Retrait des Ministres RPM du Gouvernement : IBK avoue sa peur d'être humilié

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Pourquoi le RPM ne quitte pas enfin le gouvernement ? Voila une question qui se trouve pratiquement sur les lèvres de la plupart de nos compatriotes qui ne comprennent plus les critiques et les attaques d’Ibrahim Boubacar Keïta et ses camarades contre le gouvernement, alors que leurs représentants y ont toujours siégé depuis le début de ce quinquennat. Cet agissement paradoxal a commencé à faire jaser au sein même du parti du Tisserand, à en croire des sources très crédibles.

En effet, par rapport à la question, deux camps s’opposent pour ne pas dire s’affrontent. D’un côté, il y a ceux qui sont hostiles à un retrait du gouvernement et qui affirment que cette démarche n’aurait aucune retombée politique. Les tenants de ce discours seraient l’ex-ministre Ibrahima Siby, Siné Bayo, Ousmane Amion Guindo, Nancoma Keïta, Mme Maïga Zeinab Mint Youba, son époux et de nombreux élus qui estiment que le RPM ne peut pas critiquer le bilan de l’actuel gouvernement après avoir participé plus de 4 ans à la gestion de l’Etat. Cet argumentaire est battu en brèche par le camp de Bocary Tréta, Moussa Tembiné, Boubacar Touré et autres Bakary Konimba Traoré. D’ailleurs, dans un entretien accordé il y a quelques semaines à nos confrères de l’Observateur, ce dernier a soutenu que le RPM n’est pas comptable du bilan de ce quinquennat malgré la présence de deux de ses camarades au gouvernement.

Interpellé pour trancher entre les deux camps, IBK a tout simplement avoué qu’il ne peut pas demander à ses ministres de quitter le gouvernement, tout simplement pour éviter de se faire humilier car ceux-ci peuvent ne pas respecter son mot d’ordre. Cette position irrite actuellement ceux qu’on appelle désormais les Faucons qui ne comprennent pas non plus le silence de leur président sur un autre problème, le contentieux opposant le secrétaire général du parti Bocary Tréta au jeune député de Sikasso, Housseini Amion Guindo qui continue à occuper le poste de secrétaire général de la section RPM de cette localité en violation des textes.
C’est donc avec un parti divisé et des militants démoralisés qu’IBK veut se lancer à la conquête du pouvoir en 2007. Une situation qui réduit tellement à néant ses chances qu’il tente désormais par tous les moyens de se servir de l’Accord d’Alger pour déstabiliser le président de la République et se refaire par la même occasion une audience et une nouvelle virginité politique. D’ailleurs, en allant à Libreville certainement pour chercher son "fonds de guerre" auprès du président Bongo, il a instruit l’ordre à ses sbires d’attaquer ledit Accord devant la Cour constitutionnelle et de procéder à une interpellation publique, à l’Assemblée nationale, du ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. Une manière de proroger, sinon de rajouter à la polémique qu’il entretient tant.

Markatié Daou

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