Invité Afrique: Ibrahim Boubacar Keïta, président de la République malienne

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Ibrahim Boubacar Keïta, président de la République malienne
Ibrahim Boubacar Keïta.
REUTERS/Louafi Larbi

Un mois après les affrontements meurtriers de Kidal, dans le nord du Mali, le gouvernement malien annonce qu’il est prêt à engager des négociations avec les groupes armés du Nord dans la première quinzaine de juillet à Alger. Quelle est la responsabilité du président Ibrahim Boubacar Keïta dans les combats du 21 mai dernier ? Qu’attend-il des futures négociations ? IBK est actuellement à Malabo où il assiste au 23e sommet de l’Union africaine. Il répond aux questions de notre envoyé spécial, Christophe Boisbouvier.

RFI : Qu’est-ce que vous attendez de cette reprise du dialogue avec les groupes armés du nord le mois prochain à Alger ?

Ibrahim Boubacar Keïta : Le meilleur. J’espère que cette fois-ci, nous sommes engagés dans une très bonne voie qui va nous permettre de déboucher sur un accord, cette fois-ci, de confiance, un accord global et définitif pour que nous n’ayons plus à déplorer ces morts d’un côté comme de l’autre. Pour moi, ce sont toujours des Maliens qui tombent. Et je crois qu’avec nos frères, le temps de l’entente est venu.

A l’origine, vous souhaitiez que ces pourparlers aient lieu sur le territoire malien. Vous avez fait un geste. Pourquoi ?

Il faut savoir faire des concessions. Et au terme de discussions finales, nous souhaitons que ce soit au Mali. Pas pour des raisons de durcissement ou de coquetterie mais nous pensons que ce sera là un test de confiance revenue entre nous.

Est-ce qu’on peut dire qu’après les combats du 21 mai dernier à Kidal, la confiance était rompue et qu’il fallait la rétablir, et que c’est pour cela qu’il faut aller à Alger ?

Je crois que les groupes n’ont jamais perdu confiance. Moi j’ai le réflexe de le penser et de le croire. Tout le monde sait que ce qui s’est passé à Kidal le 21 mai n’était pas du tout ce que j’avais souhaité. Et je ne peux pas avoir deux jours auparavant, avoir dit malgré la douleur vive qui était la mienne et celle du peuple malien, par rapport à la tragédie survenue le 17, qu’on avait envie de préférer égorger à Kidal. En dépit de cela, j’avais dit, pour autant convenons qu’il y aura un retour à la paix et allons à la table des négociations. J’ai dit cela. Je ne peux pas le lendemain ordonner qu’on reprenne les armes. Donc je ne pouvais pas ne pas réagir à cela. Vous avez bien vu que j’ai mis fin aux fonctions de la Défense. J’ai estimé que mes instructions n’avaient pas du tout été correctement transmises et respectées. On m’a vu en plein Conseil des ministres lorsqu’on m’a informé, dire ‘Cela suffit. Cessez-le-feu immédiat. C’est contraire à mes instructions’. Tout le monde dans le cabinet autour de moi peut en témoigner.

Vous êtes le chef des Armées, il y a eu une défaillance dans la chaîne de commandement ?

C’est clair, je l’assume. Et l’assumant, j’ai pris la mesure, la première qui s’imposait. Celui que j’avais mis en charge de la Défense nationale en a payé les frais.

Mais est-ce que ça suffit ? Est-ce qu’il n’y a pas aussi défaillance au niveau de l’état major ?

Chaque chose en son temps. Je n’ai pas besoin maintenant de perturber cette chaîne de commandement qui vient juste d’être mise en place. Les responsabilités seront situées et les corrections seront apportées.

Avec le recul, est-ce que vous vous dites qu’il aurait peut-être fallu mieux préparer la visite de votre Premier ministre Moussa Mara le 17 mai à Kidal ?

On a beaucoup épilogué sur cette affaire-là, mais on m’a donné l’assurance que les choses étaient en ordre. La preuve, c’était la tournée que le chef de l’état-major général des forces armées avait faite dans la région, jusqu’à la frontière algérienne. La surprise a été la soudaineté de l’attaque et son caractère massif et la puissance de feu. Le chemin de la paix est le seul possible et souhaitable.

Lors de ces pourparlers d’Alger, les groupes armés du nord vont réclamer une plus grande autonomie. Est-ce que vous êtes prêts à les écouter ?

Je pense que la décentralisation vraiment poussée dans ses meilleurs effets, une bonne régionalisation avec une gouvernance revue et corrigée où nous pourrons nous retrouver… Inch’Allah ! [NDLR : va permettre de trouver un compromis]

Beaucoup disent que depuis les évènements du mois dernier à Kidal, il y a moins de va-t-en-guerre à Bamako. Est-ce que Kidal pourrait être un mal pour un bien ?

