Le masque tombe sur des secrets d’Etat : Pourquoi ATT a lâché Bittar

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L’Etat est le monstre froid capable de déboulonner n’importe quel citoyen. Mais les manifestations de rue sont l’antithèse de la Puissance publique que constitue l’Etat. Depuis l’élection (2002) et la réélection (2007) de Amadou Toumani Touré à la magistrature suprême, l’Etre Supérieur malien qu’il est, a imprimé sa marque sur les textes et les hommes. Lui-même donne souvent l’impression que c’est lui ou le chaos au cas où ses projets sont en rade. Un messie tout indiqué donc. ATT est bien un faiseur de Roi. C’est ainsi qu’il a façonné l’opérateur économique qu’est Jeamille Bittar passé, aujourd’hui, à la trappe de Koulouba. Et contrairement aux versions admises, les deux hommes n’embouchent plus la même trompette et se regardent en chien de faïence. Et pour cause…

Après son élection en 2002 à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali grâce au coup de pouce de ATT qui voulait des cadres jeunes, Bittar s’est fait réélire en 2006 dans des conditions très controversées.

 

Premier épisode

L’affaire fut portée devant les tribunaux maliens. Dans les procès verbaux, on dénombre beaucoup de vote par correspondance. Pis, le nombre de votants était supérieur au nombre d’inscrits. Les 7 milliardaires, exaspérés par la situation, et qui avaient présenté Guitèye comme leur candidat, débarquent dare-dare à Koulouba. ATT promet. La présidence intime l’ordre à l’ancienne présidente de la section administrative de la Cour suprême d’annuler des voix entachées d’irrégularités pour permettre à Guitèye, le challenger de Bittar d’inverser la tendance. La présidente ne fléchit pas. Elle refuse de reprendre l’instruction du dossier : c’est le blocage. Pressentie pour diriger la Cour suprême, ATT, après ce désaveu, choisit son adjointe, madame Kayentao, pour diriger la Cour Suprême du Mali.

 

2ème épisode : Les législatives de 2007

Bittar s’inscrit sur la même liste qu’une candidate qui a des affinités parentales avec l’épouse du chef de l’Etat. De l’élection à la CCIM aux législatives, des enquêtes auraient prouvé que Bittar a englouti un demi milliard de FCFA dans les deux campagnes. Les banques sont mises à ses trousses. Il était prédestiné à la prison selon des experts financiers. Lesdites législatives ont été marquées par des fraudes massives. Entre le premier et le second tour, les assesseurs et président des bureaux de vote ont fait leur valise, acquis d’avance à la cause de Bittar. La liste commune ADEMA, URD, CNID avec deux députés sortants et un député nouvellement élu suite au décès de Kadari Bamba arrive 1er avec un peu plus de 49%, Bittar et sa suite 2e avec 47 et fraction. Au 2ème tour, les résultas sont confisqués puisqu’ils plaçaient la liste Bittar en tête. Agacé, ATT aurait demande à la Cour de revoir les résultats en commune V et que lui en tant que président ne peut pas battre la liste commune des partis constitués de l’ADEMA, l’URD, le CNID dans cette circonscription électorale. Dans ce manège, certains ont cité le nom de Boubacar Tawati ancien secrétaire général de la Cour Constitutionnelle, un natif de San supposé être proche de Bittar un enfant de San, lui aussi. Mais Tawati un dur à cuir est-il facile à manipuler de la sorte ? Mais pour beaucoup, Bittar voulait être député pour se couvrir de l’immunité parlementaire. C’est dans cette tempête électorale que le ministre Kafougouna Koné avait débarqué à l’imprimerie Bittar et demandé l’arrêt de la confection du fichier électoral puisque Bittar son promoteur est candidat à la députation. Nouvelle humiliation pour ATT.

 

3ème épisode : le transport des élèves et étudiants

Chacun sait que le marché a été attribué à la compagnie Bittar quelques années de suite pour plus de 1 milliard de FCFA/an. L’ancien directeur du budget logé au ministère des finances Abdoulaye Touré peut en témoigner. C’est suite aux tensions en couveuse entre Bittar et ATT que le chef de l’Etat a demandé de revoir l’attribution du marché des transports des élèves et étudiants arguant que Jeamille n’est le seul malien. ATT faisait allusion au fait que l’enfant de San venait d’être élu à la présidence du Conseil économique social et culturel, l’une des institutions de la République du Mali. Bittar pique une colère noire. Face aux propos d’ATT, il est monté au créneau. L’honneur d’ATT a été sali à l’époque avec des insanités sur sa personne. En tant que chef de l’Etat, il n’avait fait que son travail. « Et si la Sécurité d’Etat pouvait ressortir les conversations de Bittar le soir des élections législatives et jours suivants, l’opinion serait édifiée » disait encore ce témoignage accablant. On invoquera ici certainement la Raison d’Etat.

En faisant l’économie de nos informations (affaires N’Ga Transport, cagnottes remises à la CCIM par ATT, menace de saisie sur les biens de la CCIM, PDES, CESC…), voilà autant de raisons qui auraient convaincu ATT, selon un de ses proches, de se démarquer de Bittar. A cela s’ajoute sa rencontre avec la communauté libanaise…, à en croire l’entourage de Bittar.

Faut-il conclure que ATT s’est fait piéger en soutenant au départ Bittar ? ATT a-t-il appris ensuite à connaître la vraie nature d’un homme sans vergogne ? Voilà qui remet en cause la sincérité des cadres maliens. Et à cet Inspecteur de police très proche de ATT de déclarer : « Bittar ne sera jamais notre président. Nous utiliserons tous les moyens dont nous disposons pour éviter une telle catastrophe à notre pays…». Indicatif non ! Et à cet autre d’ajouter en plaisantant : « Qui est ce Libano – malien qui a gagné un procès contre Bramali alors qu’il évoluait dans l’alimentation après avoir découvert une mouche dans une bouteille de boisson sucrée ? ». « Allez savoir » a t-il conclu. Hum !!!

 

Issiaka Sidibé

 

 


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