La démission du premier ministre « pleins pouvoirs » : Signe l’arrêt de mort de l’Accord-cadre

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Au lendemain du putsch contre le Président ATT,  le Capitaine Blaise Compaore, s’est autoproclamé  médiateur régional dans la crise malienne,  pour créer au plus vite les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel.

Dans le cadre de sa mission, le médiateur était parvenu à un accord avec les militaires représentés par le CNRDRE. Cet accord, communément appelé « ACCORD-CADRE », a permis le retour aux fondamentaux constitutionnels qui encadrent les règles de mise en place et de déroulement d’un programme de Transition sur une période limitée et apaisée.  En son article 6, alinéa a/, l’accord-cadre décline les attributions du Premier Ministre en ces termes « Un Premier Ministre de transition, chef du gouvernement, disposant des pleins pouvoirs et ayant pour mission de conduire la transition, de gérer la crise dans le nord du Mali et d’organiser des élections libres, transparentes et démocratiques, conformément à une feuille de route, sera désigné ».  L’Accord-Cadre prévoit donc la nomination d’un Premier ministre de transition, non pas par le président intérimaire, mais par le CNDRE et la CEDEAO. Ce « Premier Ministre de consensus » sera doté des « pleins pouvoirs ». En clair, il devra, pour être désigné, agréer  la CEDEAO, la junte, les partis politiques et  la société civile malienne. Seul chef du gouvernement et de l’exécutif, il ne sera pas révocable avant la fin de la transition. Les « pleins pouvoirs » visent à le mettre à l’abri de toute pression venant de l’une quelconque des factions politiques en présence. Il se trouve que, sans remettre en cause la Transition en cours, telle qu’entendue dans le sens de la Loi fondamentale du 25 Février 1992, en son article 36, la démission « facilitée » ou «provoquée» du Premier Ministre Dr. Cheick Modibo Diarra, suivie de la nomination par le Président intérimaire Dioncounda d’un nouveau Premier Ministre en la personne de M. DIANGO Cissoko, constitue l’acte de décès de l’Accord-cadre dont la mort définitive est ici constatée. Nous devons nous en féliciter pour le Mali et la consolidation de ses institutions tout en attirant l’attention des autorités compétentes sur la nécessité de saisir les juridictions maliennes (Parlement, Cour  Constitutionnelle, Cour Suprême) habilitées à encadrer la nouvelle configuration, du point de vue du droit. Cela est d’autant plus nécessaire qu’à entendre M. Compaoré  commenter la démission du PM Cheikh Modibo Diarra en ces termes « nous avons d’abord été inquiets comme l’ensemble de la communauté internationale, parce que le processus qui a conduit au départ du Premier ministre n’a pas suivi les règles du droit….. ». Comme si son putsch pour diriger le Burkina avait suivi les règles du droit

« ….Mais nous espérons que très bientôt un gouvernement sera mis en place et qu’il va s’atteler avec beaucoup de détermination à assurer un dialogue intérieur beaucoup plus fécond, à mobiliser réellement l’ensemble des composantes politiques et sociales du Mali pour gérer cette crise, mais aussi à se mettre à notre disposition dans le processus de paix, a-t-il expliqué. Il s’agit de dégager très rapidement un plan de paix pour amorcer une fin de cette crise, qui commence à vraiment durer, le nord du Mali ayant échappé au pouvoir central depuis avril….. ». Alors qu’il est l’inspirateur et l’instigateur de cette même crise

« …J’ai par le passé attiré l’attention du monde sur le manque de cohérence, le manque de visibilité des choix politiques de l’Etat malien dans le cadre de la transition. Ce qui était difficile pour nous, c’est de ne pas savoir avec qui discuter à Bamako, c’est ça qui a causé le problème ». Alors qu’il est l’acteur principal de ce blocage au sommet de l’Etat provoqué par ce machin, un véritable monstre institutionnel appelé << PREMIER MINISTRE PLEINS POUVOIRS >> qu’il a imaginé et créé lui tout seul.