Je ne sais pas s’il y avait beaucoup de va-t-en-guerre (rires). Après cette histoire de Kidal, on a entendu beaucoup de choses. On a entendu des poussées anti-françaises. Je vais dire seulement ceci : dans ce genre de situation, on cherche toujours un bouc émissaire. Ce qui est clair, c’est que le gouvernement malien et le chef de Etat du Mali n’ont jamais perdu confiance, ni en la France, ni en la Minusma (Mission des Nations unies au Mali). Nous savons trop le prix qui a été payé par la France pour la libération du Mali.

Le 2 novembre, les journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été assassinés. Leurs assassins courent toujours ?

Cela m’est une immense douleur et je ne pourrais jamais comprendre et admettre que Ghislaine et Claude, je les appelle ainsi, dans une mission dont je sais toute la beauté, toute la rigueur et tout l’intérêt, de paix, de compréhension avec les hommes, aient été aussi lâchement, froidement et cruellement assassinés. Nous avons des difficultés parce que dans la zone, telle qu’elle est aujourd’hui, le travail des magistrats et enquêteurs n’est pas facile. Pour autant, nous ne lâcherons pas. Et à Kidal nous sommes persuadés qu’il n’y avait pas que nos frères du MNLA, du HCUA et du MAA. Nous sommes certains que les éléments de la grande nébuleuse qui est une menace pour le monde entier, en étaient également.

Et ce qu’on ne risque pas de fermer les yeux sur les assassins du 2 novembre au nom de la raison d’Etat ?

Non, ça croyez-le bien, non. Je suis un homme d’honneur, réputé comme tel, et je dis non. J’ai dit que la vie de Claude et de Ghislaine sont nettement au-delà de la raison d’Etat.

 

Christophe Boisbouvier

Source: rfi.fr

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20 COMMENTAIRES

  1. ces vies sont importantes mais pas au delà de la raison d’Etat française car tout porte a croire qu’ils ont été assassinés par leur patrie. Quand a la raison d’Etat malienne, allez savoir !

  2. ibk est une honte pour le Mali,pas un mots pour les Maliens froidement assassiné !!!!!!!quelle honte encore!!!!!!.

  3. Quel gâchis pour le mali si ont savaient monsieur le président république très très démocratique de gondouana 😥 😥

  4. 9 synonyme de l’autonomie à deux sens du mot autonomie:
    indépendance:

    1 auto-gouvernement, l’autonomie, la responsabilisation, l’indépendance, la liberté, la souveraineté.

    Forme de gouvernement:

    2 autarcie, autarcie, l’autocratie

  5. IBK DOIT PREPARER LA GUERRE CAR TOUS CET QUE MOI JE VOIE C’EST À PART LE RESPECT DE LA REPUBLIQUE LAIQUE DU MALI AVEC UNE DECENTRALISATION AVANCÈ DANS CETTE NÉGOCIATION TOUS LE RESTES COMME AUTHONOMIE, FEDERATION EXT…SONT DES CONNÈRIES DE PIÈGES CONTRE LE MALI, NON SEULEMENT LE PAYS SERAIT DIVISER ET N’ECHAPERAT PAS AUSSI LA CHARIA, CAR UN ÉTAT HAZARWADE = UN ÉTAT TERORISTE ET IL SUFIT SEULEMENT DE PRENDRE UN MALIEN DE KAYE OU DE MOPTI COMME LEUR CHEF IL VONT ATTAQUER LE MALI ET IMPOSER LA CHARIAS. DONC IBK DOIT S’AVOIR QUE LA GUERRE EN CET MOMEN5T EST FAVORABLE POUR LE MALI QUE LA GUERRE DE DÈMAIN.

  6. IBK EST UN MENTEUR ET UN VRAI IRRESPONSABLE ….!!!!

    IBK prétend que Mara et le Chef d’Etat Major sont venus le voir pour lui dire que ce sont eux qui ont donné l’ordre en accord avec le ministre de la défense ….et ont présenter leur démission qu’il a rejeté…. parcequ’ils ont été honnêtes …

    Il a osé ajouter qu’il a renvoyé Boubeye … parceque celui ci n’est pas venu le voir .pour assumer son rôle … pourtant Boubeye est le seul qui est venu faire face au peuple après les événements … pour dire … “nous avons tenté … nous avons honteusement échoué … avec de grosses pertes … y inclus le Colonel Faysal … et il faut se regrouper et en tirer des leçons…”

    L’autre menteur …Mara a dit que l’ordre n’est pas venu des autorités politiques …. et à ajouter plus tard qu’il n’a jamais eu l’intention de démissionner ….

    Supposons que IBK que les propos de IBK sont vrais …. QUEL PRÉSIDENT RESPONSABLE GARDE DES IMBÉCILES QUI ENGAGENT LE PAYS EN GUERRE SANS SON ACCORD … ???

