IBK au cours de son investiture au stade Modibo Kéita : « Aucune victoire ne sera encore volée en 2012 »

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Les 25 mille places du stade omnisports, Modibo Kéita, ont eu de la peine à contenir les militants et militantes du Rassemblement pour le Mali (RPM) et ceux de l’Alliance « IBK 2012 », le samedi 14 janvier dernier. C’était un grand monde, discipliné, engagé et convaincu de la victoire finale de leur leader. C’était sous un soleil de plomb qu’ils avaient quitté tous les quartiers de Bamako pour venir répondre  massivement à l’appel des Tisserands, lesquels ont mis les petits plats dans les grands pour faire de l’investiture d’IBK, une fête populaire. En effet, après avoir répondu oui le 7 janvier dernier à ses supporteurs et fans, qui le sollicitaient pour briguer la haute magistrature de l’Etat, IBK a été officiellement investi par son parti. Après Mariko,  Dioncounda, Soumaïla Cissé, Achérif, Soumana, IBK est désormais  dans la course à la succession d’ATT qui va laisser son fauteuil vacant à parti du 8 juin 2012.
 
A cette occasion, les membres de ses clubs, associations, partis et mouvements de soutien à sa candidature, s’étaient donné rendez-vous dans ce lieu hautement historique pour manifester leur soutien et leur engagement à IBK. Parmi ceux-ci, on peut citer, la Coalition IBK 2012 dont le premier responsable a promis l’élection d’IBK dès le premier tour, les Mouvements et Associations de soutien à la candidature d’IBK, les amis de Yacouba Traoré, les Volontaires qui soutiennent IBK, Vision nouvelle, Association Horonya et SYDIMA International, un mouvement basé en Europe. Précisons que de nombreux leaders religieux ont  répondu à l’invitation d’IBK : El Cheick Souffi Bilal, El Hadj Ousmane Chérif Madani Haïdara entre autres.
La cérémonie d’investiture s’est déroulée en trois temps. Le premier était consacré à la prestation des artistes qui ont émerveillé la foule. Tour à tour, Koko Dembélé, Fantani Touré, Bako Dagnon et d’autres troupes musicales ont  tenu en haleine le public du stade Modibo Kéita, venu pour encourager le « Kankelen Tigui » (l’homme de parole) à se battre pour arracher le fauteuil le présidentiel. Et sans grande surprise, les louanges du descendant de Soundjata Kéita ont été chantées, à la grande satisfaction des hôtes du jour.

Le deuxième temps fort était réservé au discours de ces différents soutiens. On  retiendra que ceux-ci sont résolument  engagés à faire d’IBK, le président du Mali en 2012. Tous pensent qu’IBK est l’homme qu’il faut pour le Mali d’aujourd’hui. Tous pensent également que son patriotisme, son charisme,  sa générosité et son don de soi plaident en sa faveur pour être le deuxième Kéita à diriger le Mali, après bien sûr Modibo Kéita. S’y ajoutent qu’il a une formation universitaire solide, un parcours politique éloquent, un carnet d’adresse bien fourni, une solide amitié avec les notabilités de Bamako et du Mali profond. Qui dit mieux ? En tout cas, en dehors en même de sa formation politique, de ses multiples soutiens, des voix s’élèvent de plus en plus pour dire face à la chienlit dans le nord  Mali et dans les milieux scolaires, il faut un homme de la trame d’IBK pour  ramener la paix, la quiétude au Mali et restaurer la discipline au sein de l’espace scolaire et universitaire.

Le dernier temps de cette cérémonie, le plus important, c’était l’intervention d’IBK que le public attendait des heures durant. Tout de blanc vêtu, l’époux d’Aminata Maïga (une dame de cœur qui s’intéresse non seulement aux individus mais aussi aux animaux à travers son ONG « AGIR »). Nous reviendrons un de ces 4 jours sur ses belles œuvres.

Très enthousiaste et ragaillardi par  ce beau monde, IBK a tout d’abord déclaré: « Je suis ému et fier  d’être devant vous aujourd’hui. Merci d’être venu si nombreux. C’est avec honneur et humilité que j’accepte d’être candidat.» Ensuite, il a précisé : « je ne suis pas le candidat d’un seul parti, d’un camp, d’un groupe, d’une communauté ou d’une région. Je suis le candidat de tous les Maliens, Oui, je suis le candidat du peuple malien.» Le leader des Tisserands estime que le grand rassemblement permet de faire face à « notre cause commune qui est le Mali ».
La situation actuelle de notre pays appelle une nouvelle politique. Et pour conduire cette politique, il faut, selon IBK, un homme d’expérience comme lui pour amener le Mali vers le changement tant attendu. Le candidat du RPM voit que la situation de notre pays suscite des interrogations. C’est pourquoi, il ambitionne une société plus juste où tous les Maliens où qu’ils se trouvent se sentiront mieux. Et dès qu’il sera élu président de la République, il s’engage à prendre des mesures dans ce sens. S’exprimant sur la situation de l’école, le n°1 du RPM soutient que l’école n’est pas une quincaillerie que n’importe qui peut créer et dans n’importe quelle condition. « Avec IBK, l’école ne sera plus un lux mais un droit, chaque étudiant, après le bac, aura un ordinateur portable, chaque région aura un campus universitaire. Je prévois un contrat qui liera l’Etat à la jeunesse. Au plan économique, dès mon arrivée au pouvoir, je compte redynamiser notre économie  et  amener cette dernière d’une économie de pauvreté à une économie de richesse », a-t-il promis.

Le Manika Bourama prévoit également de  redresser l’Etat, car pour lui, quand l’Etat est faible, ce sont les pauvres qui subissent les conséquences de l’anarchie que cette situation crée. Dans cette optique, il prévoit un modèle de gouvernance dans lequel l’exemple viendra d’en haut. « Je refuse le pillage des ressources de l’Etat. Il nous faut une justice basée sur la loi et non sur l’argent » dixit IBK.

S’agissant du nord de notre pays, l’ancien Premier ministre de Konaré regrette les enlèvements et les assassinats de touristes occidentaux dans cette partie du Mali. Aussi, entend-il mettre fin au sentiment de terreur qui règne au nord à travers, entre autres, l’organisation d’un dialogue inclusif avec l’ensemble des communautés du nord, le développement de la zone, l’instauration  de l’Etat et une bonne distribution de la justice.
Enfin, IBK souhaite des élections transparentes et crédibles. Toutefois, une précision de taille: « aucune victoire ne sera encore volée 2012.»

Youssouf Diallo

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