Le FDR et les concertations nationales annoncées

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« Le Mali a autre chose à faire que de tenir les concertations nationales », dixit Sidi Bocoum

Cette conférence de presse du Front Uni pour la Sauvegarde de la Démocratie et la République(FDR)  avait pour but d’informer  et justifier  aux hommes de médias, tout ce qui a trait au choix de refus du groupement  quant à la tenue des concertations nationales.

La Maison de la Presse, c’est le lieu que les membres du Front Uni pour la Sauvegarde de la Démocratie et de la République(FDR) ont choisi, le  samedi 10 novembre 2012 pour informer les hommes de médias de leur position quant aux termes de référence, les acteurs des concertations nationales et leur refus d’y participer.

Selon Ibrahim N’Diaye, premier vice président du FDR cette conférence de presse est la suite de la concertation qu’a eue lieu entre les organisations qui le composent  pour un choix consensuel face à l’idée de la tenue des concertations nationales. « Nous pensons impérieux d’aller vers ceux qui façonnent l’opinion nationale. Les informer et leur expliquer tout ce qui a trait aux motivations et justifications de notre choix », a-t-il laissé entendre.

Ces mots de M. Diaye ont été suivis par l’exposé  des conférenciers, Sidi Bocoum et Firoun Maïga, sur  les bons résultats des 20 ans de l’histoire démocratique du Mali, l’historique du FDR, l’analyse de la situation et la position du FDR quant aux concertations nationales.

Selon M. Sidi Bocoum, Secrétaire Administratif du FDR, «  la démocratie du Mali a été pendant les 20 ans la plus charmée et une référence à travers le monde.  Elle ne peut être considérée, comme le font certains, comme la page noire de l’histoire du Mali. D’ailleurs à propos de la rébellion qui a conduit au coup d’Etat du 22 mars, elle n’est pas née sous l’aire démocratique. Elle existe  avant le Mali indépendant. Et n’a pas été seulement source des évènements du 22 mars, mais aussi a conduit au coup d’Etat de 1991 et l’instauration de la démocratie au Mali», a-t-il précisé.  « Ce coup d’Etat, poursuit-il,  a abouti à la création du FDR suite à un manifeste formulé le 24 mars. Un groupement, qui  ne lutte ni pour un homme ni pour une institution, mais pour le Mali à travers  la défense des acquis démocratiques et l’intégrité territoriale du Mali.  Une position que nous avons  défendue et qui est à l’origine des acquis après  coup d’Etat : Le retour à l’ordre constitutionnel ;  la présence du président par intérim ; le gouvernement ; la prolongation du mandat de  l’Assemblée nationale, des élus communaux et  la décision de la présence des troupes de la CEDEAO sur le sol malien.»

Le point de la discorde

Les termes de référence, les acteurs, la crise financière et les aspects cruciaux que sont la reconquête des territoires occupés et l’organisation des élections libres et transparentes. Telles semblent être entre autres les raisons qui déterminent le choix de refus du FDR à la tenue des concertations nationales.

Aux dires  du conférencier, M. Bocoum,  le FDR n’a pas été concerté au moment de l’élaboration des documents de travail, qui violent d’ailleurs le contexte dans lequel devait se tenir les concertations nationales. L’accord cadre et le discours de Dioncounda, le 29 juillet dernier, le définissent : revoir certains aspects de la vie de la nation qui ne sont pas réunis pour la reconquête des territoires occupés et l’organisation des élections transparentes et démocratiques.

Ces termes de référence qui leur(FDR) ont été parachutés parle d’une refondation, qui si les concertations nationales se font sans la prise en compte de la troisième République, fera exception  ou sous le cadre fondamental, comme souhaité par les putschistes, qui fera table rase de toutes les institutions et nous conduira vers la quatrième République. Une seconde hypothèse qui serait souhaitée compte tenu des intentions. Et cela nous ramènera à la case départ, avec des contestations. Pense M. Bocoum.

En plus de cela, M. Bocoum  au nom du FDR se montre contre la discrimination des acteurs devant participer aux concertations nationales. Notamment la faible présence des députés, la non prise en compte des élus communaux, notamment ceux des territoires occupés etc.  Et cela ne pourrait se traduire  que par le dessein  d’une majorité mécanique d’imposer des décisions à nous tous.

