Le dialogue national, les intolérances et les tribulations politiciennes : On opère un changement de pied

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Une chose nous est familière désormais : c’est que la réalité du terrain politique n’a rien à voir avec la perception des populations. La gestion de ce rendez-vous national sera-t-elle intensément réactivée, profondément renourrie par cet affichage d’une nouvelle date ? Nous avons déjà dit ce que nous pensons d’un énième report. C’est une nouvelle résistance qui pourrait gripper la machine.

Le président malien de transition Dioncounda Traoré,

Faut-il en tirer déjà des conséquences ? Non. Faut-il en tirer des leçons ? Oui. A ce jour, nos gouvernants n’étaient pas arrivés à faire prévaloir la pertinence des concertations nationales. Pour eux, certainement la bataille pour la tenue de ces concertations s’engageait autrement. Le temps des gros nuages passera, et le gouvernement, s’il parvient à boucler ces rencontres prévues, ne pourra plus les conduire « le doigt dans le nez » ! Nous passons jusqu’ici des moments délicieux à revisiter le bestiaire avec ses traits d’humour de notre remarquable devancier SE. Cheick Mouctary Diarra dans les colonnes d’un confrère de la place. Qu’une de ses leçons vienne donc nous tenir lieu de boussole ou étancher notre soif. Comme nous l’a rappelé le Pr. O. Kanouté, nous glissons sur les eaux d’une société de suspicion où le mal pénètre au sein de notre classe politique par cette obscure ouverture. Ce lundi donc devait ressembler à celui des commencements avec l’ouverture de ces assises nationales. Tous ensembles, on allait revoir les fables de notre histoire immédiate. Et c’est ici que nous posons une question : le forum des religieux devait-il se tenir à deux jours du début de ces rencontres ? Il revenait aux autorités d’établir un rapport de force, avec ce qu’il faut de prise de risque et de responsabilité, en parvenant à réunir l’ensemble des acteurs politiques et autres partenaires contre le sort fait à ces journées de concertations débutant le lundi. Il s’agissait d’un tour de force à la fois par la complexité des questions qui seront soulevées, par la diversité des statuts, des points de vue et qualité des participants. Pourquoi les politiques d’un camp comme dans l’autre « se mettaient-ils sur la gueule » à ce point ? A partir du jeudi, ce fut une prise de parole de tous les principaux ténors de la scène politique, chacun y allant de sa différence, mais pour rattraper à travers quelle gymnastique ce dénominateur commun que tout le monde voulait. Certains n’hésitant pas à parler de conspiration…Le FDR et les autres qui se réfugiaient derrière une « ligne Maginot » savaient-ils pourquoi certains personnages ne sont jamais arrivés à détacher leurs noms de leur invention ?

L’important pour le triumvirat eût été de rallier le monde politique. Il n’a pas été à son aise pour s’être peu soucié.

Chacun des trois personnages de l’actuelle Transition a dû trouver des exemples pour conforter ses positions. Pour aboutir tous comme bradeurs d’un rêve initial des maliens. C’est la société civile qui fut la première demanderesse ; nous a-t-on dit. Jusqu’ici, les autorités se sont montrées impuissantes, un peu poussives même, à réunir tout le monde autour du projet. A ce qu’il semble, le désir de ces assises n’était pas assez fort. La mobilisation de tous les acteurs politiques et de la société civile est indispensable. Seulement voilà : un simple communiqué de la Présidence n’y parera pas. Ce que nous avons appelé dans le temps la communication paradoxale court toujours. Les « bons offices » du Président et de son Premier ministre n’ont pas suffi, il y a de cela quelques jours seulement, pour amener tout le monde à la raison du tapis vert. Si certains acteurs se sont livrés à une bataille de chiffonniers, ne dit-on pas que charbonnier est maître chez lui au Mali ? Même avec ce report, les TDR vont se retrouver au centre de toutes les convoitises. Le Premier ministre doit envisager une tactique dite de la tortue : faire face (il y a une fronde contre lui et qui gagne du terrain) pour refuser tout compromis individuel avec tel ou tel interlocuteur d’hier et exiger ensuite une négociation collective pour faire les intérêts de chacun dans le cadre du dialogue national annoncé. Cette tactique, nous ne la voyons pas comme une solution de repli, loin s’en faut. Pour ce qui est de la Présidence, elle est une structure d’urgence qui se dédie. Jour après jour, non seulement le Président Dioncounda Traoré avale des couleuvres, mais en même temps son corps enregistre chaque verre d’eau qu’il boit. Le Président par intérim aurait su profiter de sa personne sous les feux de la caméra en allant « signifier », aux  Maliens, les yeux dans les yeux, le report de la date du lundi 26 novembre 2012. Mais non, nous avons été cueillis par la sécheresse d’un communiqué. Notre voisin qui habite à deux pas est dans le camp de la ligne dure, de ceux qui étaient partisans d’un boycott dur de ces assises. Il aura attendu en vain son Président de la République, avec des fleurs fanées devant son poste de télévision.

