TELEPHONE ROUGE: POUR SON MAINTIEN AU GOUVERNEMENT: Un ministre loue les services d’un marabout

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Le remaniement ministériel longtemps murmuré serait-il imminent ? Dans les rangs du gouvernement Ousmane Issoufi Maïga, on n’est sûr de rien. C’est pourquoi, un ministre a mis à profit ses vacances pour louer les services d’un marabout afin qu’il lui assure le maintien au cas où ATT déciderait de remanier le gouvernement. Et le marabout est actuellement interné chez lui quelque part à Bamako.
                Depuis un an, l’opinion ne cesse de supputer sur la possibilité d’un remaniement ministériel au Mali. La presse en a fait ses choux gras au point qu’on s’étonne de constater que ce changement d’équipe gouvernementale n’est toujours pas effectif.
                Pourtant, tout ce bruit ne sort pas du néant. Lorsque l’ancien Premier ministre Ahmed Mohamed Ag Hamani a démissionné en avril 2004, pour lui succéder, le président de la République Amadou Toumani Touré a fait confiance à Ousmane Issoufi Maïga, alors ministre de l’Equipement et des Transports. Pour justifier ce choix, on louera les qualités d’un homme rigoureux. Il était appelé ainsi afin de donner une impulsion à l’action gouvernementale dans le but de produire des résultats tangibles. C’est ce qu’il avait promis lors de sa Déclaration de Politique Générale (DPG) devant l’Assemblée Nationale.
                Malheureusement, à la tâche, celui qui est surnommé Pinochet par certains de ses compatriotes a vite montré ses limites. Ses méthodes ont fini par créer un climat malsain au sein de l’administration publique. Ce fut alors le règne de la frustration et de l’humiliation avec comme victimes les cadres.
                Au sein du gouvernement, on s’est rendu compte que le chef est incapable d’assurer la cohérence, la cohésion de l’équipe qui est les gages d’efficacité et de succès. Mais, après chaque évaluation de l’action gouvernementale, il se réjouit de son bilan qu’il juge largement positif. Pourtant les problèmes restent entiers sur le terrain.
                Dès lors, les Maliens ont commencé à comprendre que Pinochet ne va pas inventer la roue. Et le changement ne devrait donc pas tarder, surtout que dans les coulisses déjà certains murmuraient que le successeur d’Ag Hamani ferait seulement deux ans. Puisque ATT, pour préparer les élections, devrait nommer un Premier ministre capable de lire la nomenclature politique du pays. Jusqu’à présent, Pinochet est à son poste et les compatriotes donnent l’impression d’avoir un sentiment de doute généralisé quant à leur avenir.
                Cependant, en disant qu’il voudrait avoir toutes les cartes en main pour décider, on comprend alors qu’ATT partageait le souci de ses compatriotes, étant donné que l’impulsion à l’action gouvernementale avec souci des résultats tangibles promise par Pinochet n’a pas eu lieu. C’est pourquoi, le Chef de l’Etat procéda en juin 2005 à un réaménagement technique de l’équipe soldé par deux départs (Mme Berthé Aïssata Bengaly et Moussa Balla Diakité), deux entrées (Mme Bâ Awa Kéïta et Natié Pléah) et une permutation de poste (Mme Diallo M’Bodji Sène quitte le ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle pour celui de la Promotion de la femme.
                Mais cela n’apportera rien. Cela se comprend, puisque le Premier ministre, comme s’il avait des ambitions personnelles, se soucie beaucoup de sa propre image, c’est ce qui le pousse à se livrer à des campagnes médiatiques autour de chaque acte qu’il pose. Un PM doit servir de fusible pour le Chef de l’Etat. Mais ce n’est pas le cas avec Pinochet. C’est ce qui explique le fait que toutes les critiques soient directement dirigées contre ATT. Pour redonner espoir à son peuple, le président doit procéder à un changement en profondeur du gouvernement.
                Après une longue période d’attente, on pense que ce remaniement ministériel serait imminent. Les supputations ont déjà commencé alors même que le gouvernement est rentré des vacances hier seulement. Surtout qu’il reste possible que ATT mette à profit sa croisière sur le Niger pour prendre des contacts dans ce sens.
                Si les populations attendent impatiemment le remaniement ministériel, les ministres n’ont certainement pas le même souci. Aucun d’eux n’aimerait quitter les bureaux feutrés des ministères et les privilèges du pouvoir. Et tous les moyens sont bons pour se maintenir. Certains ont saisi l’opportunité offerte par la Coupe ATT pour s’illustrer. D’autres sont en train d’approcher le couple présidentiel par personnes interposées.
                A côté de ceux-ci, certains préfèrent faire confiance aux sciences occultes. C’est le cas de ce membre du gouvernement qui, contrairement à certains de ses collègues qui ont voyagé, a mis à profit ses vacances pour faire venir un marabout à Bamako.
                Le marabout venant de l’intérieur du pays est logé chez lui dans un des quartiers de la capitale. Ce qui est demandé à l’homme, c’est de tirer le chapelet dans le bon sens, c’est-à-dire assurer le maintien du ministre à son poste ou à un autre au cas où ATT déciderait de procéder à un remaniement ministériel ou un réaménagement technique du gouvernement.
                Le marabout arrivera-t-il à sauver son client?

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