Le PDES dans la tourmente :A qui profite la confusion ?

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Diané Hamed Séméga

Pour valablement porter haut et loin le legs politique du président Amadou Toumani Touré, la seule et unique raison d’être du Parti pour le développement économique et social (PDES), les héritiers du ” parti présidentiel ” doivent faire montre d’une parfaite entente en leur sein, plutôt que de se laisser déchirer par des rivalités interpersonnelles. Les amis d’ATT pourront-ils éviter la saignée qui menace leur formation politique ?

Le climat politique interne au PDES, le parti créé par les amis du président ATT, est lourd, et même très lourd, vu de l’intérieur, comme de l’extérieur. Cela fait belle lurette que le défi de l’unité de ce parti est le plus difficile à relever.

Le staff politique du parti que dirige le ministre Hamed Diané Séméga, gardé par des conservateurs soucieux de la préservation de l’âme du parti, ne veulent rien précipiter pour le choix du candidat à l’élection présidentielle de 2012. Cette ligne est défendue par la majorité des membres du directoire politique, à l’image du président du parti. Celui-ci souhaite, malgré tout, préserver la sérénité à l’intérieur de sa formation politique. Mais, il est vite contrarié par l’un de ses principaux collaborateurs, Jeamille Bittar.

En effet, le premier vice-président du parti et ses partisans ne font plus mystère de leurs intentions affichées de marquer rapidement des points par rapport aux prochaines joutes électorales.

Si donc les premiers préfèrent que le parti observe un temps d’attente, pour l’instant, concernant la présidentielle de l’an prochain, ne pas trop se précipiter à désigner un champion, les seconds, sous la houlette d’un Bittar tout déterminé qu’il est, ont déjà mis sur orbite un mouvement politique dont la finalité n’est autre que de favoriser la candidature de leur mentor à ces joutes politiques.

Dès lors, au Pdes, la tension est montée d’un cran. Et le clivage nettement ouvert entre des héritiers qui, il y a seulement quelques mois, clamaient, à qui voulait les entendre, que le parti n’avait autre objectif que de se frayer du chemin dans l’optique de porter aussi loin que possible l’héritage du président ATT.

Il a fallu que les échéances politiques se rapprochent pour voir cette unité s’effondrer, comme un château de cartes. Aujourd’hui, le parti a du mal à retrouver sa cohésion d’antan, mise en mal par des soubresauts à l’interne.

Si le président du parti, Hamed Diane Séméga, n’a pas voulu automatiquement entériné la décision de radiation prise à l’encontre de Jeamille Bittar et ses principaux lieutenants, c’est parce qu’il veut encore donner la chance au parti de retrouver ses marques, car, dit-on dans son entourage, ” ce n’est pas à cause de la première difficulté rencontrée qu’il faille remettre l’essentiel en cause “. Ce qui est une preuve d’une certaine clairvoyance de sa part, compte tenu de sa responsabilité à préserver les acquis, au nom de l’intérêt primordial qui est  celui de tout mettre en œuvre pour ne pas déjà compromettre l’héritage du président ATT à cause de rivalités interpersonnelles aux origines douteuses.

Au sein du PDES, à en croire les responsables, qui ont tous approuvé la pédagogie politique du président Séméga, c’est le numéro 1 du parti, plus que quiconque, qui doit être animé de ce souci d’autant plus que membre des gouvernements successifs, depuis l’arrivée au pouvoir du président ATT, le président Séméga est celui-là même qui, dans le proche entourage présidentiel, connaît par cœur l’étendue des missions accomplies.

C’est donc tout naturellement qu’il tente d’éviter au parti de tomber dans des velléités d’affrontement au détriment de la préservation d’objectifs politiques plus stratégiques pour une meilleure visibilité des actions du président ATT.

Il faut rappeler que lors de récentes confidences, ATT a semblé réaffirmer toute sa confiance au président du PDES en décidant de le laisser gérer, comme il l’entend, la tourmente qui secoue le parti. C’est donc au ministre Séméga de s’assumer en tant que chef du parti pour dire ses quatre vérités à ses … ” camarades “.

 

Bruno D SEGBEDJI

 


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