Gouana : Le député Niangadou au cœur d’un scandale foncier

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Depuis bientôt 4 ans, un litige foncier oppose la population de Gouana, situé dans la sous-préfecture de Kalabancoro, au député de la Commune II, Hady Niangadou, promoteur de l’agence immobilière “Banga et Komé”. Ce sont environ 970 familles qui seraient menacées de déguerpissement.

En  2008, les habitants et la mairie de Gouana ont été rapprochés par le député Hady Niangadou de la Commune II promoteur de l’agence immobilier “Banga et Komé”, pour le lotissement de leur quartier. Les partis se sont mises d’accord sur les clauses : le lotissement, le recasement des déguerpis et le reste des terres devait revenir au député.
Celui-ci détient un titre foncier qui date de 2006 s’étendant sur plus de 67 h et extrait de 288 ha délivré sans avis commodo et incommodo de la préfecture de Kati. A la surprise de la population, le Tribunal de 1re instance de Koulikoro, à travers une grosse, a ordonné le déguerpissement des habitants village et la démolition des lieux.
C’était à la suite d’un procès fait en l’absence des parties concernées. Aujourd’hui le dossier se trouve à la Cour d’appel de Bamako qui tarde à prendre un arrêt. Surpris par cette décision de justice, les habitants de Gouana ont saisi la mairie de Kalanbacoro, le préfet de Kati ainsi que le gouvernorat de Koulikoro. Avoir examiné l’ampleur des dégâts et pour la stabilité sociale, ces autorités ont tous exigé l’annulation du titre de l’homme d’affaires Hady Niangadou.
L’Association des habitants de Gouana, dirigée par Moustaph Yalcouyé, a saisi le Tribunal administratif de Bamako ainsi que la Cour suprême pour éviter le déguerpissement de plus 970 familles. Malheureusement, ces deux juridictions s’en sont tenues au verdict du Tribunal de 1re instance de Koulikoro ; à savoir : la libération du site de Gouana au profit de la société du député. Les membres de l’association ont adressé des lettres de protestation à plusieurs structures et institutions de la République dont la présidence de la République.
Le ministre du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme, Yacouba Diallo, leur aurait promis son soutien, se réjouit le président de l’Association des habitants de Gouana, M. Yalcouyé. Tout comme  le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales par l’intermédiaire de son chef de cabinet.
Après leur échec à la Cour suprême et au Tribunal administratif, la population de Gouana a interjeté appel depuis le mois de janvier dernier. Et depuis lors, le dossier dort dans les tiroirs des juges de cette juridiction qui vient de renvoyer le vendredi 9 mars 2012 pour la troisième fois son verdict au grand désespoir des habitants de Gouana venus en masse devant la Cour d’appel pour attendre le verdict renvoyé au jeudi 23 mars 2012.
Ils sont convaincus de leur victoire, car, soutiennent-ils, le député Niangadou réclame la propriété  d’un site qui comporte d’autres titres fonciers plus anciens. Aussi, son document porte sur Kabala-Est et non Gouana. Les autorités administratives de la région de Koulikoro ont souhaité l’annulation de son titre devenu une menace pour la quiétude de la population de Gouana.
Affaire à suivre.
Ousmane Daou

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