Il faut le dire : Interdictions

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Demain, en principe, l’AssemblĂ©e nationale examinera les dĂ©cisions de la CĂ©dĂ©ao relatives Ă  la crise institutionnelle et sĂ©curitaire du Mali. En particulier, celle faisant interdiction aux acteurs principaux de la transition de se prĂ©senter aux prochaines Ă©lections gĂ©nĂ©rales. A l’instar de la CĂ©dĂ©ao, l’Union Africaine trouve que si ces acteurs se prĂ©sentent aux Ă©lections, ils pourraient se dĂ©tourner des missions essentielles assignĂ©es Ă  la transition, dont justement la prĂ©paration et l’organisation desdites Ă©lections, et se perdre dans des calculs Ă©lectoralistes.

Par rapport au mĂȘme sujet, lors de son show tĂ©lĂ©visĂ© adressĂ© Ă  la nation, le Premier ministre a affirmĂ© qu’il ne pense pas aux Ă©lections, qu’au moment oĂč le pays est divisĂ©, personne ne doit se focaliser sur ça, que le peuple ne doit penser qu’au retour de l’intĂ©gritĂ© territoriale et de la souverainetĂ© nationale.

Par ces dĂ©cisions, la CĂ©dĂ©ao et l’Union africaine vont encore se faire des ennemis car elles seront encore accusĂ©es d’imposer des diktats aux Maliens. Les plus critiques sont ceux qui rĂ©affirment Ă  la moindre occasion leur souverainetĂ©, leur indĂ©pendance, en oubliant que depuis le 1er avril, ils ne contrĂŽlent plus que moins d’un tiers de leur territoire national, que sans la communautĂ© internationale ils ne pourront jamais retrouver l’indĂ©pendance totale, que leurs concitoyens sont amputĂ©s, fouettĂ©s, lapidĂ©s, tuĂ©s au nom d’une loi islamique imposĂ©e par des groupes armĂ©s dont la plupart des Ă©lĂ©ments n’ont mĂȘme pas la nationalitĂ© malienne.

Qu’à cela ne tienne, ils peuvent faire les fiers Ă  bras, rouler des mĂ©caniques, s’égosiller et battre le pavĂ©.

La CĂ©dĂ©ao et l’Union africaine, toutefois, il faut le dire, auraient pu s’épargner tant de peine et de tension inutile. En effet, mĂȘme si elles ne faisaient pas cette interdiction qui n’interdit rien Ă  personne sans la promulgation d’une loi malienne votĂ©e par l’AssemblĂ©e nationale, les deux acteurs majeurs de la transition, hier comme aujourd’hui, n’ont aucune chance de gagner une Ă©lection prĂ©sidentielle ici au Mali. MĂȘme Dioncounda TraorĂ©, qui est le prĂ©sident du plus grand parti politique de la place, l’Adema Pasj, a fortiori Cheick Modibo Diarra et son micro-parti RdPM qui ne pĂšse rien sur la scĂšne politique nationale. En revanche, interdiction ou pas, les deux hommes, surtout le Premier ministre, vont se charger des positions de leurs partis respectifs. Le Cheick Modibo Diarra du RdPM s’est dotĂ© d’un siĂšge tout neuf, est en train de caser ses militants et cadres, s’est donnĂ© un poste dans le gouvernement, est en passe de nouer de solides alliances avec les partis politiques de la restauration, est en train de rĂ©habiliter et de placer les membres de sa belle-famille. Quant Ă  Dioncounda TraorĂ©, en vieux briscard, il opĂšre en douce. Par discrĂ©tion ou par peur ? Sans doute les deux car il ne doit pas avoir oubliĂ© son passage Ă  tabac de mai dernier. Ses agresseurs sont toujours de service.

Une autre exigence de la communautĂ© internationale, c’est l’organisation d’une concertation nationale pour lĂ©gitimer les organes et acteurs de la transition. Mais sur ce point, les fiers Ă  bras seront forcĂ©s de cacher leur orgueil car ils ont Ă©tĂ© les premiers Ă  rĂ©clamer de telles assises, d’abord pour imposer le chef des putschistes du 22 mars Ă  la tĂȘte de la transition, ensuite, devant la rĂ©ticence du peuple malien, Ă  donner Ă  l’actuel chef du gouvernement tous les pleins pouvoirs qui lui auraient permis de perdurer Ă  son poste sans faire grand-chose. Il est vrai que depuis que Cheick Modibo Diarra est sorti de son rĂŽle en ne les associant pas Ă  la gestion de la transition, ils se sont retournĂ©s contre lui. Aujourd’hui entre eux, c’est la rupture totale. Raison pour laquelle ils cherchent par tous les moyens Ă  faire organiser cette concertation nationale qui leur permettra de se dĂ©barrasser non seulement du Premier ministre, mais surtout de leur grand ennemi, le prĂ©sident de la RĂ©publique, Dioncounda TraorĂ©, imposĂ© selon eux par la communautĂ© internationale. Mais le Martien connait la musique, et se plait Ă  souhait Ă  brouiller les pistes de danse. Et le prĂ©sident de la RĂ©publique le laisse faire. Ils savent tous deux qu’ils ne seraient jamais Ă  leurs postes actuels sans les soubresauts de l’histoire. Car aucun peuple sĂ©rieux n’aurait Ă©lu un prĂ©sident pareil, aucun prĂ©sident sĂ©rieux n’aurait nommĂ© un tel Premier ministre, aucun Premier ministre sĂ©rieux n’aurait formĂ© un tel gouvernement.

