Gouvernance au Mali : L’Adema s’alarme et appelle les Maliens au sursaut

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Lors de l’ouverture des travaux de l’assemblée générale de l’association Alliance pour la démocratie au Mali (Adema), Mme Sy Kadiatou Sow a dressé un tableau sombre du processus de réconciliation nationale et de la situation du Mali de façon générale. D’où son appel à l’endroit des démocrates et des patriotes afin qu’ils se mobilisent autour de la «nation en danger».

Le ton a été dur, ce samedi 4 juin,  à la Pyramide du Souvenir, où l’association Adema a tenu la 5ème session de son  assemblée générale ordinaire. En effet, dans son discours d’ouverture des travaux de ladite assemblée, la présidente de l’association Adema, Mme Sy Kadiatou Sow, n’est pas allée avec le dos de la cuillère pour dénoncer la gouvernance au Mali, notamment le processus de paix et de réconciliation nationale. Le Mali, de son avis, va d’autant plus mal en ce moment que les Maliens perdent toute confiance en l’avenir. Et pour cause. Au-delà du fait que le gouvernement a lui-même émis un certain nombre de réserves sur le projet de l’accord, les partis de la majorité y ont, dit-elle, relevé des sources de vives inquiétudes sur le risque que certaines dispositions du document font peser sur l’intégrité territoriale, l’unité nationale et la cohésion sociale. Alors que les partis d’opposition, craignent, eux, que cet accord conduise «à la dislocation pure et simple» de notre pays. Pour sa part, l’association Adema assimile cet accord «à une constitution type rédigée à Alger, comparable à ce qu’est pour le Burundi la Charte d’Arusha, dont le Mali est obligé de s’inspirer pour rédiger la constitution de la 4ème République, instaurant un statut fédéral de l’Etat malien».

Toujours est-il que plus de dix mois après la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, la situation de notre pays, reste, estime Kadiatou Sow, alarmante. «L’insécurité s’est installée de façon quasi-permanente et générale non  seulement dans les régions dites du Nord, mais aussi sur l’ensemble du territoire malien… », s’est-elle indignée. Conséquences: l’administration et les services de base n’existent presque plus dans les cercles des régions du Nord et celle de Mopti, Kidal reste inaccessible aux autorités du Mali, les forces armées maliennes sont cantonnées, etc.

Par ailleurs, l’ex-ministre Sy Kadiatou Sow a souligné la nécessité de la tenue des concertations nationales, d’autant plus que la grande majorité des Maliens ne comprend rien aux dispositions de l’accord et ne peuvent pas, par conséquent, contribuer à leur application.

Sur le plan de la gouvernance, la présidente de l’association Adema a fait remarquer que les pouvoirs publics restent ‘’indifférents’’ à la grogne sociale et aux dénonciations ‘’des nombreux scandales liés à la mauvaise gouvernance’’. Or, estime l’oratrice, les frustrations qui en découlent peuvent, à long terme, alimenter de vives tensions dans les différents secteurs d’activités du pays. D’où son appel : «il est parfaitement compréhensif que lorsque la nation est en danger, qu’on en appelle à l’union sacrée […]. Nous devons tous, chacun au niveau où il se trouve, avec les moyens humains, matériels, intellectuels, nous mobiliser, nous engager et contribuer à la recherche de solution», a appelé Mme Sy, tout en se montrant consciente que les rôles ne sont pas interchangeables. Partant, l’association Adema, par la voix de sa présidente, a encore une fois lancé un appel aux démocrates et patriotes, afin qu’ils se mobilisent au’’ chevet du Mali’’. «Le combat est loin d’être terminé et le chemin reste encore long et très difficile… », a-t-elle rappelé, avec la conviction que nous n’avons d’autres choix que de mener ce combat.

Rappelons que cette assemblée générale qui aurait dû se tenir en 2011, a examiné et adopté les rapports d’activités et financier. Aussi, a-t-elle élu un nouveau comité exécutif.

Bakary SOGODOGO

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