Le Premier ministre à l’Assemblée nationale : La déclaration de politique générale dans ses grandes lignes

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Le Premier ministre à l’Assemblée nationale : La déclaration de politique générale dans ses grandes lignes
Le Premier ministre MODIBO KEITA à l’Assemblée nationale

Le gouvernement va agir sur un large éventail de domaines du développement avec un accent particulier sur la construction des régions du nord dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation

Six mois après sa nomination, le Premier ministre Modibo Kéita a présenté, hier à l’Assemblée nationale, la Déclaration de politique générale du gouvernement. Elle porte sur trois axes majeurs : la sécurité des personnes et la protection de leurs biens dans un environnement de paix ; l’amélioration des conditions de vie et d’existence des populations et la promotion de la justice et de l’équité. En suivant ces trois axes, le gouvernement entend inscrire son action dans le cadre de la continuité de l’Etat, a soutenu le chef du gouvernement devant les députés.

Au volet sécurité, le Premier ministre a déploré les actes de violence dans le nord. Modibo Keïta fonde ainsi son espoir sur la signature de l’Accord de paix et de réconciliation entre le gouvernement et les groupes armés, un accord qui est censé ramener la stabilité et la quiétude dans le pays. Ainsi pour assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire, le chef du gouvernement dira qu’un accent particulier sera mis sur la Loi d’orientation et de programmation militaire. « Le réarmement moral et l’équipement conséquent de nos forces armées et de sécurité pour le rétablissement et la sauvegarde de la paix sont des données incontournables », a indiqué Modibo Keïta qui a rappelé à cet effet, la réforme du secteur de la sécurité en cours.

Sur le volet relatif à l’amélioration des conditions de vie et d’existence des populations, le Premier ministre a annoncé que les actions futures du gouvernement concerneront l’amélioration du cadre macroéconomique, le relèvement du pouvoir d’achat des populations, la modernisation de l’agriculture et la protection de l’environnement, le développement social, la politique de décentralisation et de libre administration des collectivités, l’emploi des femmes et des jeunes, le développement des infrastructures de transport, le développement du secteur privé et du partenariat public-privé.

UNE CONFERENCE ECONOMIQUE. En ce qui concerne l’amélioration du cadre macroéconomique, le Premier ministre prévoit que l’activité économique continuera de croître à un rythme d’au moins 5% en termes réels en 2015. Aussi des stratégies de mobilisation des ressources sont à l’étude dont le projet de Fonds d’actifs stratégiques pour l’émergence visant à favoriser l’impulsion nécessaire au décollage économique. Une attention particulière sera accordée aux régions du nord à travers la mise en place d’un fonds pour le développement durable. À ce propos, le chef du gouvernement a révélé que dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation, il sera organisé en septembre prochain à Paris, une conférence économique pour la reconstruction du nord, sous l’égide de l’Organisation de coopération et de développement économique.

Au chapitre de la modernisation de l’agriculture, le chef du gouvernement a confirmé que la priorité ira à l’aménagement de 100 000 hectares pour la période 2014-2018. Il sera ainsi octroyé au secteur agricole, au moins 10% du budget national. Dans le domaine industriel, la signature de trois protocoles d’accord entre le gouvernement et la Société chinoise de l’industrie légère prévoit la production d’huile d’arachide à Kita, de concentré de tomates dans la zone Office du Niger et la transformation du manioc dans cette même zone.

En matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle, les efforts du gouvernent porteront sur la reconstruction du stock national de sécurité à hauteur de 35 000 de tonnes de céréales cette année et du stock d’intervention de l’Etat à hauteur de 25 000 tonnes de riz.

Dans le domaine des infrastructures économiques de base, le Premier ministre a mis l’accent sur la réalisation de certains grands travaux comme l’autoroute 2×2 Bamako-Ségou, la route Goma Coura-Nampala-Léré-Niafunké-Goundam-Diré-Tombouctou, la route de l’Avenue de l’an 2000 à Ségou. Il y a aussi l’aménagement en 2×2 voies de la section Ségou-San, l’échangeur du carrefour de Markala, la route Zantiébougou-Kolondiéba-frontière Côte d’Ivoire, la réhabilitation de la Tour de l’Afrique, l’aménagement de 10 km de voiries dans la ville de Ségou, de la route Bamako-Koulikoro avec la construction du pont de Kayo, la construction du pont de Kouoro et le barrage sur la route de Sikasso-Koutiala.