    SOYONS SÉRIEUX ….

    BIEN SÛRE QUE BOUBEYE DEVAIT QUITTER … MÊME SI IL N’AVAIT RIEN À AVOIR AVEC L’ORDRE … IL ÉTAIT LE MINISTRE DE LA DÉFENSE …

    MAIS OSER GARDER … LA GRANDE GUEEEUULE QUI EST À LA SOURCE DE TOUTE LA MEERDE … ET QUE TU PRÉTENDS AVOIR OUVERTEMENT ADMIS … D’AVOIR ENGAGER LA NATION EN GUERRE DERRIÈRE TON DOS ….????

    PAUVRE MALI … QUELLE MALÉDICTION T’A FRAPPÉ….????

    LE MALI N’A AUCUNE CRÉDIBILITÉ … AVEC CETTE RACAILLE DE MENTEURS IRRESPONSABLES … RÉUNIS SOUS LE PARAPLUIE DE LA FAMILLE ET DES AMITIÉS DU GRIN…

    Moussa Ag,…. Comment peut on être si irresponsable et menteur … quand l’espoir de toute une nation est dans tes mains ….

  7. mon président, on a vu vos larmes avec l'assassinat de 2 journalistes mais pas avec nos braves préfets et soldats tués en exercice pour le sacrifice suprême qui est de servir sa patrie.

  8. Ibkk est une honte pour le mali comme il le dit-la vie de Gislaine et Claude sont nettement au delà de raison d’état et les pauvres maliens qui sont mort a kidal ibkk ne parle même pas de sa et ses gens la sont mort à cause de son ignorance a envoyé mara a kidal pour nous maliens est plus important que ses deux français

  9. Il faut negocier et donner l’autonomie au nord dans un Mali uni et fort!!!

    • Donne l’autonomie de kidal sera faiblesse de la part des dirigeants malien la ou les personnes qui prendrais cette responsabilité seront toujours jugés par les comme des traître et sa va suivre leurs famille jusqu’à l’éternité

  10. L’autonomie des régions du nord est déjà sur les rails. En lisant entre les lignes de cet interview d’IBK on comprend parfaitement que les choses évoluent. IBK ne pourra pas heurter les maliens par une annonce brute de cette autonomie mais il va essayer d’enjoliver le mot en lui donnant le nom de régionalisation. Dans le fond les choses évoluent mais dans la forme ce n’est qu’un détail

  11. Les Maliens ont naivement plébiscité un manipulateur politique, et ils n’ont eu que le président qu’ils méritent. Ce roitelet est à l’image de sa plèbe.

  12. La question est pourtant simple et limpide:

    ” Quelle est la responsabilité du président Ibrahim Boubacar Keïta dans les combats du 21 mai dernier ? ”

    Vous lisez une réponse vous? 8) 8) 8)

  13. MISTER PRESIDENT IBK CHEF DE FILE DES MUNICHOIS MALIENS

    ALLEZ NÉGOCIER LA PARTITION A MOYEN LONG TERME DE VOTRE PAYS

    ALLEZ NÉGOCIER COMME DES NAÏFS A L’INSTAR DE CHAMBERLIN ET DALLADIER EN 1938 QUI PENSAIT AINSI EVITER LA GUERRE AVEC HITLER

    ALLEZ PERDRE VOTRE TEMPS ET ENERGIE ET ABOUTISSEZ AU SUCCESSEUR DES ACCORDS DE TAMMANRASSET ALGER OUAGA OU QUE SAIS JE …..

    MAIS L’HISTOIRE RETIENDRA QU’IL Y’AVAIT DES MALIENS QUI AVAIENT OPTE POUR LA RÉSISTANCE QU’ELLE QU’EN SOIT LE COÛT HUMAIN, FINANCIER OU POLITIQUE

    LA GUERRE D’INDÉPENDANCE DE L’AZAWAD N’EST QU’UNE QUESTION DE TEMPS
    QUI VEUT LA PAIX PRÉPARE LA GUERRE
    IL N’YA QU’EN ÉCRASANT CETTE VERMINE MNLA QUE L’ON OBTIENDRA QUELQUE CHOSE LORS DES NÉGOCIATIONS PHASE ULTIME DE TOUT CONFLIT
    LES BESOINS SONT CONNUS DE TOUS:

    HÉLICOPTÈRES D’ATTAQUE, AVIONS DE COMBAT ET CHARS D’ASSAUT

    CE N’EST PAS PARCE QU’ON A PERDU UNE BATAILLE QUE L’ON A PERDU LA GUERRE
    ALLEZ Y LIRE L’APPEL DU 18 JUIN 1940 DE DE GAULLE

  14. UN PRESIDENT MOINS QUE RIEN

    LE BOEING D’ABORD
    LA FAMILLE ENSUITE
    LE MALI INCH ALLAH

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