IVème Congrès ordinaire du MPR dans la perspective de la présidentielle 2012 Le renouvellement des organes et la soif de réconciliation nationale prennent le pas sur la candidature du parti

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” Le choix du candidat à l’élection présidentielle est beaucoup attendu. L’impatience gagne les rangs. Mais il faut, en la matière, faire preuve de clairvoyance. Je me réjouis de ce que vous ayez confié cette question au nouveau Bureau exécutif central (BEC) qui se prononcera, après avoir passé en revue toutes les options… “. Ce sont là des mots du discours de clôture du président du Mouvement Patriotique pour le Renouveau (MPR), Dr Choguel Kokalla Maïga à la tribune du IV ème Congrès de ce parti, tenu au CICB du 23 au 25 décembre 2011. Non seulement Choguel Maïga ne s’est pas inscrit dans une quelconque rupture de l’orientation politique du parti par rapport à son attachement filial à la 2ème République, mais aussi le parti du tigre n’a pas tranché la question de sa participation à la prochaine présidentielle.

Les premiers responsables du parti issu des flancs de l’UDPM du Général Moussa Traoré  ont réaffirmé, à l’ouverture de ces assises, leur foi en la politique de «la réconciliation nationale, qui constitue le socle sur lequel s’est structuré le  parti». Ce, depuis sa création en janvier 1995, après ses premiers pas sous l’étiquette «UDPM-Rénové» depuis juin 1993. Pour le président du parti du tigre, la réconciliation nationale est pour le MPR une profession de foi, le fondement même de son projet politique.

C’est pourquoi nous avons apprécié, à sa juste valeur, l’appel du président de la République qui, le 22 septembre 2010, année du Cinquantenaire, demandait à notre peuple et à l’ensemble de la classe politique et à la société civile, de se joindre à lui pour réfléchir à la manière la plus adéquate pour avancer sur le chemin de la réconciliation nationale “, a-t-il déclaré.

Réconciliation nationale

Et Dr Choguel Maïga d’expliquer qu’on avait alors prêté l’intention au chef de l’Etat d’avoir voulu à ses côtés, lors du défilé militaire du Cinquantenaire, ses deux prédécesseurs, les présidents Moussa Traoré et Alpha Oumar Konaré.  Il a déclaré qu’il pense sincèrement que si cela avait été ” le Mali, cette fois-ci encore, aurait confirmé, à la face du monde, sa fidélité à sa tradition millénaire de concorde et de paix, de convivialité et de sagesse, de grandeur et d’humilité, de pardon et de tolérance “.

En outre, à ce IVème Congrès ordinaire du parti du tigre, couplé avec les 2èmes congrès  des femmes et des jeunes, les observateurs attendaient que le président de cette formation politique annonce un réajustement de l’idéologie politique du MPR et se prononce sur sa stratégie pour la présidentielle de 2012. Il n’en a rien été. “Pour le MPR, se réclamer de l’héritage de la 2 ème République est donc un devoir de mémoire et une question d’éthique, mais ceci doit nécessairement aller de pair avec l’esprit de tolérance, le sens de l’humilité et le pardon réciproque pour réaliser la vraie réconciliation et sceller l’amitié la plus durable “, annonçait le chef des tigres à l’ouverture de leurs assises le vendredi 23 décembre dans une salle des mille places du CICB, devenue exiguë pour la circonstance.

Dr Choguel Maïga et les autres responsables du parti ont axé les travaux sur les discussions autour du Rapport d’activités du BEC, sur le toilettage des statuts et règlement intérieur et sur la mise en place de nouveaux organes et instances de direction : le conseil national, le BEC, le conseil consultatif national, le comité de conciliation et d’arbitrage.

Après deux jours de travaux, le parti a insufflé du sang neuf dans ses structures et textes, mais il n’a pu trancher la question de sa participation à l’élection présidentielle du 29 avril prochain : une candidature interne ou une alliance dès le premier tour pour soutenir un autre candidat.

Du sang neuf…

Ainsi les congressistes ont  renouvelé la confiance du parti du tigre à son président, Dr Choguel Maïga, pour présider aux destinées de cette formation politique durant les cinq ans à venir. Le nouveau bureau a enregistré plusieurs arrivants notamment des élus dont l’honorable Mme Camara Saoudatou Dembélé (présidente de la Commission des lois de l’Assemblée nationale), qui devient une vice-présidente du parti. Les bureaux des femmes et des jeunes sont aussi étoffés et présidés respectivement par Mme Dembélé Nabintou Diawara et Oumar Sidi Ali.

A la clôture des travaux, le dimanche 25 décembre, le président du parti du tigre a indiqué que la coïncidence de cet événement avec la fête de la nativité a été imposée par des délais statutaires et la disponibilité des lieux de rassemblement.  ” Vous m’avez renouvelé encore une fois votre confiance. Les mots me manquent  pour vous en remercier. Je tiens particulièrement à remercier les anciens, les jeunes et les femmes du parti, les délégations des sections pour la grande confiance dont ils m’ont gratifié en acceptant de prendre en charge toutes les suggestions et propositions que je leur ai soumises. Je prie Dieu de ne pas vous décevoir “.

Plusieurs résolutions et motions ont été prises et présentées à l’assistance lors de la cérémonie de clôture des travaux. Il s’agit des résolutions des bureaux des femmes et des jeunes sur la redynamisation des sections, des propositions que le parti doit faire au gouvernement par rapport à l’insécurité au Nord, sur l’école, la présidentielle à venir pour laquelle les jeunes souhaitent une candidature interne, etc. Une motion spéciale de remerciement et de soutien au président de la République a été formulée par le BEC.

Signalons que 53 des 55 sections MPR de l’intérieur du Mali ont participé à ce congrès aux côtés de trois sections de l’extérieur, celles du Niger, de la Côte d’Ivoire et de la France. L’ouverture et la clôture des travaux se sont déroulées en présence de plusieurs chefs et représentants de partis invités comme l’ADEMA, l’URD, l’UDD, le RPM, le PDES, le CNID-FYT, le PSP, l’UM-RDA, l’UFD et d’autres. Des partis qui ont adressé leurs félicitations, mots d’encouragement et souhaits de rassemblement aux congressistes du MPR à l’entame des travaux.

Bruno D SEGBEDJI

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