Le gouvernement s’engage aussi à rechercher le financement d’autres projets structurants, notamment le 4è pont de Bamako, la ligne d’interconnexion ferroviaire Conakry-Kankan-Kandia-Bougouni-Bamako, la route Sévaré-Gao, la voie Gao-Bourem-Kidal-frontière Algérie, le port fluvial d’Ambidédi, la réhabilitation du chemin de fer Bamako-Dakar, les ports secs à Kayes et Sikasso, le pont de Dioïla, le pont sur le fleuve Niger à Ségou, l’aménagement de 100 km de pistes rurales sur cinq ans. Par ailleurs, le Premier ministre a précisé que les recherches de financement sont en cours pour la construction de la route de Tien, l’aménagement de 10 km de voies urbaines dans la localité de Kadiolo, la construction de la route Bougouni-Manankoro-frontière Côte d’Ivoire.

DPG PM KEITA200 000 EMPLOIS. Dans le domaine de l’urbanisme et de l’habitat, l’action du gouvernement portera notamment sur le démarrage des travaux de réalisation de 5000 logements sociaux, la réalisation de 1000 logements cofinancés par l’Etat et la Banque islamique de développement, la création d’un Observatoire national des villes, la construction des voies d’accès aux logements sociaux des coopératives d’habitat de N’Gouana et Sébénicoro.

Pour ce qui est de l’accès à l’énergie, le gouvernement prévoit d’installer d’ici à 2017, une capacité d’environ 133 MW d’énergie solaire en vue de renforcer le parc de production du réseau interconnecté. Le gouvernement entend également relever les défis en matière d’accès à l’eau potable par la réalisation des travaux du projet d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako à partir de Kabala, la construction de 500 points d’eau modernes, la réhabilitation de 1000 pompes à motricité humaine.

En matière d’éducation, il prévoit notamment, la construction, la réhabilitation et l’équipement de 1250 salles de classe, le recrutement de 484 enseignants pour le supérieur et de 4072 pour les autres ordres d’enseignement, la création de 30 centres pour le programme accéléré de scolarisation des enfants âgés de 8 à 12 ans dans les zones d’insécurité, la construction et l’équipement de 645 écoles à classe unique dans les zones à faible densité de population scolaire, prioritairement dans les régions de Gao, Kidal, Mopti et Tombouctou.

Dans le domaine du travail et du dialogue social, le gouvernement entend élaborer un Pacte de solidarité pour la croissance et le développement (2è génération) et mettre en place un Conseil national de dialogue social.

En matière d’emploi et de formation professionnelle, le gouvernement s’engage à travailler à la création de 200 000 emplois d’ici à l’horizon 2018.

Dans le domaine de la santé, il est prévu notamment la construction de nouveaux centres de santé communautaires, de centres de santé de référence, du nouvel hôpital de Kayes, du centre ophtalmo-pédiatrique de l’IOTA, des centres d’hémodialyse des hôpitaux de Sikasso et de Mopti, du centre de prise en charge de la drépanocytose et de la banque de sang à l’hôpital de Mopti.

Enfin, le gouvernement attend concrétiser certains projets dans les domaines de la justice, du sport, de l’artisanat et du tourisme, de la décentralisation, du développement du secteur privé, des relations internationales, des nouvelles technologies de l’information et de la communication, de la promotion et de la protection des intérêts des droits de la diaspora malienne.

La Déclaration de politique générale du gouvernement passera en débat jeudi à l’Assemblée nationale.

M. KEITA

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3 COMMENTAIRES

  1. Attendre 4 mois avant de se présenter au devant de la représentation nationale, cela démontre clairement q’IBK et son pseudo-gouvernement-despotisme-despotes-clanique-mafioso-familial, n’ont aucune politique à long ou à cours terme pour le Mali, ils s’occupent et gèrent leur entreprise, cupidité, qui dit mieux, et qui fait mieux??? Dépenchons-nous avant le réveil des Maliens qui sont
    laisser pour compte.., peuple Malien réveillons-nous avant qu’il ne soit trop tard… Quand à l’assemblée nationale du Mali, et le Gouvernement du Mali : c’est tout simplement blanc bonnet et bonnet blanc…

  2. A quoi sert de créer 200 000 emplois, si on en détruit autant chaque jour; des dirigeants qui ne comprennent pas qu’en refusant de payer ses entreprises, on détruit des emplois. Le Mali a actuellement 173 Milliards de dettes intérieures. Il s’agit des non payés de l’état envers ses propres entreprises. C’est vraiment dommage, un pays qui s’autodétruira progressivement jusqu’à la phase irréversible. Cette phase n’est pas loin, il suffit d’un petit tournant et ce tournant est très, très, très proche. Il s’agirait d’un 26 mars 1991 en exponentiel, avec un indice n supérieur ou égal 6 (n≥6). Qu’Allah protège ce Mali de ces hommes ignobles et éhontés.

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