La CEDEAO doit prendre ses responsabilités et  faire l’évaluation de neuf mois de médiation pendant lesquels, M. Compaoré a favorisé l’instabilité institutionnelle au Mali, découragé la Communauté internationale qui est freinée dans son élan du fait des négociations théâtrales qu’il parraine avec le MNLA et ANCARDINE dont les membres n’occupent même plus leurs propres maisons au nord du Mali ; ce qui lui vaut d’avoir perdu à jamais la confiance des populations maliennes. La chose la plus grave et incompréhensible,  c’est le fait que M. Compaoré ne perd aucune occasion pour contredire de manière officielle la position du Président Ouattara, Président en exercice de la CEDEAO. Comment veut-on que M. Compaoré réussisse quoi que ce soit dans sa mission de médiation dans la crise au Mali au moment où il traîne autant de faiblesses ? Avec ce Capitaine vieillissant, le Mali n’est pas encore sorti de l’auberge.  Le peuple malien doit se lever.

Aliou Badara Diarra

 
SOURCE:  du   14 déc 2012.    

6 Réactions à La démission du premier ministre « pleins pouvoirs » : Signe l’arrêt de mort de l’Accord-cadre

  1. touba

    Les armes debloquées pour le mali serviront à destabiliser les institutitions republicaines maliennes. Ceux qui criaient avec leur grande guelle contre la CEDEAO veront la réalité en face. Les journalistes passeront leur temps à dire du mal à Blaise parce qu’ils n’ont rien à écrire sinon que la demission de CMD. Les vrais maliens doivent aller liberer le nord où le mnla et ansar-dine ne representent plus rien. Refuser la negociation et frapper fort sur vos ennemis. Cela fera plaisir à nous tous non maliens.

  2. :cry: A qui la faute??? J’accuse le président Dioncounda TRAORE qui ne joue pas son rôle de président, il m’arrive de me poser très souvent la question: qui est le vrai président de la république est amadou aya sanogo ou TRAORE. De quoi a-t-il peur et de qui??
    Je suis vraiment désolé de dire ça, mais on aurai dit qu’il n’y a pas d’hommes au Mali. Tout le monde laisse faire Aya Sanoge, un capitaine qui ne sait pas faire la différence entre le pouvoir civil et le rôle de l’armée dans la république. tout ceux-ci pour dire qu’on aura tout vu au Mali. Aujourd’hui je ne peux pas m’en prendre au soi disant capitaine Sanogo mais plutôt au président TRAORE. Si il ne peut pas prendre ses responsabilités alors qu’il démissionne lui aussi car selon moi il n’aurait pas dû accepter la démission forcée du premier ministre cheick modibo diarra par les militaires…
    j’exhorte le président et le nouveau premier ministre ainsi que son gouvernement à travailler dans l’intérêt général de la nation de ne pas laisser intimider par le capitaine Sanogo et sa bande…
    à bientôt

  3. coulibalycoulibaly

    Quand le nord sera liberé et qu’on organise les elections que deviendra t-il Sanago et sa bande ?
    C’est ça le vrai problème de la junte qui continue d’ailleurs de toucher 148 Millons par mois de la part du gouvernement.

  4. BATHIO

    L’ELEPHANT ATTENDU EST VENU AVEC UN PIED CASSE

    Qui pouvait definir les contours du plein pouvoir? Personne evidenment. Qui avait voulus le plein pouvoir au PM, Kati biensur. Et pourquoi, parce que le PM est suppose etre de leur cote, et ils ne faisaient pas confiance au president interimaire. Je savais que cela allait cree des confusions au sommet de l’Etat un jour, et il nous fallait un debat de bien definir le plein pouvoir. Revoila maintenant Kati, qui viens de le definir avec une rupture douleureuse qui vas surement ralentir l’elan de la recuperation du nord. La confiance qui manquait entre le President interimaire et Kati vient d’etre creer, helas esperons que cela perdure./p>

    Ma deuxieme inquietude est une future ingerence annoncee par Kati dans la gestion des institutions, si jamais eux suspectaient que qqun ne fait pa son travail correctement. Oh bon Dieu, je voudrais etre tout sauf un ministre dans cette condition, car le juge est dans un camp militaire, je ne connais pas ses textes de loi et surtout que je sais que son verdict est crucial et humiliant… Tu es un suspect si jamais on arrive pas a comprendre: la gestion de tes finances (bien vrai
    qu’on n’a aucune notion de la finance)
    , la maniere dont tu gere le budget (bien vrai qu’on ne sait rien du budget, tes rencontres et voyages (bien vrai qu’on ne connait rien de la diplomacie), L’equipe de ton cabinet(bien vrai qu’on ne connait rien de la gestion des ressources humains) ou si et seulement si on arrive vraiment pas a te comprendre (bien vrai qu’on ne sait pas dans quelle merde on est entrain d’enfonce le pays d’avantage): On envois seulement deux ou trois pick up chez toi et t’amener a la barre.

