Le président Ibrahim Boubacar Keita à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne : Une étape chargée de symboles

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Le président Ibrahim Boubacar Keita l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Le président Ibrahim Boubacar Keita à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

En se rendant dans la vénérable institution, le chef de l’Etat revenait à la maison puisqu’il l’a fréquentée d’abord comme étudiant puis en tant qu’enseignant

L’étape à la Sorbonne était annoncée comme l’une des plus emblématiques de la visite d’Etat que le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta vient d’effectuer en France et elle a tenu toutes ses promesses. En effet, le chef de l’Etat a été reçu en grande pompe jeudi dans l’après-midi à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il a animé une conférence consacrée aux relations d’amitié et de solidarité qui unissent le Mali et la France. « De Verdun à l’opération Serval : France-Mali, une longue tradition de solidarité et d’amitié fécondes », tel était l’intitulé de cette conférence.
Le président de la République était accompagné pour l’occasion de son épouse, Mme Keïta Aminata Maïga et de trois membres du gouvernement : Mountaga Tall (Enseignement supérieur et Recherche scientifique), Mme Sanogo Aminata Mallé (Justice et Droits de l’Homme), Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo (Culture, Artisanat et Tourisme). Ainsi que de plusieurs autres personnalités notamment le Médiateur de la République, Baba Akhib Haïdara et l’ambassadeur du Mali à Paris, Cheick Mouctary Diarra.
Le président de la République a été accueilli au perron de ce temple du savoir où lui-même a fait ses humanités par la ministre française du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité, Sylvia Pinel, accompagnée de la vice-chancelière des Universités de Paris, Marie-Laure Coquelet, du directeur de l’Institut des mondes africains (IMAF), Pierre Boilley et du président directeur général de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), Jean-Paul Moatti.
C’est un Ibrahim Boubacar Keita très comblé qui a retrouvé les locaux de la vénérable institution qu’il a fréquentée d’abord comme élève puis comme enseignant il y a plus de 30 ans. Dans ses mots de bienvenue, le président de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Philippe Boutry a bien entendu rappelé ces passages du président de la République à cette prestigieuse université. « En effet rappellera-t-il, après un passage remarqué au lycée français d’élite Janson de Sailly, Ibrahim Boubacar Keïta fut à la fois un ancien étudiant et un ancien enseignant de cette université. Il est titulaire de deux diplômes d’études approfondies (DEA) de l’université : l’un en sciences politiques, l’autre en histoire des relations internationales contemporaines (HRIC). Il a également dispensé des cours au sein de l’établissement, en particulier sur les systèmes politiques des pays en voie de développement ».
Pour Philippe Boutry, cette visite est, il va de soi, un grand honneur pour cet établissement qui a engendré plusieurs hommes et femmes d’Etat en France et à travers le monde dont le président Keita, et qui font sa fierté.
« Cette visite s’inscrit donc dans une longue tradition de coopération entre Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le Mali et l’Afrique. L’université compte actuellement pas moins de 50 étudiants maliens, le Mali constituant l’un des premiers pays d’origine de ses étudiants subsahariens. Paris 1 multiplie par ailleurs les recherches sur l’Afrique, notamment dans un laboratoire qui fait référence en ce domaine : l’Institut des mondes africains (IMAF). Et plusieurs de ses formations sont également consacrées à cette région du monde, que ce soit en droit, en histoire ou en sciences politiques (l’une de ces formations est d’ailleurs proposée en partenariat avec la prestigieuse Université Columbia de New York). De nombreuses autres initiatives contribuent à rapprocher Paris 1 du continent africain, qu’il s’agisse d’échanges d’étudiants, de fouilles archéologiques ou encore d’études sur le développement », a indiqué l’universitaire.
Afin de marquer le retour d’un de « ses enfants à la maison », l’Université a remis au chef de l’Etat une médaille témoignant de son appartenance à cette grande famille.

LE SYMBOLE PRESTIGIEUX DE L’ESPRIT DE TOUT UN PEUPLE. La vice-chancelière des Universités de Paris, Marie-Laure Coquelet a expliqué que l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne est l’héritière de la Faculté de droit et sciences économiques « Panthéon » et de la Faculté des lettres et sciences humaines « la Sorbonne » de l’Université de Paris. Droit, économie, arts et sciences humaines, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, née de l’alliance de ces trois grands domaines d’études, tente de défendre l’interdisciplinarité entre ses murs. Avec plus de 40.000 étudiants, 27 implantations, les challenges sont nombreux. « Depuis le XIIIe siècle, le nom de Sorbonne évoque au monde entier l’un des plus hauts lieux de l’intelligence et de la culture, des sciences et des arts, d’un savoir millénaire ayant traversé les siècles et résonnant jusqu’à nous comme une promesse d’excellence. Huit siècles après sa fondation, la « vieille Dame » reste le symbole prestigieux de l’esprit de tout un peuple, d’une histoire qui a forgé la France d’aujourd’hui. Reconstruite par la IIIè République comme un temple de la connaissance à la gloire du système d’enseignement républicain, la Sorbonne est devenue le lieu symbolique de toutes les universités et académies de France », a-t-elle commenté.
Siège du Rectorat d’académie et de la Chancellerie des Universités de Paris, elle abrite aujourd’hui plusieurs établissements d’enseignement supérieur de renommée internationale, ainsi que des laboratoires de recherche universitaire en pointe dans de multiples domaines
En réponse à ces différentes interventions, le président Ibrahim Boubacar Keïta a rendu hommage à tous les enseignants de l’Université notamment ceux qui ont guidé ses pas d’abord en tant qu’élève puis comme enseignant. Il n’a pas manqué de rappeler certains de ses souvenirs d’élève assaisonnés d’anecdotes aussi bien émouvantes que riches de leçon de vie.
Développant le thème de la conférence « De Verdun à l’opération Serval : France-Mali, une longue tradition de solidarité et d’amitié fécondes », Ibrahim Boubacar Keita a parlé de l’engagement de dizaines de milliers de tirailleurs africains au côté de l’armée française pendant les deux Guerres mondiales. D’abord pendant la Grande guerre (1914-1918) où ils s’illustrèrent notamment à Verdun, puis dans la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) pour libérer la France de l’Allemagne nazie. Il a rendu hommage à tous ces combattants de la liberté tombés sur le champ de l’honneur.
La France n’a pas oublié cette dette de sang qu’elle doit aux pays africains. C’est ainsi qu’en janvier 2013, alors que le Mali était menacé dans son existence en qu’Etat par les groupes terroristes, le président François Hollande n’a pas hésité à déclencher l’opération Serval, d’abord pour stopper les djihadistes à Konna, ensuite pour aider le Mali à retrouver son intégrité territoriale. Damien Boiteux, le premier soldat français mort au combat aux premières heures de l’intervention militaire française est le symbole fort des liens historiques de solidarité qui lient la France et le Mali. Le président Ibrahim Boubacar Keïta lui a rendu un hommage mérité, ainsi qu’à tous les autres militaires français morts pour le Mali.

Envoyée spéciale

D. DJIRE

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