Mme Konaré Mariam Kalapo : Une «déesse» sur la «terre sainte» de la promotion féminine

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Des travailleurs en rogne contre ses méthodes jugées cavalières, des responsables au bord de la démission… La gestion de la  ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Konaré Mariam Kalapo, dépasse l’entendement.  Au point que tout semble galvaudé. Du coup, le personnel souhaite le voir ailleurs qu’à la tête du département.

«La nomination de Mme Konaré Mariam Kalapo à la tête du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille n’a rien apporté en terme de changement. Et le hic, c’est que sa méthode a provoqué un dysfonctionnement total. A son arrivée, on pensait qu’elle était la dame de la situation. Mais c’est le contraire qu’elle nous a montré. Pire, les vieilles habitudes sont revenues au galop ».C’est ainsi qu’un travailleur du département, au bord de la crise de nerf, décrit le fonctionnement actuel de son département.

Son collègue assis à ses côtés renchérit : « Aujourd’hui, le personnel n’a plus le cœur à la tâche. Nous avons même honte de dire que nous sommes des travailleurs du ministère de la promotion de la femme. Tellement que notre ministre est faux ». Et de conclure d’un air dégoûté : « Tout ce que nous demandons au gouvernement, c’est de nous débarrasser de notre ministre devenu subitement encombrant ».                                

Témoignages bouleversants                                                          

A en croire nos sources, chaque jour apporte dans ce département son lot d’actes spectaculaires, de méthodes jusque-là inconnues. D’où la grogne des uns et la décision des autres, pour la plupart des responsables, de démissionner. En bloc !

Nos sources précisent qu’une fois Mme le ministre installée, le personnel du département  a vite déchanté : « Pourtant, quand elle a été nommée, on était fiers, car on pensait qu’elle était la dame de la situation, compte tenu de sa rigueur au travail. Mais c’est le contraire qu’il nous a montré. Résultat : le désordre s’installe ».

Aujourd’hui, tout n’est pas rose au Ministère de la Promotion de la Femme. La ministre Mme Konaré Mariam Kalapo fait preuve d’une arrogance vis-à-vis de ses collègues. Pire, elle a transformé l’ambiance conviviale et collégiale qui régnait au sein du département en une atmosphère de suspicion et de méfiance. Et le hic qui fait tilt, c’est qu’elle tient à avoir l’œil sur tout ce qui passe au niveau du département. Pour cette raison, elle s’accapare les prérogatives de ses subalternes.  « Mme le ministre est au départ et à la fin de toute action au niveau du département. Cette dame qui n’honore pas la femme malienne pour sa dépigmentation n’a aucune notion de la gestion des affaires publiques », souligne un  conseiller qui en a trop sur la patate.  

 A en croire nos sources, c’est aujourd’hui de la  fantaisie au sein du cabinet de ce département. Même  par rapport aux appels d’offres, Mme Kalapo exerce un trafic d’influence. C’est d’ailleurs pourquoi elle a relevé l’Assistant de la Directrice Financière et du Matériel (DFM), Moctar Fofana, pour nommer à ce poste la sœur de son complice,  un opérateur économique de la place.

Comme si cela ne suffisait pas, indiquent nos sources, elle déloge 6 agents de leur bureau pour abriter sa nouvelle « princesse ». Et comble du népotisme, au département de la promotion de la femme, assurent nos interlocuteurs, Mme le ministre a nommé sa belle-sœur comme attaché de cabinet et sa copine comme chef de cabinet. Avant de nommer une autre copine et non des moindres à la tête de la pouponnière. Et cela, afin de bien se sucrer.   

Pendant ce temps, expliquent nos interlocuteurs, les simples ordres de mission ou demandes de congé sont refusés aux travailleurs au motif que le carburant du service qu’elle gère personnellement est parfois refusé aux travailleurs ou détourné. Et le comble, ajoutent-ils, c’est que la dotation mensuelle en carburant à la «déesse » du département est le double de celle de ses prédécesseurs. Le flop est magistral et le revers cinglant.

Et pour protester contre les pratiques de la « cheftaine » du département de la promotion de la famille, deux agents de la DFM dont les compétences ne souffrent d’aucun doute ont démissionné en bloc parce qu’ils se voyaient dans l’impossibilité de travailler dans une telle pagaille. Ce n’est pas tout, loin s’en faut.                                   

Un paradoxe                                     

A en croire des cadres du département, rien ne va aujourd’hui au ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Selon les témoignages, le ministre Mme Konaré Mariam Kalapo ne fait pas dans la dentelle. Elle décide de tout et toute seule et n’écoute personne, même ses collaborateurs. Pire, il n’y a plus de méthode de travail, plus de concertation autour des dossiers délicats. En somme, l’anarchie s’est emparée du département. Un seul exemple cité par nos sources : l’immixtion de Mme le ministre dans les tâches de la DFM (Direction Financière et du Matériel) et du Secrétariat Général du département. En clair, le monde est à l’envers au ministère de la promotion féminine. A tel enseigne  que l’état de santé de Mme le Ségal s’est compliqué.

Cette description de Mme Konaré Mariam Kalapo par ses collaborateurs jure avec sa franchise. Eminent Docteur et ancienne directrice de l’ANAM, Mme Konaré Mariam Kalapo  est réputée pour son franc-parler. Intègre et cultivée, elle n’hésite pas, chaque fois qu’elle en a l’occasion, à fustiger le dysfonctionnement de notre système de promotion féminine et à assener ses quatre vérités. Même quand ça fait mal. C’est pourquoi nous avons tenté de la rencontrer la semaine dernière.  Mais elle était en déplacement à l’extérieur.

Dans le fond, les mécontentements des uns et la déception des autres se justifient. Il y a un paradoxe. En effet, comment comprendre que cet éminent Docteur ne soit pas arrivé à inscrire son action dans la droite ligne de la feuille de route à elle confiée par le Premier Ministre, s’interrogent ses proches ? Pourquoi a-t-elle baissé les bras, surtout au moment où elle a l’occasion de donner un visage plus humain au ministère malien de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.

Pourtant, elle en a les moyens : la rigueur, la culture et le caractère. Mais depuis sa nomination à la tête de ce département, le résultat est là : un ministère dégoûtant et indépendant de tout, sauf de la magouille. Mauvais présage !                

Jean pierre James

 

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