    CHERS FRERES ET SOEURS LA LIBERATION DU SUD ET DU NORD EST L’ORGANISATION TRES RAPIDEMENT DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE

  5. BATHIO

    L’ELEPHANT ATTENDU EST VENU AVEC UN PIED CASSE

    Qui pouvait definir les contours du plein pouvoir?
    Personne evidenment. Qui avait voulus le plein pouvoir au
    PM, Kati biensur. Et pourquoi, parce que le PM est
    suppose etre de leur cote, et ils ne faisaient pas
    confiance au president interimaire. Je savais que cela
    allait cree des confusions au sommet de l’Etat un jour,
    et il nous fallait un debat de bien definir le
    plein pouvoir
    . Revoila maintenant Kati, qui
    viens de le definir avec une rupture douleureuse qui vas
    surement ralentir l’elan de la recuperation du nord. La
    confiance qui manquait entre le President interimaire et
    Kati vient d’etre creer, helas esperons que cela perdure.

    Ma deuxieme inquietude est une future ingerence
    annoncee par Kati dans la gestion des institutions, si
    jamais eux suspectaient que qqun ne fait pa son travail
    correctement. Oh bon Dieu, je voudrais etre tout sauf un
    ministre dans cette condition, car le juge est dans un
    camp militaire, je ne connais pas ses textes de loi et
    surtout que je sais que son verdict est crucial et
    humiliant… Tu es un suspect si jamais on arrive pas a
    comprendre: la gestion de tes finances (bien vrai
    qu’on n’a aucune notion de la finance)
    , la
    maniere dont tu gere le budget (bien vrai qu’on
    ne sait rien du budget
    , tes rencontres et
    voyages (bien vrai qu’on ne connait rien de la
    diplomacie)
    , L’equipe de ton cabinet
    (bien vrai qu’on ne connait rien de la gestion des
    ressources humains)
    ou si et seulement si on
    arrive vraiment pas a te comprendre (bien vrai
    qu’on ne sait pas dans quelle merde on est entrain
    d’enfonce le pays d’avantage)
    : On envois
    seulement deux ou trois pick up chez toi et t’amener a la
    barre.

    CHERS FRERES ET SOEURS LA LIBERATION DU SUD ET DU NORD EST L’ORGANISATION TRES RAPIDEMENT DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE

  6. Kassin

    J +10

    Cela fait demain 14/12/2010, 10 jours que les armes débloquées du port de Conakry sont à la disposition de l’armée malienne dans le fief de la junte militaire à Kati.

    Depuis aucun acte militaire en faveur de la reconquête des régions nord du pays n’a été entrepris.

    Mais des actions tape à l’œil (lancement en grande pompe d’un recrutement massif de 2000 jeunes dans l’armée) et les manœuvres dilatoires de l’écartement manu militari du premier ministre CMD.

    Sinon rien!

    Les maliens ont donc, au moins, des sujets de conversation pour les 3 prochains mois (Départ précipité de CMD, nomination inattendue de Diango Cissoko, formation de son gouvernement, etc et etc.) c’est à dire tout sauf la libération du nord du pays et l’organisation des élections.

    La magie est que ça marche à tous les coups, internautes, grins, milieux politiques, professionnels et familiaux, tout le monde s’engouffre dans la brèche pour oublier l’essentiel, pourvu que Kati ne prenne jamais la direction du nord du pays.

    On va tourner en rond encore pendant 9 mois avant d’attaquer manu militari Diango Cissoko à son tour!

    Son tort?

    Il est tout simplement un peu trop clair, il ressemble donc à un rebelle Touareg, et pourquoi pas à un Shebab, ou un rebelle congolais, et Kati va se méfier de lui, Dioncounda serait d’accord et les maliens commenteront, comme d’habitude.

    Ainsi va mon pays coupé en deux et pour très longtemps.

    En attendant, Kassin compte les jours depuis la libération des armes réclamées par le Copam, Mp22 et acolytes.

    Demain 14/12/2012: J+10

    À bientôt mes amis !