Alors vivement une concertation nationale pour remettre le pays sur les rails.

Cheick Tandina

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5 COMMENTAIRES

  1. coco=blanche neige= sanene ba kulĂ© fa kulĂ© den kulĂ© itakou bakou 👿 ❓ 😆

  2. PERTINENCE MAXIMALE de la premiĂšre Ă  la derniĂšre ligne! Respect Tandina! Les articles de ce niveau sont beaucoup trop rares dans notre paysage mĂ©diatique malien!! đŸ˜„ đŸ˜„ đŸ˜„

  3. LES CONCERTATIONS NATIONALES PERMETTRONT DE MIEUX PRÉPARER ET MIEUX FAIRE LA GUERRE PLUS TARD EN CAS DE DÉSACCORD PROFOND LORS DES NÉGOCIATIONS EN AYANT L’ADHÉSION ET LA PARTICIPATION DE LA QUASI-TOTALITÉ DES MALIENS.

    ELLES PRÉPARENT AUSSI A LA RÉCONCILIATION NATIONALE ET A LA RECONSTRUCTION DE L’UNITÉ NATIONALE.

    ELLES DOIVENT DONC ÊTRE ORGANISÉES AVANT LA LIBÉRATION DU NORD.

    LEUR PROGRAMMATION DU 26 AU 28 NOVEMBRE 2012 EST JUDICIEUSE ET LA PARTICIPATION DE TOUS LES MALIENS MILITANT POUR L’INTÉGRITÉ TERRITORIALE ET LA LAÏCITÉ EST SOUHAITÉE.

    Bonjour,
    Comme dit le Premier Ministre du Mali, Dr Cheick Modibo Diarra, les concertations nationales constituent une occasion pour regrouper tous les Maliens et non pour les diviser.

    Effectivement, elles doivent concerner et intégrer tous les Maliens.

    Elles ne doivent pas se polariser uniquement sur les prĂ©alables (feuille de route, restauration de l’intĂ©gritĂ© territoriale, Ă©lections, dĂ©mocratie, dĂ©centralisation, sĂ©curitĂ©), certes indispensables, mais aussi et surtout sur le futur souhaitĂ© par les Maliens.

    Elles doivent avoir des ramifications au niveau régional pour fédérer tous les besoins et les préoccupations des communautés et de tous les Maliens.

    Elles permettent de mieux prĂ©parer et mieux faire la guerre plus tard car permettent en cas de dĂ©saccord profond lors des nĂ©gociations (avec les groupes armĂ©s souhaitant y participer en acceptant de dĂ©poser les armes, de cesser la terreur qu’ils gĂ©nĂšrent, et en s’engageant pour la restauration territoriale du Mali et pour la laĂŻcitĂ©) de mieux la prĂ©parer en ayant l’adhĂ©sion de tous les Maliens et leur participation Ă  une guerre informationnelle (guerre stratĂ©gique de renseignements) qui sera plus prĂ©cise et gĂ©nĂ©rera moins de dĂ©gĂąts (car les actions seront plus ciblĂ©es) qu’une guerre classique.

    En plus, elles généreront un calme relatif car pendant leur tenue les groupes armés qui souhaitent y participer déposeront les armes.

    LEUR TENUE N’EST PAS EN CONTRADICTION AVEC LE FAIT DE FAIRE LA GUERRE PLUS TARD CAR EN CAS DE DÉSACCORD PROFOND AVEC CES GROUPES ARMÉS, LA GUERRE SERAIT INÉLUCTABLE.

    La guerre avant les concertations et avant la nĂ©gociation avec les groupes (MNLA et Ansar Dine) s’ils dĂ©sirent nĂ©gocier, en s’engageant Ă  dĂ©poser les armes mais aussi en s’engageant pour l’unitĂ© et la laĂŻcitĂ©, rendra compliquĂ© voire impossible la rĂ©conciliation nationale.

    Pour Ă©liminer efficacement le terrorisme au Mali sans les dĂ©gĂąts collatĂ©raux et garantir la rĂ©conciliation nationale et la reconstruction de l’unitĂ© nationale aprĂšs la guerre, l’adhĂ©sion de tous Ă  travers les CONCERTATIONS NATIONALES est indispensable et la GUERRE DOIT ÊTRE BIEN PRÉPARÉE Ă  travers une guerre stratĂ©gique de renseignements et d’intelligence collective Ă  laquelle doivent participer tous les Maliens et tout le monde.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
    E-mail: Webanassane@yahoo.com

  4. Belle conclusion, peut-ĂȘtre. Mais, pour sĂ»r, les peuples n’ont-ils pas les dirigeants qu’ils mĂ©ritent? Nous devrions mĂ©diter.

  5. Belle conclusion, peut-ĂȘtre. Mais, pour sĂ»r, les peuples n’ont-ils les dirigeants qu’ils mĂ©ritent? Nous devrions mĂ©diter.

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