Compte tenu de tout ça et au regard de la situation délétère,  M. Bocoum pense que «  le Mali a autre  chose à faire que de tenir les concertations nationales. »

Car pour le conférencier, les ressources financières font défaut. Et nous avons d’autres priorités que sont la reconquête des territoires occupés et l’organisation des élections libres, transparentes et démocratiques.

Boubacar Yalkoué

SOURCE:  du   13 nov 2012.    

Une Réaction à » Le FDR et les concertations nationales annoncées

  1. Dr ANASSER AG RHISSA

    CONCERTATIONS NATIONALES AU MALI : SUR QUOI DOIVENT-ELLES PORTER, QUI DOIT LES PILOTER ET QUELLE EST LA CONDITION DE LEUR UTILITÉ ET DE SORTIE DE LA CRISE ?

    LE HAUT CONSEIL D’ÉTAT ET SES COMPOSANTES (COMMISSION AUX NÉGOCIATIONS ET COMITÉ NATIONAL DE TRANSITION), ATTENDUS PAR LES MALIENS, DOIVENT JOUER UN RÔLE MOTEUR DURANT LES CONCERTATIONS NATIONALES ET ASSURER L’INTERFACE AVEC LE MÉDIATEUR.

    LEURS DÉPLOIEMENTS DEVIENNENT URGENTS.

    Bonjour,
    Les Maliens doivent promouvoir tout ce qui rassemble et intègre les énergies pour répondre à leurs préoccupations communes telles que la vision partagée sur le futur souhaité, la restauration de l’intégrité territoriale, de l’ordre constitutionnel, de la paix et de la sécurité, la démocratie et les élections et la décentralisation mais aussi le développement durable et équitable, la réconciliation et l’intégration équitable des communautés dans un cadre unifié, démocratique, décentralisé et sécurisé.

    Les aspects vision partagée, restauration de l’intégrité territoriale, de l’ordre constitutionnel, de la paix et de la sécurité, démocratie, élections et décentralisation sont des PRÉALABLES INDISPENSABLES pour les autres aspects à savoir le développement durable et équitable et la réconciliation et l’intégration équitable des communautés dans un cadre unifié, démocratique, décentralisé et sécurisé.

    Mais ces derniers aspects doivent faire partie du FUTUR SOUHAITÉ par les Maliens afin de satisfaire leurs besoins et assurer leur bien-être collectif.

    La vision partagée intégrera les objectifs à atteindre, les politiques et les stratégies à mettre en œuvre pour répondre à cette vision et atteindre les objectifs retenus. Cette vision partagée constitue la feuille de route. Elle est indispensable. Elle est le préalable des préalables.

    On comprend pourquoi la CEDEAO, lors de la session extraordinaire de la conférence des chefs d’États et de gouvernements qui a eu lieu à Abuja, le 11 novembre 2012, a demandé au président par intérim de la République du Mali, de fournir la feuille de route urgemment.

    Devant concerner et intégrer tous les Maliens, les concertations nationales ne doivent pas se polariser uniquement sur les préalables, certes indispensables, mais aussi et surtout sur le futur souhaité par les Maliens. Elles doivent avoir des ramifications au niveau régional pour fédérer tous les besoins et les préoccupations des communautés et de tous les Maliens.

    Contrairement aux termes de références de ces conférences nationales, qui font référence de façon limitée au futur souhaité et qui se focalisent surtout sur les préalables, ces dernières seront plus utiles si elles donnent une place importante au futur souhaité par les Maliens et à la prise en compte de leurs besoins.

    Le haut conseil d’État et ses composantes, commission aux négociations et comité national de transition, sont attendus pour jouer un rôle moteur durant ces concertations nationales et pour assurer l’interface avec le médiateur.

    Lors des concertations nationales, les Maliens, y compris au niveau des régions, doivent travailler ensemble pour définir le futur souhaité à travers un projet de société pour sauver durablement le Mali et garantir l’unité, la paix, la sécurité et la réconciliation nationale.

    C’est à cette condition que les concertations nationales seront plus utiles et la crise Malienne sera résorbée durablement.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
    E-mail: Webanassane@yahoo.com