Hamed Sow : le retour

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Hamed Sow

Nommé conseiller spécial du président de la République, à l’issue du conseil des ministres du 18 mai dernier, Hamed Sow peut, désormais, envisager sa carrière politique avec sérénité.

Ex –ministre de l’Energie et des Mines dans le gouvernement Modibo Sidibé formé en octobre 2007, Hamed Sow avait démissionné. Afin, d’une part, d’épargner à notre pays les sanctions de l’Union Européenne. Et, d’autre part, de faciliter les déroulements de l’enquête, diligentée contre lui par l’OLAF (l’Office Européen de Lutte Anti –Fraude). Directeur général du Centre de Développement de l’Entreprise (CDE) de 2005 à mi -2007, Hamed Sow était soupçonné de détenir des intérêts personnels (actions numéraires ou poste lucratif) dans une entreprise financée par le CDE : Fitna, une entreprise de textile.

Blanchi dans « l’affaire du CDE » 

Après une enquête qui aura duré un an, au Mali et au Sénégal, et coûté un million d’euro, Hamed Sow est blanchi. Le rapport, qui l’a sanctionnée, a été déposé auprès de la commission de l’Union Européenne. Ce document, dont copie est toujours attendue par les autorités maliennes, ne reconnaît « aucun conflit d’intérêt » avec Fitna.

En réalité, les accusations formulées contre Hamed Sow émanaient d’un certain Terry Batterby. D’origine anglaise, il était responsable du service informatique du CDE. Sous la direction d’Hamed Sow, il avait bénéficié d’importants moyens financiers pour moderniser ce service.

Mais en février 2006, Hamed Sow et son adjoint, Christian Claudon constatent non seulement que les fonds mis à la disposition de Terry Batterby n’avaient été investis ; mais aussi, que le service informatique du CDE était de piètre qualité. Un délai supplémentaire de six mois lui a été accordé pour ce faire. Peine perdue. Et ce qui devrait arriver, arriva : le 18 octobre 2006, Terry Batterby est relevé de ses fonctions pour incompétence.

Du coup il attaque, en justice, la décision d’Hamed Sow. Echec et mat. Depuis, il a juré d’avoir la peau de son patron. Pour y arriver, il « manipule » les fichiers informatiques de celui –ci, en laissant planer le doute sur un « possible » conflit d’intérêt entre Hamed Sow et Fitna. La suite, on la connaît.

Hamed Sow n’est pas la première victime du CDE.

Hamed Sow n’est pas la première victime du CDE. Avant lui, l’ancien représentant du CDE en France, Jean –Louis Giraudy, avait été accusé de « conflit d’intérêt ». C’était en novembre 2002, peu après la démission de la commission dirigée par jacques Santer.

A l’issue de son audience, le tribunal de la fonction publique européenne à lui verser 15.000 euros de dommages et intérêts pour avoir porté atteinte à la « réputation » et à « l’honneur » de Jean –Louis Giraudy. Il s’agit là de la plus forte amende infligée à la Commission par ce tribunal.

Das le cas Hamed Sow, les autorités maliennes attendent, toujours, que des excuses publiques lui soient présentées par la Commission de l’Union Européenne. Après qu’elle ait porté atteinte à son honneur et à sa réputation dans cette affaire, qui n’en est pas une.

En attendant, le « père du PDES » fait son come-back. Non pas par un poste ministériel ; mais par le prestigieux poste de « conseiller spécial » du président de la République.

Oumar Babi

 

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