Présidentielle du 28 juillet : L’Uémoa lance un appel aux candidats

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L’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uémoa) avait déployé une dizaine d’observateurs à Bamako, Sikasso, Kita, Koutiala et Ségou pour la présidentielle du dimanche dernier. La mission a fait une déclaration liminaire hier au Grand hôtel de Bamako dans laquelle elle exprime sa satisfaction du déroulement du scrutin. Elle appelle les candidats à accepter le verdict des urnes.

 

 

La mission  d'observateurs de l'Uemoa face à la presse
La mission d’observateurs de l’Uemoa face à la presse5

D’entrée de jeu, le chef de la mission d’observation, l’honorable Mélégué Traoré du Burkina Faso, a souligné que le dimanche 28 juillet a été un jour historique pour le Mali et qu’il faut en convenir avec cette mobilisation exceptionnelle des électeurs maliens. “Au moment où nous faisions, il y a une semaine, notre point de presse au siège du CIP à Quinzambougou, nul n’aurait parié sur le formidable élan qui a porté le peuple malien vers les urnes et dans les isoloirs le dimanche 28 juillet. Cette date est historique. Et de fait, nos rencontres à tous les niveaux, le suivi des meetings et des déclarations des candidats, l’engagement frappant des Maliens, militants des partis ou citoyens non affiliés à des organisations politiques ont fait découvrir une réalité impossible à apprécier de l’extérieur. Etonnant peuple malien !, on disait-à tort qu’il était à genoux ! “, a exalté M. Traoré.

 

 

 

Le conférencier a ensuite souligné la particularité du système d’organisation des élections au Mali. Il s’agit de la structure de type  “triplice” où le ministère de l’Administration territoriale, la Céni et la Délégation générale aux élections (DGE) interviennent. “Etonnamment, ça fonctionne. Mais il est hors de doute qu’un autre dispositif plus unitaire ou intégré pourrait donner des résultats encore plus qualitatifs. Il nous a d’ailleurs été indiqué qu’une réflexion est en cours depuis déjà un certain temps, dans ce sens”.

 

 

A en croire Mélégué Traoré quelques dysfonctionnements ont été constatés sur le terrain notamment de nombreux citoyens cherchant dans la bousculade, leur nom et leur photo sur le tableau numérisé, mais surtout des électeurs désirant connaitre l’emplacement de leur centre ou de leur bureau de vote. Beaucoup n’ont pu voter alors. Dans quelques cas, la question de l’isoloir a été réelle et dans un centre de vote d’une extraordinaire affluence à Bamako, seize tentes abritaient des bureaux de vote. Pour Mélégué Traoré, dans ces conditions, les isoloirs ne pouvaient être qu’en plein air et garantir la confidentialité du choix de l’électeur n’est pas facile dans de tels cas. Enfin, selon la mission d’observation de l’Uémoa, la question des délégués des candidats dans les bureaux de vote. “Partout où nous sommes passés, il y en avait au maximum une douzaine, soit moins de la moitié de ce qui devait être”.

 

 

Pour Mélégué Traoré, ces dysfonctionnements sont mineurs par rapport à la formidable mobilisation de l’électorat et à la bonne tenue de son organisation. “L’on a été aussi frappé par la bonne organisation des bureaux de vote, notamment par la qualité et le professionnalisme des présidents. Le mode de sélection des présidents de bureau de vote au Mali pourrait sans doute inspirer d’autres pays. S’il y a eu des retards dans l’ouverture des bureaux de vote, dans l’ensemble celle-ci a eu lieu à l’heure”, a ajouté M. Traoré.

 

 

N’ayant pas constaté des faits susceptibles de fausser la sincérité du scrutin à l’instar d’autres observateurs comme la Minusma, l’UA, la Cédéao, l’Union européenne, la mission de l’Uémoa lance un appel aux candidats pour que tous acceptent le verdict des urnes. Elle les exhorte à la retenue, à la sincérité, à l’esprit du dialogue et de débat républicain.

 

 

“C’est connu, en Afrique, il n’est guère d’élection sans fraude pour un perdant. Bien souvent, les uns et les autres considèrent qu’une élection ne sera transparente que le jour où elle les portera au pouvoir. C’est un indicateur de l’indigence de nos élites et de l’absence de maturité des systèmes politiques. Nous souhaitons fortement que le Mali fasse exception et mette à mal cette appréciation”, a conclu le chef de la mission d’observation de l’Uémoa.

Abdoulaye Diakité

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