S. Koné

 
SOURCE:  du   27 nov 2012.    

Une Réaction à » Le dialogue national, les intolérances et les tribulations politiciennes : On opère un changement de pied

  1. Dr ANASSER AG RHISSA

    DEVANT CONTRIBUER A LA COHÉSION NATIONALE, LES CONCERTATIONS NATIONALES ET LES NÉGOCIATIONS SONT INCONTOURNABLES.

    L’ENGAGEMENT RESPONSABLE DE CHAQUE PARTIE PRENANTE ET LA COHÉSION NATIONALE CONDITIONNERONT UNE SORTIE DURABLE DE LA CRISE AU MALI EN GARANTISSANT LA NON IMPUNITÉ, LA RESTAURATION DE L’INTÉGRITÉ TERRITORIALE ET DE L’UNITÉ ET LA RÉCONCILIATION NATIONALE MAIS AUSSI LA PAIX ET LA SÉCURITÉ PÉRENNES.

    Bonjour,
    Les concertations nationales et les négociations doivent être INCLUSIVES et OUVERTES aux régions, à la diaspora et à toutes les parties prenantes, A TRAVERS UN ENGAGEMENT RESPONSABLE.

    Ce dernier fait que doivent y prendre part tous les Maliens, de toutes les communautés, qui acceptent les principes (refus du terrorisme, non impunité, respect des droits de l’homme, coexistence pacifique, …) et les conditions (pour les groupes armés (MNLA, Ansar Dine, Gandakoye, …): dépôt des armes, indivisibilité du Mali et laïcité) retenus d’un commun accord lors de ces dernières.

    Il fait partie du guide et de la plateforme de concertations nationales et de négociation pour une sortie durable de la crise, que j’ai proposés au Président, aux Maliens et au médiateur.

    Les concertations nationales sont INCONTOURNABLES pour apporter des réponses à la difficulté qui fait qu’on a du mal à les rendre inclusives et ouvertes (à travers l’engagement responsable) et que les parties prenantes ont du mal à s’entendre sur leurs termes de référence donc leur finalité, les opérations et leurs ordonnancement pour apporter une réponse durable à la crise au Mali.

    Plusieurs éléments peuvent contribuer à expliquer cette difficulté tels que : l’exclusion de certains Maliens, la non compréhension par certains Maliens de ce qu’on veut faire, les égos de certains membres des parties prenantes, leurs desseins inavoués, les amalgames, la haine, l’engagement en ordre dispersé qui nuit à la cohésion et à la garantie d’une solution pour le bien-être collectif.

    Ce sont certains des aspects bloquants qu’il faut expliquer, les mettre de côté ou bien les traiter, comme le futur réellement souhaité, les opérations à traiter pour y parvenir et leur ordonnancement à travers une feuille de route (ce qui est indispensable à faire tout de suite et l’ordre des opérations pour y arriver, comme la nécessité ou pas d’organes de transition additionnels, la restauration de l’intégrité territoriale, les élections, les grandes lignes de ce qu’il faut faire juste après les élections).

    Sans ce travail préalable à tout, on risque d’avancer dans le désordre, sans cohésion, sans traiter ce qu’il faut et sans consensus entre les parties prenantes sur la problématique rendant difficile, voire impossible, la négociation.

    Ce qui peut nous amener à la fin de la transition sans rien faire de concret, comme la libération des zones occupées, la tenue des élections justes, qui sont les objectifs majeurs de cette transition.

    L’aspect cohésion nationale est très important et prédétermine la suite.

    Les concertations nationales aideront à créer cette dernière autour du futur souhaité.

    L’engagement responsable de chaque partie prenante et la cohésion nationale conditionneront la réussite de la sortie durable de la crise au Mali en garantissant la non impunité, la restauration de l’intégrité territoriale et de l’unité et la réconciliation nationale mais aussi la paix et la sécurité pérennes.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    Expert TIC et Gouvernance
    E-mail : Webanassane@yahoo.com