etat et de la protection du patrimoine commun, a insisté le président du conseil de cercle.

 

 

Le coût global des besoins prioritaires, entièrement pris en charge par le budget d’Etat, est estimé à 35,5 milliards de Fcfa à débloquer en deux phases. La première phase effectuée en 2013 a coûté 11,5 milliards de Fcfa. Les consultations sont en cours pour la signature des conventions relatives à la deuxième phase portant sur 24 milliards de Fcfa. La maitrise d’ouvrage est confiée aux gouverneurs des régions concernées (Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou, Kidal). Des conventions de maitrise d’ouvrage délégué sont établies entre eux et les agences d’exécution des travaux (AGETIPE et AGETIER).

 

 

Le choix de ces deux entreprises est déterminé par le fait que le caractère urgent du Programme est incompatible avec les délais d’exécution habituels des marchés publics, a expliqué le ministre de la Planification, de l’Aménagement du Territoire et de la Population. Il y a aussi, précisera Cheickna Seydi Ahmady Diawara, l’opportunité d’une exécution plus rapide des travaux grâce aux manuels de procédure des agences, l’expérience de ces agences dans l’exécution de travaux similaires dans les régions concernées. Leur capacité à mobiliser les entreprises locales et promouvoir les emplois locaux dans les régions concernées et le renforcement des capacités locales pour les phases ultérieures PURD et PDARN sont d’autres facteurs militant également en leur faveur.

 

La philosophie du programme, a souligné le ministre, est d’injecter de l’argent au niveau local en utilisant les entreprises du cru. C’est pourquoi, une grande facilité a été accordée à celles-ci au niveau des exigences des conditions d’adjudication des marchés. Cette démarche permettra en terme d’impact, de stimuler l’économie locale en créant des perspectives d’emplois. Il faut aussi permettre à ces entreprises d’acquérir une certaine expérience en la matière, de reconstituer le tissu économique et les facteurs de production.

C. A. DIA

 

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