Implosion du Parti CDS en cours : Cinq maires et 14 conseillers communaux ont démissionné

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Les  maires des communes de Sido, Debelin, Zantiébougou, Bougouni, Faradiélé, Garalo et Yinindougou ont démissionné du parti Convention Sociale Démocrate (CDS) le 13 février 2012 avec quatorze conseillers communaux et sept militants signataires de la décision.
La CDS est le parti qui a de tout  temps dominé la scène politique dans le Cercle de Bougouni depuis sa création. Cela est dû d’une part au courage politique de son président fondateur, Mamadou Bakary dit Blaise Sangaré, et à la concentration de beaucoup de compétences locales dans le même parti.
Cependant, courant ce mois, les relations entre le président du parti et des maires dans le Cercle de Bougouni se sont complètement détériorées. Par la suite,  la démission collective signée en date du 13 février 2012 par les  maires des communes rurales de Sido, Garalo, Zantiébougou, Debelin, de Yinindougou en plus de la commune urbaine de Bougouni justifie à plus d’un titre, l’existence de cette relation conflictuelle.
En fait, le mercredi 1er  février 2012, les six maires se sont rendus en délégation au siège du parti à Bamako afin d’échanger avec le président sur des stratagèmes de ce dernier au sein du parti qu’ils ne comprennent pas. Selon eux, Blaise n’a pas répondu à l’appel et aurait affirmé qu’avant de venir à Bamako pour un entretien, les maires devraient le saisir par une lettre et par la voie hiérarchique du parti.
Cette expression a été qualifiée d’insulte par les maires en question. A leur retour à Bougouni, ils ont à nouveau invité le samedi 11 février 2012 Mamadou Bakary dit Blaise à les rejoindre afin qu’ils discutent et trouver une solution à la crise qui se pointe à l’horizon.
Le président du parti du cheval blanc n’a pas bronché. A cet effet,  les maires ont formulé une lettre de démission collective dans laquelle ils évoquent comme motifs de démission, le non-respect des textes du parti, le manque de débat politique au sein du parti et la confusion du parti à la seule personne de son président.
Les maires ont été suivis par trois (3) conseillers communaux de Sido en plus du président de la sous section de la même commune, deux (2) conseillers communaux de Debelin, cinq (5) conseillers communaux de Zantiébougou, deux (2) conseillers communaux de Faradiélé, un (1) conseiller communal de Bougouni ainsi que 6 militants signataires dans la commune urbaine de Bougouni.
A noter que les causes de ce malentendu sont  aussi diverses que complexes.
D’après un des maires démissionnaires, les proches du maire de Garalo, M. Souleymane Samaké dit ‘’Jigla’’ auraient rapproché ‘’Blaise’’ afin qu’il présente ‘’Jigla’’ comme candidat aux législatives de juillet 2012. De même, les parents du maire de la commune rurale de Yinindougou auraient procédé de la sorte pour la présentation de la candidature de M. Daouda  Sory  KONE sous la couleur de la CDS. A ces plaidoyers collectifs, le président aurait répondu par la négative.
En outre,  le maire de la commune rurale de Sido, Moussa Balla Doumbia, président du syndicat des collectivités « BULONBA »  semblerait être intéressé par le poste de candidat aux législatives prochaines.
Par ailleurs, les trois prétendus candidats se sont vus menacés par l’émergence au sein du parti d’une nouvelle tête en la personne, de M.  Zoumana N’tji Doumbia, originaire du village de Saala dans la commune de Zantiébougou,  notaire de son état, est présumé le candidat de Blaise Sangaré. Ce monsieur venu de nulle part dans le parti selon eux, est la principale source de frustration.
La lecture de la scène politique  montre bien qu’un seul parti ne peut plus remporter les quatre sièges de la circonscription de Bougouni, comme le faisaient la CDS, alors, les partis seront obligés de faire des alliances. Ceci rétrécira encore la marge des prétendants, qui ne seront représentés que par une ou de deux personnes au maximum lors des alliances. Les inquiétudes et la peur ont commencé à s’installer chez les démissionnaires qui ont envie de se présenter.
La rencontre avec Blaise  demandée par les maires se portait, à l’en croire, sur sa position par rapport aux candidatures aux élections législatives prochaines.
Quant au président Blaise lui-même, joint au téléphone le 17 février 2012, il nous a rassuré qu’aucun problème n’existe au sein de son parti. Pour preuve, il n’a  reçu aucune lettre de démission venant d’un maire. Il ajouta que la démission d’un maire ou d’un militant de la CDS n’est peut être que le fruit du pluralisme politique dans lequel s’inscrit parfaitement la CDS.
En tout état de cause, ces démissions seront une perte de vitesse de la CDS dans la circonscription administrative de Bougouni lors des élections générales de 2012.
Seydou  KONE

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