Le MPR face à son destin : Tourner la page UDPM sans la déchirer

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Le Président du MPR est à la croisée des chemins: soit il continue le discours, aujourd’hui improductif, de l’UDPM, soit il tourne la page de ce passé, glorieux pour certains et triste pour d’autres. A la faveur de son quatrième congrès, tenu récemment, on retient que  la défunte UDPM du Général – Président déchu Moussa Traoré, demeure toujours le référence. La mission de Choguel Maïga est aujourd’hui accomplie. Il lui faut  maintenant se fixer d’autres objectifs politiques pour la conquête du pouvoir à court et moyen termes.


En effet, la négation de l’UDPM, l’incarcération de ses principaux animateurs, les mensonges proférés à l’endroit des dirigeants de la 2ème République ont été courageusement combattus par Choguel Maïga et son parti, à un moment où beaucoup de cadres avaient tourné leurs vestes. C’était après mars 1991. Parler en bien de Moussa Traoré et de l’UDPM était alors presque un « délit ». C’est durant cette période que Choguel a dit haut et fort tout le bien qu’il pensait de l’ancien président et du parti unique constitutionnel d’alors.


Il n’a en effet cessé de citer en exemple les réalisations positives du régime et les valeurs des hommes qui animaient le parti du Lion, tout en dénonçant au passage les actes d’accusation concoctés contre les anciens dignitaires dans le cadre du double procès crimes économiques et crimes de sang. Patiemment, minutieusement et intelligemment, Choguel est parvenu, de par ses nombres actions et réactions, a réhabiliter les hommes de l’ancien système. Il est allé plus loin, en parlant pour la première fois de réconciliation nationale, un concept repris depuis par ATT, mais qui n’a pas atteint tous les résultats escomptés. Il a permis aussi de mettre fin aux rancœurs et rancunes et à rapprocher des forces politiques auparavant antagonistes.
Bref, les activités de Choguel ont rendu le MPR, jadis honni, fréquentable. Idem pour Moussa Traoré et son épouse, qui continuent de vivre illégalement sur le dos de l’Etat, avec les avantages qu’ATT a accordés à l’ex-couple présidentiel, déchu de ses droits civiques.


L’ancien Secrétaire politique de l’UDPM, Djibril Diallo, a fait ce témoignage, on ne peut plus éloquent: «…Patriote et doté d’une volonté inébranlable de rendre justice, de façon impartiale, aux anciens de l’UDPM, et faisant son crédo de la réconciliation nationale, Choguel, à force de patience et d’intelligence pédagogique, a réussi à rompre l’isolement du MPR et, à partir de 2002, à le faire entrer dans le cercle du pouvoir…».


Cette étape est terminée. Maintenant, le MPR est face à son destin. Celui-ci passe nécessairement par l’écriture d’une nouvelle page, qui consiste à oublier la gestion, mauvaise ou bonne, de l’UDPM. En effet, il s’agit de tourner définitivement la page de l’UDPM. Sans la déchirer. Le parti doit renouveler, pour reprendre Djibril Diallo, ses visées, ses méthodes et ses actions au rythme des générations. En un mot, il doit se constituer en une force de propositions et de conception.


L’UDPM est certes la référence du MPR, mais le canevas des années 80 est différent de celui des temps actuels. Rappelez-vous le socialisme, le communisme, le parti unique, la dictature, où sont-ils aujourd’hui? Bien sûr derrière nous.

Le MPR s’adapte depuis sa création à l’environnement multi partisan. Il lui faut aller loin, en parlant de moins en moins de Moussa Traoré et de ses réalisations. Le leader du MPR doit ouvrir le débat sur les grandes questions de la nation. Il doit donc nous ressasser ce qu’il faut pour le Mali d’aujourd’hui au triple plan politique, économique et social. Cela passe soit par sa candidature à la présidentielle d’avril prochain, soit par son soutien à un candidat mieux placé que lui, avec lequel il partage une vision, un programme et une ambition pour le Mali.  A suivre.
Chahana Takiou   

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